juin 23, 2021
Comprendre la Parole

Voici que la jeune femme est enceinte

4e dimanche de l’Avent-A

Voici que la jeune femme est enceinte

 

Un enfant à naître est toujours porteur de grandes promesses pour l’humanité. Il ne doit pas être perçu comme celui qui vient gêner les projets des adultes. C’est ainsi que malheureusement dans un monde hédoniste qui est le nôtre, l’annonce d’une grossesse est accueillie. Jeunes filles et jeunes garçons sont prêts pour s’embarquer dans des aventures sexuelles, mais quand s’annonce la vie en sa phase commençante à travers une grossesse, la tristesse gagne les cœurs. La mésentente naît entre ceux qui naguère se donnaient pour des amoureux. Tandis que le garçon entend laisser l’enfant venir à la lumière du jour pour participer à l’avenir de l’humanité comme acteur, la fille et ses parents s’échauffent. Cette grossesse, pensent les uns et les autres, hypothèque l’avenir de la fille. Ou alors, c’est le garçon qui se révolte contre la vie commençante, et la fille entend la garder. Parfois, les deux se retrouvent dans une complicité partagée et proclament ensemble leur surprise d’être au pied du mur devant le fait déjà accompli d’un enfant en route pour naître. Or, un enfant, malgré la surprise qu’il peut engendrer, est toujours un mystère, un don de Dieu à recevoir dans la foi.

 

Enfant : don de Dieu et projet de salut pour l’humanité

La naissance d’un enfant tient du mystère de la vie qui vient de Dieu. L’homme doit renoncer à tout droit personnel sur la vie. C’est alors qu’elle devient vraiment don de Dieu reçu par l’homme. Joseph, en choisissant le parti de renvoyer discrètement Marie, renonce à être le père de l’enfant conçu en elle. Probablement, selon les usages d’Orient, Joseph a dû être informé par la mère de Marie de la « conception virginale » de l’enfant. Marie aussi a dû lui faire cette confidence. Son option de s’éclipser traduit son désir de laisser toute la place à Dieu. Et c’est alors qu’il reçoit légitimement de la part de Dieu l’autorité d’être le père de l’Enfant-Dieu en s’entendant s’appeler solennellement en songe du titre royal de « fils de David ». Joseph devient de ce point de vue un personnage dont la vie peut être lue en parallèle avec celle du patriarche Abraham, son ancêtre (Gn 22, 1-18). Dieu, en lui demandant de lui sacrifier son fils unique, voulait lui montrer que la vie d’un enfant appartient à Dieu et non à son père / ses parents qui à leur tour, doivent la recevoir de Lui dans la foi en la respectant. Abraham, en acceptant de sacrifier l’enfant à Dieu, reconnaît à Celui-ci le droit suprême sur toute vie. C’est alors que Dieu lui redonne ce fils autrement : Non plus un fils selon la chair sur laquelle on s’arroge le droit de vie et de mort, mais un don de Dieu reçu dans la foi, un fils de la promesse (Ga 4, 23-28). C’est donc reçu dans la foi et comme don de Dieu que tout enfant devient un projet de salut pour l’humanité.

 

Tu lui donneras le nom de Jésus « le Seigneur sauve »

L’aspiration la plus profonde de l’humanité, c’est le salut. Il sera toujours le fruit de la coopération entre Dieu et les hommes. Chaque enfant que Dieu envoie au monde peut  être chargé de la mission du salut si nous le laissons vivre au milieu des hommes. Qui sait combien d’enfants qui auraient pu sauver de la part de Dieu une portion de la terre, et que malheureusement la méchanceté des hommes n’a pas laissé venir au monde ? Saint Matthieu dans le même évangile décline le nom qu’on donnera à l’Enfant comme l’Emmanuel : « Dieu-avec-nous ». Dès lors que Dieu a pris chair de notre humanité et a associé les hommes à sa mission d’amour et de salut, à travers chaque enfant qui vient au monde, c’est Dieu qui rend visite à son peuple. Ce deuxième nom « Dieu-avec-nous », Jésus ressuscité va l’assumer lorsqu’il dit : « Et moi, Je suis avec vous tous les jours jusqu’à la fin des temps » (Mt 28, 20).

  • Dans ma vie

Nous est-il arrivé de penser que nous sommes les propriétaires des enfants en phase commençante ? Gardons-nous de toucher à ce qui n’appartient qu’à Dieu.

  •  À méditer

Dès lors que Dieu a pris chair de notre humanité et a associé les hommes à sa mission d’amour et de salut, à travers chaque enfant qui vient au monde, c’est Dieu qui rend visite à son peuple.

 (Is 7, 10-16 ; Rm 1, 1-7 ; Mt 1, 18-24)

Abbé Antoine Tidjani

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