octobre 21, 2021
Simplement François

Mettre Jésus dans un coin

Jésus exhortait les gens, les guérissait, enseignait et faisait des miracles, et irritait ainsi les grands prêtres, parce que par sa douceur et son dévouement envers les gens, Il attirait tout le monde à Lui. Tandis qu’eux, les fonctionnaires, étaient respectés par le peuple, qui toutefois ne s’approchait pas d’eux parce qu’ils ne leur faisaient pas confiance. Ils s’entendent donc pour mettre Jésus dans un coin. Et ils lui demandent : « Avec quelle autorité fais-tu cela ? » En fait, « tu n’es pas prêtre, docteur en droit, tu n’as pas étudié dans nos universités. Tu n’es rien du tout ». Jésus, avec intelligence, répond par une autre question et place les grands prêtres au pied du mur en leur demandant si Jean-Baptiste baptisait en vertu d’une autorité qui lui venait du ciel, c’est-à-dire de Dieu, ou bien des hommes. Si nous disons : « Du ciel, pensaient-ils, Il nous dira : “Pourquoi n’avez-vous pas cru ?” ». Si nous disons : « Des hommes, les gens viendront contre nous ». Ils se lavent donc les mains et disent : « On ne sait pas ». C’est là, l’attitude du médiocre, du menteur de la foi. L’autre attitude qui caractérise les chrétiens tièdes, est de se laver les mains, à l’instar des disciples d’Emmaüs au matin de la Résurrection. Ils voient les femmes toutes joyeuses parce qu’elles ont vu le Seigneur, mais ils n’ont pas confiance en elles, parce que les femmes, disent-ils sont trop fantaisistes, et ils s’en lavent les mains, comme Pilate. Beaucoup de chrétiens se lavent les mains face aux défis de la culture, aux défis de l’Histoire, aux défis des gens de notre temps, même face aux plus petits défis. Combien de fois pouvons-nous entendre tel chrétien devant une personne qui demande l’aumône et ne la lui donne pas et s’en justifie en disant : « Non, non, je ne donne pas parce qu’alors ils achètent de l’alcool » ? Mettre Dieu dans un coin et s’en laver les mains sont deux attitudes dangereuses, c’est comme si on défiait Dieu. Pensons à ce qui arriverait si le Seigneur nous mettait aussi dans un coin. Nous n’entrerions jamais au Paradis. Et que se passerait-il si le Seigneur s’en lavait les mains ? Pauvres de nous !

(Homélie, Rome, 16 décembre 2019)

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