octobre 21, 2021
Questions/Réponses

Père, curieusement c’est un grand malfaiteur qui bénéfi cie le premier de la grâce du Royaume de Dieu. Quel message le Christ nous livre-t-il à travers ce geste sur la Croix ?

Question

Père, curieusement c’est un grand malfaiteur qui bénéficie le premier de la grâce du Royaume de Dieu. Quel message le Christ nous livre-t-il à travers ce geste sur la Croix ?

Norbert KOUDANOU, Stagiaire

Réponse

Mon frère, ce dernier dimanche de l’année liturgique C, nous célébrons celui vers qui tout converge, le Christ, Roi de l’univers. Nous le contemplons crucifié, couronné d’épines, condamné à mort, entouré de deux malfaiteurs. L’un deux devient le premier bénéficiaire de la grâce du Paradis. Par ce geste, le Christ a certainement un message à délivrer.
Rien n’est définitivement perdu pour Dieu Le Seigneur se préoccupe du salut d’un malfaiteur ; aucun homme n’est définitivement perdu pour Dieu. Dieu ne traite en effet pas le malfaiteur selon l’amertume de sa douleur, mais selon sa bonté. Dieu veut fondamentalement sauver l’homme en Jésus-Christ (2e lecture).

La leçon à retenir est qu’aucune situation humaine ne répugne à la miséricorde divine. Dieu est le premier à espérer le retour de l’homme et n’hésite guère, à partir de la moindre collaboration avec sa grâce, à aller au-delà de l’espérance de l’homme en lui. Le simple souhait de se souvenir de lui à l’inauguration de son Règne, se transforme en « Aujourd’hui, tu seras avec moi, dans le Paradis ». Le malfaiteur ne pouvait s’attendre à un tel débordement de don. S’il en est ainsi pour Dieu, l’homme ne doit jamais désespérer du salut.

Ne jamais désespérer du salut Déjà condamné par la société, il est de toute évidence que le délinquant soit rejeté par Dieu. Mais pour le larron repenti se produit le scénario contraire. La leçon à retenir est qu’il ne faut jamais désespérer de son propre salut, ni de celui des autres. Certaines personnes, au regard de leur vie peu édifiante, concluent avoir franchi le rubicond du mal pour ne plus être graciées par Dieu. Le larron sauvé nous guérit de ce raisonnement. Nul en effet ne sait le chemin que la grâce de Dieu parcourt dans la vie des autres. Et personne n’est définitivement imperméable à la grâce de Dieu pour ne pas se laisser interpeller.

La conséquence immédiate est qu’il nous faut éviter de porter un jugement surtout de condamnation sur nos frères. Si le malfaiteur a été touché in extremis par le drame de la condamnation du Juste au point de reconnaître son forfait et d’implorer la miséricorde de Dieu, c’est que le salut est possible jusqu’au bout de notre dernier souffle, moyennant l’humilité.
Fléchir le cœur de Dieu par l’humilité Dans son enseignement eschatologique, Jésus disait que, dans les mêmes situations, une personne sera sauvée, l’autre laissée. L’un des deux malfaiteurs entre au Paradis. La différence tient dans les dispositions intérieures des personnes. Le malfaiteur, lui, établit clairement sa responsabilité dans ce qui lui arrive et, à travers sa prière de demande, fait une profession de foi en Christ-Roi, le Dieu qui sauve.

Son humilité ne laisse pas indifférent le cœur de Dieu qui, sitôt, fait abonder en lui sa miséricorde. Dieu est fondamentalement pétri de miséricorde. Chaque livre biblique en montre les différentes facettes. Quelle que soit la situation traversée, l’homme peut faire appel à cette mansuétude de Dieu, dans l’humilité. La leçon à retenir est que la toute-puissance de Dieu devient toute-faiblesse devant le cœur brisé et broyé. Mon frère, Dieu ne désespère pas de l’homme pour son salut. L’homme aussi ne doit pas se tolérer un tel désespoir. La vérité et l’humilité peuvent nous remettre sur la planche du salut.

Père Jean OUSSOU-KICHO, Directeur du Complexe scolaire catholique de Bassila

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