septembre 15, 2019
Comprendre la Parole

Le Dieu miséricordieux

24e dimanche du temps ordinaire-C

Le Dieu miséricordieux

 

Nous avons déjà lu certains textes de l’Ancien Testament qui présentent Dieu fulminant de colère. Plusieurs personnes se bornent à ces textes. L’image d’un Dieu miséricordieux en prend un coup dans leur tête. La première lecture d’aujourd’hui (Ex 32, 7-11. 13-14) est l’un de ces textes. Devant le péché d’idolâtrie dont le peuple s’est rendu coupable, Dieu  dans sa colère l’a menacé d’extermination. Il faut  aller  jusqu’au bout de la lecture du texte pour retrouver la sérénité devant un Dieu qui peut aussi revenir de l’ardeur de sa colère et pardonner. Quand Dieu se met en colère c’est pour réprouver la malice du péché et empêcher l’homme d’en devenir complice. On s’émerveille de le voir aussitôt se laisser fléchir devant les supplications de Moïse l’intercesseur du peuple. Dieu corrige comme un Père, ses enfants. Il ne veut pas leur mort mais leur conversion.

C’est pourquoi, il ne rejette pas la prière de qui se reconnaît pécheur et implore son pardon. La conclusion de la première lecture est une louange à la miséricorde de Dieu qui veut le bien de l’homme et non son malheur : « Le Seigneur renonça au mal qu’il avait voulu faire à son peuple » (Ex 12, 14). Saint Paul dans la deuxième lecture célèbre la miséricorde de Dieu. Il parle d’abondance de cœur pour montrer le grand abîme qu’il y a entre son passé cousu de péchés voire de meurtres et la générosité immense de la miséricorde de Dieu qui s’est prodiguée en sa faveur et a été jusqu’à le mettre à part pour l’associer à son œuvre de salut. L’évangile apparaît comme un recueil de paraboles de miséricorde.

Jésus à travers son style de vie, révèle  sa préférence  pour les personnes marginalisées en vue de les relever de leur situation décadente. Les Pharisiens et les scribes par leurs remarques et récriminations, ont donné de Jésus l’une des plus belles définitions qui retracent les traits de la miséricorde dans un homme : Il fait bon accueil aux pécheurs et mange avec eux. Jésus fait tomber ici les barrières sociales que chérissent les hommes de toutes les époques : on ne s’assoit pas avec tout le monde ; on ne mange pas avec toutes les personnes de peur de salir sa propre réputation.

On veut marquer sa supériorité par rapport à quelqu’un en le regardant de haut ou en lui refusant la chaleur d’une bonne poignée de main. Le cœur de l’homme est capable de toutes ces misères insoupçonnées. Pourtant, cela se surprend parfois dans le comportement des personnes qui en apparence semblent simples et sociables mais dont l’intériorité est bien loin de la vertu d’humilité en sa phase commençante. Dans les trois paraboles, se laisse découvrir le vrai visage de Dieu mais aussi le visage qu’il veut communiquer à l’homme envers son prochain.

 

Un Dieu qui se réjouit du retour du pécheur

Les différents visages qui affleurent des trois paraboles de la miséricorde, c’est l’empressement d’un Dieu qui se lance à la recherche de ce qui lui tient le plus à cœur : l’âme. Nous avons un Dieu-pasteur qui tient à la conversion du pécheur. Nous n’aurons  jamais assez de convertis dans l’Église : Pour Dieu, le seul qui vit dans le péché loin de Dieu, vaut le nombre incalculable de ceux qui ont déjà connu Dieu et qui sont sur le bon chemin. Oui, un seul pécheur revenu, lui procure autant de joie que quatre-vingt-dix-neuf déjà au bercail. Un Dieu qui se lance passionnément à la recherche de l’âme perdue !

Un Dieu qui manifeste la joie au retour du pécheur ! Un Dieu qui ne regarde de haut personne ! Un Dieu qui sait se mettre en colère contre le péché mais qui sait aussi attendre le retour du pécheur pour l’embrasser et le fêter ! Voilà Dieu. Voilà le visage qu’il attend de l’Église, de ses pasteurs, de tous les fidèles du Christ. Peut-être, y-a-t-il déjà des saints tout assurés de leur place dans la maison de Dieu et qui semblent n’avoir plus besoin de conversion !

À eux, le Seigneur demande de coopérer à son cœur missionnaire en se réjouissant tout au moins avec lui du retour au bercail du pécheur. Le succès de la grâce dans la vie de ceux qui sont déjà convertis devient effectif lorsque ces derniers comprennent qu’ils doivent avoir l’attitude du Père envers tout pécheur qui n’est qu’un frère à sauver.

  • Dans ma vie

Pensons à notre attitude dans la maison de Dieu. Est-ce une attitude auto-référentielle qui se contente seulement de sa place auprès de Dieu sans entrer dans le grand projet que porte Dieu pour le salut de tous ?

  • À méditer

Le succès de la grâce dans la vie de ceux qui sont déjà convertis devient effectif lorsque ces derniers comprennent qu’ils doivent avoir l’attitude du Père envers tout pécheur qui n’est qu’un frère à sauver.

  • À lire

(Ex 32, 7-11. 13-14 ; 1 Tm 1, 12-17 ; Lc 15, 1-32)

Père Antoine TIDJANI, BIBLISTE

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