septembre 15, 2019
Comprendre la Parole

 Suivre Jésus en renonçant à tous ses biens

23e dimanche du temps ordinaire-C

 Suivre Jésus en renonçant à tous ses biens

 

Sur notre chemin, nous avons déjà rencontré des hommes passionnés pour une cause. Dans de pareils cas, les énergies ne s’économisent pas. On donne tout sans calcul et on est prêt à y mettre tous ses moyens. Mais il arrive qu’une personne s’investisse et qu’au bout du rouleau, tous ses efforts tombent en pure perte. Une attitude de sagesse s’impose donc avant tout investissement. Il faut bien analyser ce à quoi on s’engage pour qu’en jouant son va-tout, on puisse en retour atteindre le résultat attendu. Jésus attire l’attention de tous les chrétiens dans l’évangile sur l’option qu’ils ont faite de le suivre. C’est un choix qui prend la totalité de notre cœur. On pourrait dire à l’adresse de tout chrétien : que nul ne vienne à Jésus s’il n’est prêt à l’aimer plus que tout et à lui sacrifier tout. Ce préalable est bien nécessaire et tout disciple doit le savoir avant de s’engager.

Jésus à travers les deux paraboles des vv. 28 et 31 veut signifier qu’une fois que l’on s’engage à sa suite, c’est pour aller jusqu’au bout. Jésus nous demande la radicalité et non une route à parcourir à mi-chemin. Les vents contraires sont nombreux sur notre chemin et pourtant nous devons avancer. Le livre de la sagesse proposé en première lecture, nous aide à faire le diagnostic de nous-mêmes pour pouvoir suivre le droit chemin. Il faut commencer par prendre conscience que notre corps périssable appesantit notre âme. Oui ! Que de pensées liées aux soucis matériels, que de liens charnels ou familiaux nous empêchent d’être radicaux à la suite du Christ ! Il s’agit de commencer par se libérer de tout ce qui peut nous alourdir dans notre cheminement à la suite du Christ. Le sacrifice dont il s’agit à la suite du Christ est celui que la vie et les circonstances nous imposent chaque jour et auquel nous devons répondre toujours généreusement.

Onésime l’esclave devenu chrétien qui s’est éloigné de son maître Philémon, peut être encore bel et bien maintenu sous son joug selon les pratiques d’alors. Mais Philémon étant chrétien, le sacrifice que lui impose sa vie de disciple du Christ, c’est de regarder non plus Onésime comme son esclave mais comme un frère bien-aimé. Nous n’avons pas à présenter les monnaies d’un grand sacrifice fait à Dieu comme pour lui dire : Une fois que j’ai déjà fait un tel renoncement, laisse-moi Seigneur disposer de ma vie en te contentant de ce que je t’ai déjà sacrifié. La vie nous impose des restrictions et des souffrances auxquelles nous pouvons nous soustraire. Mais un bon disciple, dira toujours à la suite du Christ : « Père, si tu peux éloigner de moi cette coupe ! Toutefois, que ce ne soit pas ma volonté, mais la tienne qui se fasse » (Lc 22, 42). C’est par ces mots, que Jésus a renoncé à sa vie pour nous. Saurions-nous renoncer à tous nos biens pour lui ?

 

Renoncer à tous ses biens

Le verbe apotassomai en grec rend le verbe « renoncer » dans le sens plus précis de « se séparer de ». Dans les cinq différentes occurrences du Nouveau Testament (Mc 6, 46 ; Lc 9, 61 ; Ac 18, 18. 21 ; 2 Co 2, 13) où ce mot se rencontre, c’est dans le sens de « se séparer de quelqu’un; prendre congé de lui ». C’est Luc qui l’emploie en 14, 33 dans le sens particulier qui renvoie à l’idée d’une séparation par rapport aux choses, aux biens. C’est vrai qu’avec Ac 5, 4 on peut comprendre que cette séparation des biens n’a jamais été exigée d’un disciple mais elle doit se consentir librement. Pour tout dire, au gré des situations qui se présentent, le chrétien doit toujours choisir le Christ et le préférer aux biens et à l’argent. Que de personnes succombent au charme de l’argent, de la promotion facile et des biens matériels pour préférer une vie de péché, une vie sans sacrement au mépris de la volonté du Christ !

 

  • Dans ma vie

Penser à tout ce que je ne suis pas encore prêt à abandonner et qui pourtant m’empêche d’être libre pour être un bon disciple du Christ.

  •  À méditer

Que de personnes succombent au charme de l’argent, de la promotion facile et des biens matériels pour préférer une vie de péché, une vie sans sacrement au mépris de la volonté du Christ !

  • À lire

Sg 9, 13-18 ; Phm 9b-10. 12-17 ; Lc 14, 25-33

 

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