septembre 15, 2019
Comprendre la Parole

L’humilité, porte d’entrée au festin du Royaume

22e dimanche du temps ordinaire-C

L’humilité, porte d’entrée au festin du Royaume

 

Le thème du dimanche passé tournait autour du salut. Aujourd’hui, Jésus semble attirer notre attention sur les règles mondaines du respect des convenances et des hiérarchies. Mais en fait, ce n’est qu’un tremplin pour nous parler comme en un seul tenant, de l’humilité mais aussi de la charité envers les pauvres comme la seule porte qui donne l’accès au festin du Royaume des cieux.

Nous le savons, si le cœur de l’homme souffre d’un mal dominant, c’est de l’orgueil. Il se manifeste d’abord par la course aux premières places ; l’affirmation de soi contre les autres ; la domination par la force ; la séduction ; le jeu des coudes pour bousculer les autres et se retrouver toujours au premier plan. Il se manifeste ensuite par un regard de séparation des classes où l’on regarde de haut les pauvres, les estropiés, les boiteux, les aveugles comme indignes de soi. Parfois, on pousse l’orgueil jusqu’à tomber dans l’illusion de croire que, de notre petite place, nous sommes plus importants que tout le monde, même plus que nos parents, nos amis de quartier avec qui nous avons grandi, nos collègues. C’est justement quand l’homme se montre orgueilleux à ce point, qu’il révèle toute sa petitesse. C’est la preuve qu’il est encore mené par son instinct animal qui ne jure que par la loi de la jungle, celle qui veut exalter le plus fort comme celui qui doit avoir raison en tout. L’orgueil est la révélation de l’image encore dominante en nous du premier homme qui veut être Dieu en oubliant que Celui-ci était son créateur. Le contexte du festin que le Seigneur emprunte dans l’évangile, dit tout sur la manière dont la société a été hiérarchisée au temps de Jésus. Les banquets officiels étaient les lieux où l’on tenait compte de la réputation et du statut qu’une personne avait, pour lui attribuer une place en conséquence. Ce n’était pas la même chose quand il s’agissait d’un banquet ordinaire où chacun avait la liberté de choisir sa place. Ce dernier cas est celui qui intéresse Jésus. Il nous demande d’utiliser notre liberté pour faire un choix guidé par l’humilité. Car si l’humilité précède la gloire (Pr 15, 33), l’arrogance précède la ruine et l’orgueil précède la chute ( Pr 16, 18). La chute dont il s’agit ici, c’est celle de manquer au rendez-vous du festin éternel. L’accès à ce festin n’est pas garanti par le sentiment de justice personnelle comme le croyait par ailleurs le pharisien monté au temple pour prier (Lc 18, 9.14) en même temps que le publicain. Ce qui peut nous obtenir l’entrée dans la salle du festin préparé par Dieu, c’est la conscience de notre pauvreté, de notre incapacité et de nos infirmités. L’image des pauvres et des estropiés que nous rencontrons et envers lesquels nous sommes tenus au devoir de la charité est notre propre image devant Dieu. Seul le pauvre peut se laisser combler par Dieu. Celui qui est déjà imbu de lui-même et qui de son propre chef, s’établit comme le seigneur des autres, ne peut plus rien recevoir de Dieu. C’est pour cela que Jésus nous dit que quiconque s’abaisse sera élevé et quiconque s’élève sera abaissé. Dans l’évangile de Mathieu, il ajoute : « les publicains et les prostituées vous précèderont dans le Royaume des cieux » (Mt 21, 31). Saint Paul à la suite du Christ, nous exhorte à l’attitude juste : « Ne soyez jamais intrigants ni vantards, mais ayez assez d’humilité pour estimer les autres supérieurs à vous-mêmes » (Ph 2, 1-4). Si la première lecture nous parle de l’humilité ainsi que le texte de l’évangile, la deuxième lecture nous focalise sur Jésus, le médiateur d’une Alliance nouvelle.

 

L’image de Jésus

La personne de Jésus dépeinte par Paul dans l’épître aux Philippiens, nous balise le chemin à suivre pour avoir accès au festin du Royaume. Ce chemin consiste à emprunter  le chemin de l’humilité et à nous laisser glorifier par Dieu : Jésus « qui est de condition divine ne retint pas jalousement le rang qui l’égalait à Dieu. Mais il s’anéantit lui-même, prenant la condition d’esclave, et devenant semblable aux hommes. S’étant comporté comme un homme, il s’humilia plus encore, obéissant jusqu’à la mort et la mort sur une croix ! Aussi, Dieu l’a-t-il exalté et lui a-t-il donné le Nom qui est au-dessus de tout nom, pour que tout au Nom de Jésus, s’agenouille, au plus haut des cieux, sur la terre et dans les enfers, et que toute langue proclame, de Jésus-Christ, qu’il est Seigneur, à la gloire de Dieu le Père » (Ph 2, 6-11).

  •  Dans ma vie

Quelle part je réserve pour les pauvres dans mon regard et dans mon avoir ?

  •  À méditer

L’anéantissement de Jésus et sa glorification par son Père (Ph 2, 6-11).

  •  À lire

(Si 3, 17-18. 20. 28-29 ; Hé 12, 18-19. 22-24a ; Lc 14, 1a. 7-14)

Père Antoine TIDJANI BIBLISTE

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