septembre 15, 2019
Comprendre la Parole

S’efforcer : le salut est pour tous

21e dimanche du temps ordinaire-C

 S’efforcer : le salut est pour tous

 

Nous abordons aujourd’hui un thème qui ne peut laisser indifférent aucun croyant : le salut. L’homme dans ses distractions et son errement, s’arrête par moment et se pose des questions sur la vie après la mort. Il se donne des réponses qui le flattent et lui promettent un au-delà paisible. « Je n’ai pas tué ! ». « Je n’ai pas volé ! ». « Je vais régulièrement à la messe et je communie chaque jour ! ». La conclusion qui suit est péremptoire, tranchée : « Je serai compté à coup sûr parmi ceux qui seront accueillis dans le Royaume des cieux ». Un tel raisonnement par rapport au salut vante non seulement les mérites de l’homme mais relève aussi de l’égoïsme. En nous érigeant en juges de nous-mêmes, on voit venir le ciel comme la récompense de nos bonnes œuvres. C’est la même idée que soutiennent les Pharisiens. Pour eux, la vie éternelle vient récompenser surtout la fidèle observance de la Loi et les bonnes œuvres (Cf. Ps 34, 13-15). Nous le savons bien, l’homme par nature se considère toujours comme l’une des rares personnes dignes des grâces de Dieu. En pensant au ciel, on le représente comme le lieu où se rassembleront seulement les meilleurs des croyants qui partagent la même religion que nous. Nous pensons souvent au Royaume des cieux en excluant ceux qui, à notre jugement, sont de mauvaise vie. En cela, nous ne sommes pas différents du Rabbi Méir qui pense que « pour être un fils du Monde à venir, il faut habiter au pays d’Israël, parler la langue sainte, l’hébreu, et réciter matin et soir la prière du Shema Israël ». Dieu par l’intermédiaire  de son prophète Isaïe  dans  la première  lecture, nous corrige. La pensée de Dieu n’est pas celle des hommes. Sa vision par rapport à l’entrée dans le Royaume de Dieu est large. Il attend tous les peuples. Il ne table pas ici  sur la religion ni sur la classe sociale : « Je viens rassembler les hommes de toute nation et de toute langue. Ils viendront et ils verront ma gloire » (Is 66,18) ; « on viendra de l’Orient et de l’Occident, du Nord et du Midi, prendre place au festin dans le Royaume de Dieu » (Lc 13, 29). C’est dire que ce n’est pas impossible de faire son entrée dans le Royaume des cieux. Le premier préalable pour nous garantir l’entrée dans le Royaume, c’est d’accepter la triste réalité que même ceux que nous cataloguons comme mauvais y sont attendus. Il nous revient à partir de ce moment d’accepter d’être envoyés chez les autres ; leur révéler le Nom sauveur de Dieu et non les juger. Dans le projet de Dieu, nous sommes tous destinés à être sauvés. Mais il faut de la part de l’homme un effort réel de conversion.

 

S’efforcer d’entrer par la porte étroite

La deuxième lecture met l’accent sur la nature de l’effort à faire. Dans la vie de chacun, Dieu agit comme un éducateur. Il nous donne des leçons. La vie réserve parfois des situations très dures à supporter. On se pose bien des questions au sujet de Dieu : Comment est-il Bon et il nous laisse souffrir ? C’est en fait pour notre bien. Pour entrer dans le Royaume du ciel, il faut  savoir s’en tenir à l’essentiel qui ne se découvre qu’au bout de nombreuses épreuves parfois. Par elles, nous apprenons l’endurance et la persévérance qui sont très importantes dans le combat spirituel. L’évangile rend l’expression « efforcez-vous » par un verbe très violent en grec : « agonizesté », ce qui signifie « battez-vous pour entrer ». Il s’agit, en termes clairs, du combat pour la vie. À Gethsémani et au Golgotha, Jésus s’est battu pour nous donner la vie éternelle. Jean-Baptiste par toute sa vie a prêché l’avènement du Royaume et il faut être violent pour « s’en emparer » (Mt 11, 12 ; Lc 16, 16). Nous sommes interpellés à revoir désormais  notre conception du salut facile : La miséricorde de Dieu ne pourra jamais justifier une vie de péché qui invoque à chaque instant cette miséricorde pour se maintenir continuellement dans les liens du péché. Le salut nous est donné par Dieu. Mais il faut s’efforcer pour y correspondre. Le Royaume du ciel est au bout d’un effort perpétuel pour se maintenir dans la volonté de Dieu et dans sa grâce.

  •  Dans ma vie

M’arrive-t-il de penser à mon éternité en essayant de correspondre à la grâce de mon baptême ?

  • À méditer

« Efforcez-vous d’entrer par la porte étroite » (Lc 13, 24).

  • À lire

(Is 66, 18-21 ; Hé 12, 5-7. 11-13 ; Lc 13, 22-30)

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