septembre 15, 2019
Comprendre la Parole

La possession du Royaume

19e dimanche du temps ordinaire-C

La possession du Royaume

Le dimanche dernier, le Seigneur nous a mis en garde contre l’âpreté au gain. Il a mis l’accent sur la nécessité de la richesse en vue de Dieu. Aujourd’hui le ton est à l’espérance et à la foi : Jésus rassure le petit troupeau qui n’a pas à avoir peur malgré sa fragilité. Il a de la part de Dieu la promesse du Royaume. L’acte du salut réalisé en faveur des Pères dans l’Ancien temps suffit pour nourrir aujourd’hui la foi et l’espérance de la génération présente en marche vers le Royaume. Le livre de la Sagesse relate l’événement de la nuit pascale sur un fond antithétique pour souligner toute la délicatesse et tout le privilège particulier que Dieu avait réservés aux siens : ils connaissaient d’avance la nuit de délivrance à cause de leur foi en Dieu et à ses promesses. Là où brillait le salut pour eux dans une ambiance de joie, se profilait la ruine de leurs ennemis ; ces derniers étaient frappés, mais les membres de son peuple entrèrent en possession de la gloire à laquelle Dieu les a appelés. Le Royaume de Dieu n’est donc pas une conquête  de l’homme. Il ne peut le mériter par ses œuvres. C’est un don de l’amour infini de Dieu pour son peuple. Et Dieu entoure toujours d’une sollicitude prévenante ses élus. L’attitude juste que l’homme a à cultiver devant Dieu par rapport à ce don qui n’a pas de prix, c’est de vivre dans l’attente vigilante qui caractérise celui qui espère réellement, et dans la foi inébranlable par laquelle on vit déjà au présent l’objet d’une promesse future.

 

Vivre dans l’attente du retour du Seigneur

Jésus fait une affirmation qui garantit au petit groupe qui le suit et qui le suivra, le don du Royaume : « sois sans crainte, petit troupeau, car votre Père a trouvé bon de vous donner le Royaume » (Lc 12, 32). Il utilise l’image théologique du « troupeau » par laquelle Dieu a toujours exprimé son amour pour son peuple choisi à qui il garantit la protection : « Celui qui a dispersé Israël le rassemblera, et le gardera comme un berger son troupeau » (Jr 31, 10) ; « Comme un berger il fera paître son troupeau » ( Is 40, 11) ; «…Ils pourront paître le long des chemins, et sur toute hauteur seront leurs pâturages… ils n’auront pas faim, ils n’auront pas soif…» (Is 49, 9-10) ; « Yahvé les fera paître, comme des agneaux, dans une plaine ouverte » (Os 4, 16). Toutes ces promesses qui remplissent le cœur d’une paix confiante, créent une attente certaine et nourrissent l’espérance. À vrai dire, l’horizon du croyant qui vit des promesses de Dieu est coloré et fait tendre vers un avenir de fête ; vers une rencontre ; la plus désirée qui soit. Du coup, toutes les autres choses que nous n’attendons pas et qui peuvent alourdir ou assombrir l’horizon d’où peut surgir Celui que nous attendons prennent une moindre valeur ou une valeur nettement relative. Dans ce sens, on peut comprendre Jésus quand il nous dit : « Vendez ce que vous avez et donnez-le en aumône…là où est votre trésor, là aussi sera votre cœur » (Lc 12, 33-34). Il nous appelle ainsi au détachement, à la charité et à une bonne orientation de nos cœurs qui doivent être libérés de tout ce qui distrait pour être remplis de foi en Jésus dont nous attendons le retour, et qui doit être l’Absolu de notre vie.

 

Une foi qui vit déjà au présent l’avènement du  Royaume

L’attente du Seigneur avec les devoirs qu’il a assignés à chacun, est sans chronomètre. Le temps de la vie dans ces conditions semble élastique et tout semble se livrer à nos bonnes fantaisies pour tout le temps. C’est bien dangereux car nous ne sommes pas à l’abri de la surprise ! Pour ne pas nous laisser surprendre, il faut alors vivre chaque jour avec Celui que nous attendons. Il faut vivre constamment en sa présence. Autrement, le risque est très grand de vivre dans l’insouciance d’une vie humainement réussie à cause de l’accumulation des biens matériels ou des grandes responsabilités que nous avons pu avoir par grâce divine ou par magouille humaine. La voix de Jésus aujourd’hui vient mettre l’homme en crise par rapport à sa compréhension ordinaire des choses : Avoir une grande responsabilité pour Jésus, ce n’est pas s’amuser en s’offrant tous les loisirs imaginables ; ce n’est pas tirer des profits personnels de la position qu’on occupe en menant une vie de pacha ; ce n’est pas non plus, malmener moralement ou physiquement ceux dont on a la charge en les assujetissant. Celui qui a le pouvoir doit exercer son pouvoir en présence de Dieu dans la crainte propre à celui qui est conscient que compte lui sera demandé de sa gestion des hommes et des choses. « À qui l’on a beaucoup donné, on demandera beaucoup » (Lc 12, 48 ). En somme, les armes que Jésus nous livre aujourd’hui pour entrer en possession du Royaume se résument dans les expressions : « Vendez tout ce que vous avez et donnez-le en aumône » (Lc 12, 33) ; « Restez en tenue de service et gardez vos lampes allumées » (Lc 12, 36) ; « Tenez-vous prêts » (Lc 12, 40) ; « À qui l’on a beaucoup donné, on demandera beaucoup. À qui l’on a beaucoup confié, on réclamera davantage » (Lc 12, 48).

 

  • Dans ma vie

Commencer par prendre la mesure du temps non plus en fonction de la satisfaction de mon ego personnel mais en fonction de ce que je peux faire pour plaire à Dieu et pour aider le prochain en aimant plus.

  • À méditer

Toutes les références de la dernière phrase du dernier paragraphe.

  • À lire

(Sg 18, 6-9; Hé 11, 1-2.8-19; Lc 12, 32-48)

 

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