septembre 15, 2019
Comprendre la Parole

18e dimanche du temps ordinaire-C

La vanité des biens terrestres

Aujourd’hui la liturgie aborde un thème très sensible : les biens matériels. Le mouvement des textes évolue dans un sens unique : l’homme se fatigue à accumuler les biens terrestres (1re lecture) mais ils ne sont que vanité car l’essentiel à rechercher, ce sont les réalités d’en-haut (2e lecture et évangile). La voix qui s’élève du milieu de la foule demandant au Seigneur d’intervenir dans le partage de l’héritage n’est que celle de l’homme en général. En nous référant au Dt 21, 17, on comprend que le droit juif réservait entièrement l’héritage des propriétés immobilières (terres et maisons) au fils aîné qui recevait aussi légalement une double part des biens mobiliers.

Comme cet homme préoccupé par son héritage, combien de personnes sont derrière le Seigneur mais le cœur plein de soucis matériels ! L’argent, l’héritage en somme, l’accumulation des biens occupent la meilleure part du coeur de l’homme, sinon parfois tout  son cœur. Certains ne vivent que pour l’argent, la nourriture, les vêtements à amasser, les terrains à acquérir, les portables Androïd nouvelle marque à collectionner. Des vies entières sont passées parfois pour le règlement des litiges dans les tribunaux, commissariats ou chez le délégué du quartier au sujet des biens matériels. Bien de déchirements naissent entre frères et soeurs issus des mêmes géniteurs et entre amis de longue date à cause des biens terrestres. Si les biens de ce monde font l’objet de course générale, c’est parce qu’ils sont aux yeux de l’homme terrestre l’unité de mesure de l’importance que l’on peut accorder à une personne. L’homme  riche inspire crainte et respect et en général, même si l’origine de ses biens est douteuse, il suscite égards et admiration attirant une foule de sympathisants qui tournent autour de lui, prêts à faire de façon inconditionnelle ses quatre volontés ou à lui offrir spontanément des services qu’il ne leur a même pas demandés.

Aujourd’hui plus que jamais les valeurs morales d’un homme sont bien peu considérées. Un pauvre de bonne moralité passe totalement inaperçu à côté d’un homme riche moralement décadent à qui pourtant la société livre tout gratuitement. Toutes ces raisons conduisent l’homme à lutter pour thésauriser et amasser toujours plus. L’accomplissement de soi et la réussite de l’homme sont jaugés à l’aune du nombre de voitures, d’immeubles et de fermes qu’il a amassés. Que de personnes dépriment quand tout le monde autour d’elles réussit au plan matériel et que la société les regarde comme incapables et inutiles à cause de la pauvreté de leur patrimoine ! Que de fierté et d’orgueil sont éprouvés quand enfin un homme arrive à éponger la liste des biens matériels que la vie sur terre lui impose ! C’est alors qu’il commence par apprécier sa propre vie. C’est le point de départ de son existence, croit-il. Du haut de son auto-réalisation, il pousse un « ouf de soulagement » et établit son programme  de la “jouissance du bonheur”. Et c’est là précisément que le Maître de toute vie prend la parole et déclare insensé et fou ce qui pour l’homme a tellement de sens qu’il y a mis toute sa vie, toute son énergie, toute son intelligence.

 

L’homme sensé

Les textes du jour veulent nous conduire à devenir des hommes sensés. Tout au long de la Bible, on note une opposition entre le « nabal » (le fou) et le « maskil » (l’homme sensé). Le fou est celui qui pense que la réussite matérielle est la chose la plus importante et oublie la dimension spirituelle de l’homme. Il ne réussit même pas à raisonner à partir des biens terrestres pour tirer des conclusions sensées. L’argent peut acheter par exemple toutes les choses luxueuses de la terre au bénéfice du riche mais la sérénité d’une vie loin de toute dépression dont jouit le pauvre, seul Dieu la donne. Jésus à travers ses différents avertissements au sujet des biens matériels qui passent avec nous, aide l’homme à trouver le chemin de la sagesse dans l’usage des biens terrestres qui sont aussi un don de Dieu « Vendez ce que vous avez, et donnez-le en aumône. Faites-vous des bourses que le temps n’use pas, un trésor inépuisable dans les cieux, où les voleurs n’ont point d’accès, et où les mites ne rongent point » (Lc 12, 33).

 

  • Dans ma vie

Combien de fois le rythme de mon cœur bat dans la journée pour Dieu d’une part et pour les biens matériels de l’autre ?

  •  À méditer

« Gardez-vous bien de toute âpreté au gain ; car la vie d’un homme, fût-il dans l’abondance ne dépend pas de ses richesses » (Lc 12, 15).

  • À Lire

(Qo 1, 2 ; 2, 21-23 ; Col 3, 1-5.9-11 ; Lc 12, 13-21)

 

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