octobre 20, 2019
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50 ANS DU premier VOYAGE DE L’HOMME SUR LA LUNE : Enjeux et défis de l’aéronautique pour le monde contemporain

50 ANS DU premier VOYAGE DE L’HOMME SUR LA LUNE

Enjeux et défis de l’aéronautique pour le monde contemporain

50 ans après l’entrée du premier homme sur la lune, les scientifiques rivalisent d’imagination pour la dominer et en tirer si possible les avantages qui y sont liés. Dans cette bataille, chaque continent ou pays y va de ses moyens. L’Afrique a encore du chemin à faire.

  Une nouvelle étape de conquête spatiale américaine se prépare

Le 21 juillet 1969, l’Américain Neil A. Armstrong devient le premier homme de la terre à marcher sur la lune. Une page de l’histoire de l’humanité venait ainsi d’être tournée.

50 ans après cet exploit, et malgré le changement du contexte géopolitique, les velléités d’en réaliser davantage demeurent et continuent de hanter les esprits, non seulement des États-Unis mais de plusieurs autres nations. L’actualité renseigne déjà qu’une nouvelle étape de conquête spatiale américaine se prépare pour faire de la lune un “huitième continent” : « La conquête spatiale des années 1960 représente l’apogée de la guerre froide entre les États-Unis et l’Urss. Aujourd’hui, le contexte international a changé, mais l’espace est de nouveau un enjeu géopolitique. Alors que la Chine vient de poser un rover sur la face cachée de la lune -une première-, Donald Trump a annoncé que les États-Unis allaient y renvoyer des Américains d’ici 2024. L’objectif, cette fois, est de s’installer sur la lune, ce qui justifierait ainsi son surnom de « huitième continent » ». Ici encore, de considérables moyens financiers sont envisagés : plus de 30 milliards de dollars.

Aujourd’hui encore, ils sont de plus en plus nombreux, ces pays ou ces nations qui ambitionnent de vivre l’expérience de Armstrong. Une récente enquête de Pierre-Yves-Bocquet semble bien expliquer cette euphorie : « C’est que notre satellite est loin d’avoir livré tous ses secrets : sa formation, sa composition, sa quantité d’eau, ses ressources en minerais… posent toujours question ».  « En outre, poursuit le confrère, la lune constitue une étape idéale en vue de naviguer un peu plus loin dans le système solaire, par exemple vers Mars. Surtout, sa conquête représente toujours, 50 ans après Apollo 11, un exploit que de nombreuses nations rêvent d’accrocher à leur drapeau, pour intégrer le cercle très restreint des États souhaitant ainsi montrer leur supériorité technique et économique ». Et Bocquet de conclure : « Entre science et géopolitique, la lune continue d’exercer sa fascination sur l’homme ».

La question éthique qui saute cependant à l’œil est de chercher à comprendre cette philosophie de dépenses aussi astronomiques pour la conquête de l’espace pendant que sur terre tant d’hommes et de femmes croupissent dans la misère et meurent. Et dans le décor, où se situe le continent africain et par ricochet le Bénin ? Autant de questions qui doivent préoccuper nos universitaires et faire l’objet de réflexions scientifiques sérieuses.

Guy Dossou-Yovo

  Neuf pays africains se cherchent pour la conquête de l’espace

Depuis le premier voyage de l’homme sur la lune en 1969, quelques pays africains tentent d’emboîter timidement le pas aux pionniers, au regard des différents enjeux avec des fortunes diverses.

 

Lorsqu’ils sont déployés dans l’espace, les satellites d’observation de la terre ont de nombreux avantages pour le développement du continent africain. À titre illustratif, on peut citer la prévention des catastrophes naturelles (sécheresse et inondation) ou la gestion des ressources disponibles, principalement agricoles et hydrauliques. En cela, l’industrie spatiale constitue un grand enjeu de développement pour le continent africain. Dans cette perspective, le 26 avril 2019, l’Union africaine a lancé la création d’une agence pour coordonner la stratégie spatiale du continent. Et pourtant très peu de pays africains disposent à ce jour d’un satellite.

Le bilan est bien maigre. Sur 54 pays africains, seulement 9 ont des satellites dans l’espace. Tous les autres sont dépendants de ce point de vue.

  • La Lybie est la première nation africaine à avoir lancé un satellite dans l’espace. Ce satellite, baptisé Rascom Star, a été mis en orbite en décembre 2007, par la fusée Ariane.
  • Le Nigeria a cinq satellites dans l’espace : Nigeriasat-1 lancé le 27 septembre 2003 ; Nigcomsat-1 13 en mai 2007 ; Nigcomsat-1R en 2009, Nigeriasat-2 et Nigeriasat-x en 2011. Ce pays se prépare pour envoyer le premier Nigérian, et donc le premier Africain sur la lune avant 2030.
  • L’Egypte quant à elle, dispose de trois satellites : Egyptsat-1 mis en marche le 17 avril 2007, Egyptsat-2 le 16 avril 2014 et Egyptsat-A le 21 février 2019.
  • L’Afrique du Sud, consciente des nombreux avantages du satellite, dispose de deux satellites : Zacube-1 lancé en novembre 2013, et Zacube-2 en avril 2018.
  • L’Algérie a introduit dans l’espace son premier satellite Alcomsat-1, le 10 décembre 2017.
  • Le Ghana ambitieux et optimiste inaugure en août 2017 son satellite baptisé Ghanasat-1.
  • L’Angola Angosat-1, a vu son premier satellite lancé en décembre 2017, et prévoit Angosat-2 pour 2020.
  • Le Kenya parvient à concevoir le satellite 1Kuns-Pf lancé en 2018.
  • Le Rwanda détient le satellite Icyerekezo lancé le 27 février 2019.

Brice Emmanuel HOUANKOUN DAANON (Séminariste stagiaire)

  L’intérêt de l’Église pour la conquête spatiale

 

Le dimanche 13 juillet 1969, le Saint Pape Paul VI évoquait la mission des astronautes américains sur la lune, à l’occasion de la prière de l’angélus en ces termes : « une pensée habite l’esprit de tous, cette semaine : l’expédition des astronautes américains sur la lune. Et cette pensée dépasse les éléments descriptifs de cet événement tout à fait merveilleux ». Il soulignait l’immense dignité de l’être humain si petit, si fragile, si semblable à l’animal, qu’il ne change pas et ne dépasse pas par lui-même les limites de ses instincts naturels, et pourtant si supérieur, si maître des choses, si victorieux sur le temps et sur l’espace.

 

Mettre l’homme au centre

« L’homme, cette créature de Dieu, plus encore que la lune mystérieuse, au centre de cette entreprise, se révèle à nous. Il s’avère être géant. Il se révèle être divin, non pas en lui-même, mais dans son principe et dans son destin. Honneur à l’homme, honneur à sa dignité, à son esprit, à sa vie », s’est réjoui Saint Paul VI. L’enthousiasme du Saint Pape exprime l’intérêt qu’a toujours porté l’Église pour les progrès de la science au service du bien de l’humanité.

Plus de quatre décennies après, c’est le Pape Benoît XVI qui s’est entretenu avec des astronautes de la Station spatiale internationale (Iss). Son successeur a réitéré l’expérience le jeudi 26 octobre 2017. En effet le Pape François a été invité par la Nasa à s’entretenir, pendant une vingtaine de minutes avec les six astronautes – deux Russes, un Italien et trois Américains – en mission sur l’Iss. Le Saint-Père lui-même leur a posé des questions depuis le Vatican : « Que vous dit votre mission de la place de l’homme dans l’univers ? Qu’est-ce qui vous a motivés à devenir astronautes et qu’est-ce qui vous donne de la joie, à bord ? Dans une société individualiste, pouvez-vous parler du sens de votre collaboration sur l’Iss ? » Depuis le cockpit de la Station spatiale internationale, le commandant américain de la Nasa Randy Bresnik répond en direct à cette interview insolite : « J’ai l’impression de voir la Terre avec les yeux de Dieu… À une vitesse de 10 kilomètres/seconde, on voit la Terre avec d’autres yeux, sans frontières, paisible, et cela nous parle de la nécessité de travailler ensemble à un avenir meilleur ».

 

Trois observatoires pour l’Église

Ainsi 50 ans après la marche du premier homme sur la lune, l’Église s’intéresse à la question de la conquête de l’espace. Pour elle, la science n’est pas diabolique. L’objectif est d’apaiser les croyants en leur montrant les bienfaits de la science malgré certains usages néfastes : pollution de l’environnement, possible contamination de notre planète, déplacement des priorités pour le développement humain intégral.

L’Église participe très concrètement à la conquête de l’espace, au nom de la toute-puissance de Dieu, créateur de l’espace et du temps. Le Vatican possède aujourd’hui trois observatoires pour la conquête spatiale : au Vatican, à Castel Gandolfo et en Arizona (aux états-unis) où le ciel est bien dégagé. Ce sont des Jésuites qui en ont la responsabilité. Ils participent ainsi à l’étude de l’univers de façon scientifique. Leur mission est surtout de traduire l’accord du Vatican à l’égard des recherches spatiales. Et l’Église veut surtout que la conquête spatiale devienne un choix de société et non la prérogative exclusive des dirigeants étatiques.

Serge N. BIDOUZO

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