septembre 15, 2019
Comprendre la Parole

L’envoi en mission

14e Dimanche du temps ordinaire-C

L’envoi en mission

Les textes d’aujourd’hui célèbrent la paix et la miséricorde de Dieu pour tous les peuples. C’est en fait la substance du message pour lequel Jésus a envoyé en mission. Luc fait bien la part de l’envoi des douze apôtres (Lc 9, 1.16), mais aussi celle de l’envoi des soixante-douze disciples (Lc 10, 1.20). Les chiffres douze (Israël) et soixante-douze ou soixante-dix (chiffre traditionnel des nations païennes) révèlent ce qu’Isaïe chante aujourd’hui dans la première lecture (Is 66, 10-14c) : l’allégresse que produit la mission d’Israël qui est le phare des nations. C’est à l’abondance de sa gloire qu’elles puiseront. La mission d’Israël consiste simplement ici à resplendir de la présence de Dieu, et les nations iront vers lui à la rencontre de Dieu. Le choix des douze apôtres charrie l’idée que c’est Israël, peuple d’alliance, qui a le monopole de la mission à porter aux autres (Lc 9, 1-16). L’évangile d’aujourd’hui en parlant de l’envoi des soixante-douze fait allusion à l’élection des païens aussi. La mission doit s’étendre à toutes les nations répandues sur la terre (Gn 10). Jésus voit déjà à travers l’envoi en mission le résultat final : l’abondance de la « moisson », terme biblique qui désigne la fin des temps (Jl 4, 13 ; Mt 13, 39 ; Ap 14, 15.16). L’optimisme de Dieu qui prévoit qu’à la fin des temps toute la terre se rassemblera dans sa maison est touchant. C’est cela son projet et il appelle tous les baptisés et consacrés à y coopérer. Mais à côté de cet optimisme, il y a la douleur du constat que bien peu de personnes portent ce souci avec lui : les ouvriers sont peu nombreux et il faut prier le maître de la moisson d’envoyer des ouvriers dans sa moisson. Le souci de la mission résonne toujours dans le cœur de Dieu avec celui de l’ouvrier à envoyer. Cela se laisse percevoir déjà dans le livre du prophète Isaïe : « Qui enverrai-je ? Qui ira pour nous ? » (Is 6, 8). Saint Paul dans l’épître aux Romains aborde aussi la problématique de l’envoi en mission en ces termes : « Comment croire sans d’abord l’entendre ? Comment l’entendre sans prédicateur ? Et comment prêcher sans être d’abord envoyé ? » (Rm 10, 14.15).

Qui envoyer ?

Cela se comprend comme la problématique que pose tout le système du discernement des vocations. Dieu apparemment veut tout le monde dans sa vigne. Il appelle tout le monde au salut et pour cela, Il appelle chacun à le suivre (Lc 9, 59). Pourtant, les ouvriers sont toujours peu nombreux malgré le nombre de l’appel aux ordres, le nombre des profès et le nombre des confirmés chaque année. Tous ceux-là sont envoyés, mais tiennent-ils vraiment leurs postes de mission de façon à coopérer avec Dieu afin qu’il puisse atteindre l’objectif de l’abondance de la moisson qu’il a fixé pour la fin des temps ? La mission a ses exigences et l’on attend de l’ouvrier au service de la Bonne Nouvelle des qualités requises. Le résultat final qu’attend le Maître de la moisson est conditionné par ces paramètres. Les instances chargées du discernement des vocations peuvent se rejouir des lignes directrices qu’offrent les textes du jour pour aider à reconnaître qui est vraiment appelé à rassembler avec le Seigneur. Le préalable pour porter d’abondants fruits dans le champ de la mission est de garder présente sous les yeux, la croix du Christ pour devenir comme le dit Saint Paul, un crucifié pour le monde et regarder le monde comme à jamais crucifié pour nous (Ga 6, 14). À ce point seulement, on peut accepter d’être envoyé comme des agneaux au milieu des loups. Ici encore, le modèle qui s’offre à nous, c’est le Bon Pasteur capable d’affronter le danger en se rendant sur tous les sentiers pour arracher de la gueule du lion les brebis, sans perdre en soi la paix à donner autour de soi. C’est ainsi que les serviteurs du Christ pourront transformer aussi en agneaux les loups. En ce moment où parfois la mission tend à devenir une “affaire de prestige”, un lieu où germe la discrète mentalité d’une “promotion sociale”. Plaise à Dieu de nous en préserver. Jésus nous interpelle sur le dépouillement et l’abandon à la divine providence : « N’emportez ni argent, ni sac, ni sandales » (Lc 10, 4). L’urgence de la mission : « Ne vous attardez pas en salutation sur la route », doit prendre le pas sur les autres soucis qu’il revient au Seigneur de prendre en charge comme il sait toujours le faire.

  • Dans ma vie

M’arrive t-il de penser que la mission telle que je la conçois et telle que la conçoivent les plus grandes congrégations missionnaires est encore bien loin du souci que Jésus en porte ?

  • À méditer

« N’emportez ni argent, ni sac, ni sandales » (Lc 10,4).

  • À lire

Is 66, 10-14c ; Ga 6, 14-18 ; Lc 10, 1-12.17-20

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