décembre 12, 2019
Simplement François

Comme à la première communion

« Donnez-leur vous-mêmes à manger ». Ces mots provoquent l’étonnement des disciples. Ils n’ont pas compris, ils étaient peut-être aussi en colère et ils ont répondu : “Nous n’avons que cinq pains et deux poissons, à moins d’aller acheter de la nourriture pour tous ces gens”. Au lieu de cela, Jésus invite ses disciples à faire une véritable conversion de la logique de « chacun pour soi » à celle de partage, à partir du peu que la Providence met à notre disposition. Et il montre immédiatement qu’il sait ce qu’il veut faire. Ce miracle manifeste le pouvoir du Messie et, en même temps, sa compassion : Jésus a de la compassion pour les gens. Ce geste prodigieux reste non seulement un des grands signes de la vie publique de Jésus, mais anticipe ce qui sera finalement le mémorial de son sacrifice, c’est-à-dire l’Eucharistie, le sacrement de son corps et son sang donnés pour le salut du monde. L’Eucharistie est la synthèse de toute l’existence de Jésus, qui était un acte d’amour unique pour le Père et ses frères. Là aussi, comme dans le miracle de la multiplication des pains, Jésus prit le pain entre ses mains, dit la bénédiction, rompit le pain et le donna aux disciples ; et il a fait la même chose avec la coupe de vin. Mais à ce moment-là, à la veille de sa Passion, il a voulu laisser dans ce geste le Testament de la nouvelle et éternelle Alliance, mémorial perpétuel de sa Pâque. La fête du Corpus Christi nous invite chaque année à renouveler l’émerveillement et la joie pour ce don merveilleux du Seigneur qu’est l’Eucharistie. Accueillons-le avec gratitude, pas de manière passive et habituelle. Nous ne devons pas nous habituer à l’Eucharistie et aller nous dire comme par habitude : non ! Chaque fois que nous nous approchons de l’autel pour recevoir l’Eucharistie, nous devons véritablement renouveler notre « Amen » au Corps du Christ. Que cet « Amen » vienne du cœur, convaincu. C’est Jésus, c’est Jésus qui m’a sauvé, c’est Jésus qui vient me donner la force de vivre. C’est Jésus, Jésus vivant. Mais il ne faut pas s’y habituer : à chaque fois, comme s’il s’agissait de la première communion.

(Angelus, Rome, 23 juin 2019)

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