août 11, 2020
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Saint Sacrement du Corps et du Sang du Christ : Un trésor inestimable pour la vie de foi chrétienne

Saint Sacrement du Corps et du Sang du Christ

Un trésor inestimable pour la vie de foi chrétienne

 

À l’occasion de la solennité du Saint Sacrement, le chrétien fait mémoire de la présence réelle du Christ dans l’hostie. En s’appuyant sur les saintes écritures et l’histoire sacrée sur le Saint Sacrement, le père Wilfried Savi propose une réflexion sur la différence entre les sacrements et les sacramentaux.

 

Le dimanche qui suit la solennité de la Trinité, l’Église notre mère nous invite à célébrer la fête du Saint Sacrement encore appelée la fête du Corps et du Sang du Christ ou encore la Fête-Dieu. Cette fête que nous célébrons ce dimanche 23 juin a essentiellement pour but de commémorer la présence réelle du Christ dans le Sacrement de l’Eucharistie. Avant de retracer le contexte dans lequel l’institution de cette fête a émergé, nous irons d’abord aux sources bibliques pour voir quel sens et quelle valeur le Christ Lui-même donne à ce Sacrement. Nous montrerons ensuite un grand miracle qui atteste de la présence réelle du Christ dans le Sacrement de l’Eucharistie et enfin, nous parlerons de la grandeur de ce sacrement et de sa supériorité sur les sacramentaux.

Aux origines : la Pâque juive

Pâque se traduit : “Il passa”. C’est une fête au cours de laquelle les Juifs se remémorent leur sortie de la terre d’Égypte. En effet, Pharaon s’opposa à la volonté divine de faire sortir Israël d’Égypte. Pour l’y obliger, Dieu infligea à l’Égypte dix plaies, et la dernière était la plus terrible. Il s’agit de la mort de tous les premiers-nés : « Ainsi parle Yahvé : Vers le milieu de la nuit je parcourrai l’Égypte, et tous les premiers-nés mourront dans le pays d’Égypte » (Ex 12, 12). Mais, afin que ce fléau ne touche pas les Hébreux, Dieu par Moïse leur prescrit d’immoler un agneau par famille, un agneau dont le sang servirait à enduire les linteaux des portes des Hébreux. Ainsi, l’Ange du Seigneur frapperait toutes les maisons des Égyptiens, mais il passerait outre les maisons des Hébreux. C’est de là que vient le terme Pâque : l’Ange du Seigneur passa outre  la maison des Hébreux pour les épargner.

Pour faire mémoire de ce jour, les Hébreux fêtaient la Pâque suivant un rituel en deux temps. En un premier temps, le grand prêtre dans le temple de Jérusalem immolait l’agneau pascal et ensuite chaque famille immolait son agneau, dans l’après-midi du 14 nisan ; ensuite, on consommait la chair de l’agneau la nuit suivante dans toutes les familles.

La Pâque ainsi célébrée comportait deux imperfections. La première est sa répétition chaque année du même rituel. La seconde imperfection est ce que dit la Lettre aux Hébreux 10, 4 : « En effet, du sang de taureaux et de boucs est impuissant à enlever des péchés »Mais avec le Christ, ces imperfections sont levées.

La Pâque du Christ

Le Christ ne vient pas brusquer ou détruire nos cultures humaines, mais il vient les élever. C’est dans ce sens qu’il s’inscrit lui-même dans la culture de son Peuple et la prolonge en offrant, une fois pour toutes, un sacrifice : celui de son être tout entier à l’heure même de l’immolation de l’Agneau pascal. Avec lui prennent fin tous les sacrifices. C’est un sacrifice qui ne se répète pas et qui nous purifie de nos péchés.

Mais avant ce sacrifice du Vendredi Saint, le Christ, comme tout bon Juif, a mangé la Pâque avec ses disciples. Pendant le repas pascal, il a introduit un autre repas : « Tandis qu’ils mangeaient, Jésus prit du pain, le bénit, le rompit et le donna aux disciples en disant :Prenez, mangez, ceci est mon corps”. Puis, prenant une coupe, il rendit grâces et la leur donna en disant : Buvez-en tous ; car ceci est mon sang, le sang de l’Alliance, qui va être répandu pour la multitude en rémission des péchés” »  (Mt 26, 26-28). Au cours de ce repas, Jésus a anticipé ce qu’il fera le Vendredi Saint. C’est ainsi que s’est réalisée l’institution de l’Eucharistie qu’il demande à son Église de célébrer en perpétuelle mémoire.

À chaque Eucharistie, les Chrétiens font mémoire de la mort et de la résurrection du Christ. C’est le sacrement par lequel Dieu se donne à nous en nourriture pour nous faire devenir membres de son corps. C’est le Sacrement qui nous donne la vie de Dieu. Ce sacrement est le cœur de la vie chrétienne. À ce propos, le Pape François dans son Audience générale du 22 novembre 2017 à la Place Saint Pierre précise : « Chaque célébration de l’Eucharistie “est un rayon de ce soleil qu’est Jésus Ressuscité, un soleil qui ne se couche jamais” ». Ce Sacrement institué par le Christ sera élevé par l’Église au rang de solennité.

Miracles eucharistiques

L’institution de la solennité du Saint-Sacrement par l’Église remonte au miracle d’Orvieto. En effet, en 1264, un prêtre, le père Pedro Praga, traversait des moments de doute dans sa foi et dans son ministère de prêtre. Il ne croyait plus en la présence réelle du Christ dans l’hostie consacrée. Ce prêtre fit alors un pèlerinage à Rome et observa une halte toute la nuit à Bolsena près d’Orvieto. Là, dans l’Église Sainte Christine, le prêtre demanda à célébrer l’Eucharistie dans l’espoir de trouver une réponse à ses doutes. Le lendemain matin, quand le père Pedro consacra le pain et le vin et que s’opéra le grand mystère de la transsubstantiation, c’est-à-dire de la transformation du pain et du vin en Corps et en Sang du Christ, la Sainte Hostie devint, de manière visible, vraie chair et commença à saigner avec des gouttes de sang tachant le corporal. Bouleversé, le prêtre en informa le Pape Urbain IV qui réclama immédiatement l’hostie et le corporal maculé de sang pour vérifier les faits. À la vue du miracle, le souverain pontife lui-même tomba à genoux devant le corporal et l’exposa ensuite à la vue de toute la population. C’est précisément en raison de cette manifestation surnaturelle que le Pape Urbain IV institua par la bulle « Transiturus de hoc mundo » le 8 septembre 1264 la fête du Saint Sacrement. Ce miracle, qui n’est pas un conte de fées, mais une histoire réelle et datable nous laisse simplement comprendre deux réalités. La première est que Dieu est réellement présent dans l’hostie consacrée par le prêtre. La deuxième réalité est que, c’est Dieu lui-même qui agit en la personne du prêtre. Cette vérité est attestée par des miracles.

Saint Antoine discutait un jour sur la présence de Jésus dans l’Eucharistie avec un hérétique. Ce dernier lui lança le défi de prouver, par un miracle, que dans l’hostie est présent le vrai Corps du Christ, et lui promit, s’il y parvenait, de se convertir à la foi catholique. L’hérétique lui dit : « J’enfermerai ma mule pendant plusieurs jours dans mon étable, sans lui donner à manger. Je l’emmenerai ensuite sur la place publique devant tout le monde en lui présentant du fourrage. Pendant ce temps, tu placeras l’hostie consacrée devant la mule. Si l’animal s’agenouille devant l’hostie en négligeant le fourrage, je me convertirai ». Le jour fixé, Saint Antoine montre l’hostie à la mule en disant : “En vertu et au nom du Créateur que moi, bien qu’indigne, je tiens entre mes mains, je te dis, animal, et je t’ordonne de t’approcher avec humilité et de lui prêter la vénération qui lui est due”. Dès qu’Antoine eut prononcé ces mots, la mule, négligeant le fourrage, baissa la tête, s’approcha de lui et s’agenouilla devant le sacrement du Corps du Christ ».

Tous ces signes confirment que Dieu nous a donné un trésor inestimable dans le sacrement du Corps et du Sang de son Fils. Prenons bien soin de ce trésor dans lequel Dieu nous donne la vie et que nous ne devons pas rabaisser par des courses inutiles derrière les prières efficaces.

Notre vie de foi se nourrit des sacrements

Le Sacrement se définit comme un signe sensible institué par notre Seigneur Jésus-Christ pour produire et augmenter la grâce dans nos âmes. Pour les sacramentaux, le Catéchisme de l’Église Catholique souligne : « La Sainte Mère Église a institué des sacramentaux, qui sont des signes sacrés par lesquels, selon une certaine imitation des sacrements, des effets surtout spirituels sont signifiés et sont obtenus  par la prière de l’Église ». Ces deux définitions nous permettent de comprendre que les sacramentaux sont mineurs par rapport aux sacrements et leur sont ordonnés. Nous avons donc le devoir de mettre chaque chose à sa place en évitant l’amalgame. Les sacramentaux nous aident à entretenir la vie de Dieu que les sacrements nous donnent. Prendre l’imposition des mains du prêtre comme plus efficace que la messe au cours de laquelle nous avons communié au Corps et au Sang du Christ pose un problème de foi. Nous cherchons des prières efficaces à nos problèmes en oubliant que la foi chrétienne ne nous éduque pas à la recherche de ce qui est efficace mais à l’abandon entre les mains de Dieu : « Qu’il m’advienne selon ta Parole » (Lc 1, 38). Travaillons et prions pour bien comprendre notre foi afin de mieux la vivre et réservons la plus grande place aux Sacrements qui nous donnent la vie de Dieu.

 

 

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