septembre 15, 2019
Comprendre la Parole

Le corps et le sang du Christ

11e Dimanche ordinaire-C

Le corps et le sang du Christ

 

Aujourd’hui, c’est la fête-Dieu. Les textes font état des gestes qui renvoient à la liturgie. La table de la parole – Jésus parlait du règne de Dieu à la foule – et la table eucharistique (multiplication des pains) étaient présentes dans le récit que nous présente Saint Luc. La figure du prêtre Melkisédek a marqué la première lecture (Gn 14, 18-20). Le pain et le vin qu’il fit apporter préfigurent les gestes de Jésus qu’évoque la deuxième lecture (1 Co 11, 23-26). Mais, c’est en nous référant à l’épître aux Hébreux, dans sa partie centrale (5, 11-10, 39) que nous aurons accès à une lecture limpide qui situera sous les figures de Melkisédek et de Jésus, le passage de l’ancien régime à celui du nouveau dont Jésus est le fondateur, le garant, le médiateur (mesitès,en Grec). Jésus est celui qui s’engage et fournit une caution pour les hommes : « ceci est mon Corps qui est pour vous. Faites cela en mémoire de moi… Cette coupe est la nouvelle Alliance en mon Sang. Chaque fois que vous en boirez, faites cela en mémoire de moi » (1Co 11, 24-25). Jésus introduit ainsi de nouvelles relations entre Dieu et les hommes. Jésus vient rejoindre les hommes pour faire corps avec eux et les conduire chez Dieu. L’épître aux Hébreux exprime ces nouvelles relations en ces termes : « Le sanctificateur et les sanctifiés sont tous de même origine. C’est pourquoi il ne rougit pas de les nommer frères… Nous voici, moi et les enfants que Dieu m’a donnés » (Hé 2, 11.13).

Eucharistie, fruit de la terre et du travail des hommes consacré et offert à Dieu

Jésus a pris les cinq pains et les deux poissons qui sont le fruit de la terre et celui du travail des hommes pour en faire une nourriture pour cinq mille hommes. L’eucharistie dans nos assemblées de culte est déjà là annoncée. En voici quelques traits significatifs : Jésus a d’abord enseigné longuement (liturgie de la Parole). L’évangile parle ensuite de la baisse du jour qui fait penser à l’heure de la première Cène que l’Église ancienne a reprise pour la célébration du « repas du Seigneur ». La foule a été organisée et bien ordonnée comme dans nos assemblées liturgiques. Le parallèle entre le texte du jour et celui des disciples d’Emmaüs est bien établi : « il prit le pain, dit la bénédiction, puis le rompit et le leur donna » (Lc 24, 30 // Lc 9, 16).

La solennité du Corps et du Sang du Christ ne peut être comprise en dehors du mystère de l’Incarnation. Jésus, en tant que Pain Vivant descendu du Ciel, est le plus grand don de Dieu fait aux hommes pour qu’aucun homme affamé de Dieu ne soit renvoyé à jeûn dans sa marche vers l’éternité à travers le désert de ce monde.

Fils de Dieu, Jésus est aussi fils de Marie, l’une de nous. En offrant son Corps et son Sang en sacrifice pour nous, c’est aussi notre corps et notre sang pris de Marie qu’il offre à Dieu pour que consacrés en action de grâce pour l’alliance qu’en Jésus-Christ, Dieu a faite avec les hommes, nous devenions tous, des dons de Dieu à nos frères : « Donnez-leur vous-mêmes à manger » (Lc 9, 13). En nous nourrissant du Corps et du Sang du Christ, la Vie de Dieu reçue nous fortifie pour que nos vies avec Lui, transmettent la vie aux autres. Tous nos efforts, tout notre temps, rien en nous ne doit être du reste qui ne soit consacré à cette cause.

Le gaspillage à éviter à tout prix en ce monde de grandes disparités sociales est aussi l’un des thèmes qu’aborde l’évangile du jour en sa dernière phrase : « tous mangèrent à leur faim et l’on ramassa les morceaux qui restaient : cela remplissait douze paniers » (Lc 9, 17). C’est dire que les douze Apôtres qui proposaient à Jésus de renvoyer la foule (Lc 9, 12) au début de l’épisode, avaient déjà en main sans le savoir, Jésus, le pain de Vie à partager. Notre vie de disciples du Christ, nous ne devons jamais la concevoir si pauvre ou si vide au point d’être incapable de donner le Seigneur aux autres.

  • Dans ma vie

À genoux devant le Saint-Sacrement, pense que c’est ton corps uni à celui de toute l’humanité qui est là, porté dans le Corps du Christ : Nous sommes le Corps et le Sang du Christ. Jésus te donne son Corps pour que dans ton corps, tu te consumes à le révéler à tous comme le Vrai Dieu fait homme.

  •  À méditer

« Donnez-leur vous-mêmes à manger » (Lc 9, 13) : Notre vie de disciples du Christ, nous ne devons jamais la concevoir si pauvre au point d’être incapables de donner le Seigneur aux autres.

  •  À lire 

(Gn 14, 18-20 ; Ps 109 ; 1Co 11, 23-26 ; Lc 9, 11b-17)

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