septembre 15, 2019
Comprendre la Parole

L’Esprit reçu à la Pentecôte

Dimanche de la Pentecôte-C

L’Esprit reçu à la Pentecôte

 

Aujourd’hui l’Église universelle célèbre la Pentecôte. L’Esprit Saint est là conformément à la promesse du Seigneur : « Et moi, je prierai le Père, et il vous donnera un autre Consolateur » (Jn 14, 16). La pentecôte (mot d’origine grecque, cinquantième jour), en hébreu shavouôth (les semaines) célèbre le don des tables de la Loi à Moïse. C’est une fête qui est venue se greffer sur celle des agriculteurs et éleveurs : la fin des moissons (Ex 34, 22) et qui est distante de sept semaines (49 jours) de la Pâque (en hébreu, Pessah) qui est la commémoration de la libération de l’esclavage d’Égypte.

Ainsi, si la Pâque était liée au début de la moisson et commémore la libération physique des Israélites, la Pentecôte était liée à la fin de la moisson et a fini par commémorer leur libération spirituelle par la Loi : « Tu compteras sept semaines ; dès que la faucille sera mise au blé, tu commenceras à compter sept semaines ; et tu célébreras la fête des Semaines en l’honneur de Yahweh, ton Dieu, avec les offrandes volontaires de tes mains, que tu feras selon que Yahweh, ton Dieu, t’aura béni. Tu te réjouiras en présence de Yahweh, ton Dieu, dans le lieu que Yahweh ton Dieu a choisi pour y faire habiter son Nom » (Dt 16, 9-11a).

Dans le Nouveau Testament, on retrouve le sens de la Pentecôte comme l’accomplissement de la promesse du Christ. Et c’est Luc qui à la fin de l’Évangile réussit à faire le lien entre la Pâque du Christ et la Pentecôte : « Ainsi  il est écrit que le Christ devait souffrir et ressusciter des morts le troisième jour, et que le repentir pour la rémission des péchés doit être prêché en son nom à toutes les nations, à commencer par Jérusalem. Vous êtes témoins de ces choses. Et voici que je vais envoyer sur vous ce qui a été promis par mon Père. Quant à vous, demeurez dans la ville jusqu’à ce que vous soyez d’en haut revêtus de force (Luc 24, 46-49).

L’Esprit Saint promis

Violent coup de vent (Ac 2, 2), feu et langues (Ac 2, 3). Telles sont les images sous lesquelles l’Esprit Saint descendu sur les disciples a été dépeint par le livre des Actes des Apôtres. Le vent se traduit en hébreu par ruah, pneuma, pnoê (en Grec) et signifie le souffle qui fait vivre. Le livre de la Genèse montre que l’homme fait de la glaise ne doit sa vie qu’à ce souffle venant de Dieu (Gn 2, 7) : il s’agit là de l’allusion à la première création qui fait dépendre la vie de toute créature humaine du souffle de Dieu. Tout homme même s’il n’est pas croyant doit le mouvement et l’être à Dieu. Il est sacré parce qu’il porte en lui son souffle. Avec la prophétie d’Ézéchiel, ce souffle se laisse découvrir comme ce qui fait revivre : « Souffle sur ces ossements desséchés et ils revivront » (éz 37, 9). Nous avons là l’idée d’une résurrection individuelle de la chair entrevue en Jb 19, 25 : c’est la dernière création. Mais pour y parvenir, nous devons comme le Christ, vivre dès ici-bas de l’Esprit de Dieu que nous avons reçu au baptême.

Saint Paul dans l’épître aux Romains nous met en garde contre la vie selon la chair qui conduit à la mort et nous exhorte à vivre sous l’emprise de l’Esprit. La vie selon la chair, c’est la vie de l’homme centré sur lui-même qui veut se réaliser en défiant Dieu; son coeur ne bat que pour ses penchants égoïstes et il accouche partout, la haine, l’indifférence et la division. En somme, la tour de Babel (Gn 11, 1-9) n’est qu’une image du monde que se sont créé les hommes charnels qui, prétendant vivre sans Dieu, veulent toujours dominer sur tout le monde comme sur un seul peuple et pour ce faire, divisent pour régner. L’Esprit de Dieu à la Pentecôte réalise une réplique positive de la tour de Babel. Il fonde la naissance de l’Église : communauté qui parle une seule langue, celle de l’amour qui rassemble et unifie tous les peuples malgré la diversité de leurs origines, langues et cultures.

  • Dans ma vie

Penser que c’est le souffle de Dieu qui anime tous les êtres sur la terre affermit ma conviction que le règne universel appartient à Dieu : l’Amour domine la haine apparente, et on peut le cultiver pour le moissonner abondamment puisque son germe est en tout homme.

  • À méditer

« Si le Christ est en vous, votre corps a beau être voué à la mort à cause du péché, l’Esprit est votre vie, parce que vous êtes devenus des justes » (Rm 8, 10).

  • À lire

(Ac 2, 1-11 ; Rm 8, 8-17 ; Jn 14, 15-16.23b-26)

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