février 24, 2019
Comprendre la Parole

COMPRENDRE LA PAROLE

Les noces de Cana

(2ème Dimanche ordinaire-C)

Le Dimanche dernier, la célébration du baptême du Seigneur nous a fait franchir la dernière étape qui conclut le temps de Noël. Ce baptême se justifiait seulement par les généalogies de Luc qui présentaient Jésus comme le fils d’Adam mais aussi comme le Fils de Dieu (Lc 3, 38). En Lui, l’humanité réconciliée avec la Divinité célèbre les noces de la nouvelle alliance rendue possible par le fiat de Marie sans lequel le Divin ne pourra jamais prendre chair et habiter parmi nous. Le Fils de Dieu a rendu l’humanité capable de recevoir l’Esprit de Dieu. La première lecture utilise les termes de l’alliance et de la re-création du peuple de Dieu : « On t’appellera d’un nom nouveau… Tu seras une couronne resplendissante entre les doigts du Seigneur…Comme un jeune homme épouse une jeune fille, celui qui t’a construite t’épousera. Comme la jeune mariée est la joie de son mari, ainsi tu seras la joie de ton mari » (Is 62, 2. 4. 5).
Les noces de la Divinité avec l’humanité Le mariage qui eut lieu en Cana de Galilée auquel Jésus fut invité, recèle des mots et expressions qui renvoient au mystère de l’amour divin que Jésus démontre à l’humanité à travers le don total de sa vie sur la croix qui est aussi le lieu de la gloire, car c’est là que la nouvelle alliance annoncée par les prophètes a été scellée. Quelques expressions révèlent le mystère pascal de la passion, mort et résurrection du Christ: l’expression « Femme » rappelle celle que Jésus prononça au pied de la croix pour confier à sa mère le disciple qu’il aimait (Jn 19,26), l’expression «l’heure» renvoie ici à l’« heure » de la passion (Jn 7, 30 ; 8, 20 ; 16, 32) qui pour Jean, est l’heure de la gloire (17,1) ; « le troisième jour » qui est un rappel de la résurrection, est le sommet du mystère pascal où l’Église, communauté des sauvés, resplendissante de la gloire de son époux divin, entre en alliance indissoluble avec lui. L’amour de Dieu manifesté en Jésus-Christ au peuple de la nouvelle alliance est comparable au vin qui comble et rejouit le coeur, transforme l’humanité en la divinisant.
Du vin qui manque au vin qui coule à profusion La thématique du vin est liée à la figure du Messie et aux temps messianiques. Les bénédictions du patriarche Jacob sur la tribu de Juda dont naîtra le Messie y font allusion : « Le sceptre ne s’éloignera point de Juda…il lave son vêtement dans le vin » (Gn 49, 10. 11). On peut citer un psaume qui chante les bienfaits « du vin qui réjouit le coeur de l’homme » ( Ps 104,15). Le manque de vin signifie une humanité triste sans la présence du Messie et par conséquent, une humanité assoiffée de la joie que lui seul peut offrir. C’est pour cela que Marie qui est la médiatrice de toutes les grâces, elle qui est nommée la « cause de notre joie », intercède pour l’humanité en rupture du vin de l’ancienne alliance et qui se prépare à entrer dans la nouvelle alliance avec l’avènement en Jésus des temps messianiques : « ils n’ont pas de vin». Marie s’adresse aux serviteurs, en reprenant en faveur de l’humanité en manque des bienfaits du Messie les mêmes mots prononcés par le pharaon référant à Joseph en qui il reconnaît la sagesse de l’Esprit, le peuple d’Égypte affamé : « Faites tout ce qu’il vous dira » (Gn 41, 55 ; Jn 2,5). Les six cuves de pierre qui seront remplies par les serviteurs, figurent à la fois l’imperfection à cause du chiffre « six », et les vieilleries, à cause de l’image qu’inspirent les vases qui servaient pour les ablutions rituelles. Jésus vient porter à sa perfection l’ancienne alliance répandant à profusion les dons de l’Esprit sur le nouveau peuple de Dieu : l’eau est transformée en vin; une quantité prodigieuse de vin : près de six cents litres. Et nous voici dans l’abondance annoncée au sujet des temps messianiques : « Le Seigneur préparera un banquet pour tous les peuples, un festin de viandes grasses et de vins capiteux » (Is 25, 6). Ce vin renvoie à celui du dernier repas où le vin transformé en son sang sera le signe permanent de l’amour qui sauve l’humanité.

  • Dans ma vie

Marie est cette figure irréductible qui sait parler à son Fils pour que nos manques deviennent des lieux de la floraison de la grâce divine qui comble nos indigences. Et si je me confiais davantage à elle, dans la prière et mes actions quotidiennes.

  • A méditer

– Le langage de l’amour que Dieu adresse à chacun est celui d’un époux : imaginons l’océan d’amour qui nous inonde de la part de Dieu.
– « Faites tout ce qu’il vous dira »

  • A lire :

(Gn 41,55 ; Jn 2,5). (Is 62, 1-5 ; Ps 95 ; 1 Co 12, 4-11 ; Jn 2, 1-11)

 

Père Antoine TIDJANI BIBLISTE

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