décembre 12, 2018
Lectio divina

COMPRENDRE LA PAROLE

1er Dimanche de l’Avent, Année C

En ce premier dimanche après la célébration du Christ-Roi de l’univers, nous entrons dans une nouvelle année liturgique, l’Année C. L’Avent, l’un des temps forts de l’année, s’ouvre ainsi devant nous. Adventus, comme le traduit le terme latin, signifie « avènement, arrivée du Messie ». Dans l’Église des premiers siècles, ce mot avait son correspondant dans le terme grec parousia. Ces deux mots grec et latin désignent la venue du Christ parmi les hommes à la fois pour l’avènement de sa naissance et son avènement glorieux à la fin des temps. Mais en réalité, cette venue s’inscrit dans une dimension trilogique de temps : il est venu, il vient, il viendra. Tous les repères chronologiques de l’histoire ont attesté cet avènement de Jésus-Christ dans l’humanité, au point que tous les grands événements sont situés par rapport à la naissance de Jésus-Christ. Des annonces prophétiques rappellent cette venue dans le temps. Elles nous exhortent à la joie et nous invitent à reproduire la justice et l’humilité de celui qui vient: « Exulte avec force, fille de Sion ! Crie de joie, fille de Jérusalem ( Cf. aussi So 3, 14.) ! Voici que ton roi vient à toi. Il est juste et victorieux, monté sur un ânon, le petit d’une «ânesse » (Za 9, 9). Sa venue encore aujourd’hui est très discrète : Il vient à nous à chaque Eucharistie, mais aussi dans sa Parole qui se livre à notre écoute. Le pauvre qui crie vers nous ou qui, silencieux attend de nous un geste spontané est le signe sous nos yeux de sa présence, Lui qui s’est toujours uni aux plus humbles de la terre et vient à nous en empruntant leur corps (Cf. Mt 25, 35-40). L’Avent de chaque année est une annonce de la parousie, cette venue glorieuse du Christ à la fin des temps. L’évangile décrit dans un style apocalyptique cette venue. L’apocalypse est un genre littéraire, un langage de révélation qui dépeint par des images affreuses et terrifiantes, un temps de détresse dominé par des persécuteurs. C’est un langage récurrent sur les lèvres des prophètes : Joël parle de « la terre qui tremble, des cieux qui s’ébranlent, du soleil et de la lune qui s’obscurcissent, des étoiles qui perdent leur éclat » (Jl 2, 10, cf. aussi Jl 4,15). Les autres prophètes ne seront pas du reste (cf. Is 13, 10 ; 34, 4 ; Ez 32, 7). Mais cette terreur qui rappelle les douleurs de l’enfantement, annonce une nouvelle création. C’est une apparence du retour au chaos, mais qui porte l’espérance d’un nouvel ordre des choses. Saint Paul dans l’épître aux Romains nous suggère une attitude d’espérance : « Les souffrances du temps présent ne sont rien à comparer à la gloire qui doit se révéler en nous. Car la création en attente aspire à la révélation des fils de Dieu… Nous le savons en effet, toute la création jusqu’à ce jour gémit en travail d’enfantement » (Rm 8, 18-19.22). Le message secret de ce langage apocalyptique qui traverse la texture de l’évangile, est de nous exhorter à ne pas nous fier au monde des images où les grandes structures, les grandes réalisations qui écrasent le faible et animent l’orgueil de l’homme fort, donnent la fausse impression que tout est dit quand la force fracassante et la gloriole artificielle s’expriment. En fait, toutes les manifestations de la puissance de l’homme, tout le pouvoir despotique qu’il exerce, toutes les images mirobolantes de la création, rien de tout cela n’est définitif. Il y a caché, discret derrière le voile qu’est ce monde des images, l’essentiel à atteindre et on le rejoindra quand se révélera le monde du réel, le visage glorieux du Christ comme l’annonce si bien Saint Paul : « Le monde ancien s’en est allé, un nouveau monde est déjà né» (2 Co 5, 17). Ici apparaît la lueur d’espérance qui s’exprime derrière le langage apocalyptique : les détresses du temps présent, les méchants qui nous mènent la vie dure, n’auront pas la parole pour toujours. Le dernier mot appartient à Dieu dont le visage se révélera splendide après tous ces événements. En attendant ce jour, le chrétien doit alors être vigilant pour ne pas s’abandonner au découragement ni à la peur, mais à la prière. Les autres attitudes spirituelles qui sont les siennes sont tout tracées par les textes du jour : Vivre dans l’espérance en se fiant aux promesses données par le Seigneur (cf Jr 33, 14). Il doit attendre le Jour du Seigneur dans l’amour à l’égard de tous, dans la sainteté sans reproche, et en faisant toujours de nouveaux progrès pour plaire à Dieu, (cf. 1 Th 3, 12-4,1). Et puisque tout passe en ce monde, il doit se tenir sur ses gardes pour ne pas laisser son cœur s’alourdir dans la débauche, l’ivrognerie et les soucis de la vie (Lc 21, 34). Puisse l’intercession de la Vierge Marie garder vive la flamme de notre espérance dans l’attente de son Fils. Amen.

Père Antoine TIDJANI (Bibliste)


Dans ma vie

Et si… je consacrais quelques minutes chaque jour à parler à Dieu durant cet Avent qui commence ?


À méditer

L’espérance est le pilier du monde (Proverbe africain). (Jr 33, 14-16; Ps 24; 1 Th 3, 12-4,2. Lc 21, 25-28.34-36)

 

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