S’habituer au silence du cœur

Lectio Divina

 

Lectio Divina

Pour cultiver en nous un coeur qui écoute, il nous faut apprendre à nous habituer à un certain « silence du coeur ». Certes le bruit extérieur, le tapage qui nous entoure, ne nous aide pas à entrer dans le calme et la paix d’un coeur qui s’ouvre à la Parole de Dieu. Mais notre vrai combat se situe à un autre niveau. Il n’est rien d’extérieur à l’homme qui, pénétrant en lui, puisse le souiller, mais ce qui sort de l’homme, voilà ce qui souille l’homme (Mc7, 15). Jésus nous place au coeur du combat. C’est dans notre coeur que se trouvent tous les obstacles à une vraie rencontre avec le Christ, à une vraie « vie de prière ». Car notre coeur a besoin d’être purifié, dépouillé de tout ce qui le retient captif, de nos attachements aux biens matériels, au pouvoir, à l’avoir. Ce qui nous empêche de recevoir la Parole de Dieu.

Mais ce sont aussi nos refus de lâcher-prise qui font obstacle à la Semence de la Bonne Nouvelle et l’empêche de germer en nous. La Parole de Dieu ne peut cohabiter avec des sentiments de haine, des refus de pardon, des désirs de vengeance.

Il nous faut donc contempler longuement Jésus ; ses actes, ses paroles, ses gestes, et surtout ses « silences » devant la méchanceté et l’injustice des hommes, pour adopter « sa manière d’être ». « Maltraité, il s’humiliait, il n’ouvrait pas la bouche, comme l’agneau qui se laisse mener à l’abattoir, comme devant les tondeurs une brebis muette, il n’ouvrait pas la bouche (Is 53,7). Comme il nous est difficile d’être « chrétien », de pousser l’amour jusqu’au pardon, au don gratuit de nous-mêmes aux autres ! Comme il nous coûte de laisser tomber ce qui nous semble injuste, de « présenter l’autre joue » lorsqu’on nous fait du mal (Lc 6, 29). Et pourtant, c’est à ce prix là que nous serons de véritables « amis » de Jésus, que nous pourrions réellement accueillir sa Parole dans nos vies et nous en laisser transformer.

Oui, forger un coeur qui écoute est le travail de toute une vie, une oeuvre à reprendre chaque jour sans relâche. C’est la perle à grand prix pour lequel il nous faut sacrifier ; car, comme dit Jésus : « Là où est ton trésor, là sera ton coeur ».

Sommes-nous prêts à suivre le Christ pour de vrai ; à laisser de côté nos « syncrétismes», dans la manière de vivre notre foi ? Pouvons-nous dire en vérité que notre coeur est enraciné dans l’amour de Jésus ? Ou sommes-nous de ceux qui le suivent pour manger du « pain » et en être rassasiés ? Saurons-nous accueillir les paroles de Jésus dans l’Évangile de ce jour : « Si quelqu’un veut venir à ma suite, qu’il se renie lui-même, qu’il se charge de sa croix et qu’il me suive » ?

La rédaction

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