La joie de se donner

Tof Edito

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Il n’est jamais facile de parler de la vie sacerdotale, et peut être encore moins aujourd’hui où elle suscite bien des incompréhensions dans le monde et également dans notre pays. Le sacerdoce est en effet un véritable mystère, c’est-à-dire une réalité dont nous connaissons une face mais dont l’autre nous échappe parce qu’elle vient de Dieu et rejoint Dieu, avait affirmé le saint pape Jean-Paul II. L’occasion que nous offre la célébration du jubilé des 90 ans d’ordination du premier prêtre béninois Thomas Mouléro, nous permet d’apprécier le sens et la valeur du ministère du prêtre au service de l’Église et de notre pays.

La coulée de prêtres qui descendaient les marches du parvis de l’église cathédrale de Porto-Novo à la sortie de la messe du jubilé le mercredi 15 août 2018, est bien le signe de la fécondité du sacerdoce du premier prêtre béninois. Mais au-delà du nombre croissant de prêtres et de vocations sacerdotales qui peut faire pâlir d’envie certains diocèses et pays d’Europe ou d’Amérique, la fécondité du ministère sacerdotal du Père Mouléro s’enracine plus profondément dans la joie du don de soi. C’est ce qu’il a laissé transparaître dans sa vie humble et toute donnée à Dieu dans le service de ses frères et soeurs. C’est là le sens du sacerdoce et d’ailleurs de toute vocation. Depuis le récit de la Genèse, nous savons que la vocation de l’homme est de se donner. Il est appelé à faire cette expérience très profonde qu’ « ily a plus de joie à donner qu’à recevoir » (Act 20, 35).

Dans une société où la recherche narcissique des intérêts personnels, la volonté de puissance et la soif de notoriété constituent de plus en plus la toile de fond des relations humaines, la figure du père Mouléro est une école d’évangélisation dans l’humilité et la joie du service. À son exemple, osons cultiver la joie du service humble et désintéressé pour le salut des hommes et des femmes de notre pays. Car comme l’a rappelé le pape Benoît XVI, au cours de son voyage au Bénin en 2011, l’Église pourra mieux se faire entendre aujourd’hui qu’elle sera un exemple d’engagement, de simplicité et de probité pour les sociétés africaines.

Serge N. BIDOUZO

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