Le Prix de l’Indépendance !

Indépendance A

Indépendance A

Mercredi prochain, 1er août 2018, nous fêterons le 58e anniversaire de l’accession à la souveraineté internationale de notre pays, le Dahomey devenu République Populaire du Bénin en 1975, puis République du Bénin en 1990, à l’occasion de l’historique Conférence Nationale des Forces Vives, tenue, à Cotonou au Plm Alédjo, du 19 au 28 février 1990. Rien que par ces changements successifs de noms, on peut déduire qu’au lendemain des indépendances, les choses n’ont pas du tout été aussi faciles pour la plupart des pays africains dont le nôtre. En effet, durant plus d’un demi-siècle d’indépendance, nous n’avons pas mis à profit les années, le temps et l’espace, pour nous affranchir véritablement prouvant à ceux que nous désignions comme nos oppresseurs et autres dominateurs que nous avions raison de nous soustraire de leurs jougs. Bien au contraire, nous nous sommes comportés comme des opprimés déclarés indépendants mais qui n’ont jamais pu prendre conscience de ce que être indépendant signifie et implique. Autrement dit, être responsable dans tout ce qu’on fait et dit, s’appliquer à bâtir son pays et à l’aimer plus que tout, dans la logique du sens patriotique qui fait dire : lapatrie ou la mort. Nous nous montrons plutôt paresseux, partisans demoindres efforts et du gain facile, complexés et quémandeurs, tendanttoujours la main aux colonisateurs que nous ne cessons d’accuser d’être à la base de nos maux et de notre sous-développement. Est-ce encore bien juste de continuer à percevoir et à voir les choses comme cela, alors que nous avons nos tares, nos insuffisances et incapacités qui nous aveuglent à ce sujet ! Nous parlons d’indépendance et de liberté comme s’il suffisait seulement de demeurer dans les théories,pour se croire véritablement indépendant ! Nous paressons, tout en espérant que les alouettes nous tombent rôties, pour nous bomber le torse d’être indépendant ! Nous nous contentons de légers progrès et évolutions dans certains domaines de la vie socio économique, pour croire que nous avons déjà fait assez d’effort pour prouver notre indépendance ! Nous pataugeons tellement dans la corruption, les prévarications, les compromissions les plus inimaginables et les rafistolages les plus sordides qui enfoncent davantage notre pays dans l’abîme, que nous manquons du sens de la République, de la Nation et de la Patrie ! Des indépendances à nos jours, les différentes options et conceptions de la plupart de nos dirigeants au plus haut niveau sont si mal pensées, que nous peinons à trouver nos marques et surtout la meilleure voie qui mène au développement du pays ! Sur le plan politique, les intrigues, les règlements de compte et la personnalisation du pouvoir d’État pour servir nos propres intérêts, ceux de nos clans et de nos partis politiques, et non ceux du peuple, sont si perceptibles dans les pratiques et comportements, qu’il faut bien se demander, à quand la politique, la vraie qui mène au développement réel ? Un développement réel qui s’entend par des citoyens au travail, chacun donnant le meilleur de lui-même dans son secteur d’activités, et au prix de mille et un sacrifices pour s’assumer et pour faire avancer son pays. Un développement qui fasse mettre véritablement les hommes et femmes valides au travail, pour non seulement s’épanouir, mais aussi pour prouver leur fierté d’appartenir à une Nation, convenant avec Edmond About que « nous sommes les héritiers de tous ceux qui sont morts, les associés de ceux qui vivent et la providence de ceux qui naîtront ». En cela justement, comme Antoine de Saint-Exupéry, la question que nous devons nous poser, c’est celle de savoir « quelle terre, quelle patrie laisserons-nous à nos enfants ? » Une question essentielle et non moins pertinente que les Béninoises et les Béninoisse poseront à la veille ou à l’occasion de la célébration de l’anniversaire de l’indépendance de leur pays ! Ceci, en méditant quelques passages du 2e couplet de notre hymne national « l’Aube Nouvelle» : « Dans le vert, tu liras l’espoir du renouveau ; de tes aïeux, le rouge évoque le courage ; des plus riches trésors le jaune est le présage ».

Faut-il encore démontrer que notre hymne national qui a été chanté officiellement pour la première fois le 1er août 1960 nous a déjà indiqué les voies et moyens par lesquels nous prendrons, nous Béninoises et Béninois, pour développer notre pays au sous-solriche !? Une grosse interrogation qui, tout en nous interpellant tous, doit nous faire honte. Bonne méditation à tous !

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Abbé Crépin M. Acapovi, directeur de publication

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