Dieu a besoin de nos gestes de partage pour réaliser de grandes choses

29 juillet 2018 Pain Hebdomadaire du Catholique par Théodore C. Loko

29 juillet 2018 Pain Hebdomadaire du Catholique par Théodore C. Loko

Le Pain hebdomadaire du catholique – Dimanche 29 juillet 2018

Textes du jour

Première lecture : 2 Rois 4,42-44

Psaume : 144       

             Deuxième lecture : Ephésiens 4,1-6

            Evangile :  Jean 6,1-15

Commentaire

Les textes liturgiques de ce dimanche nous replacent devant l’actualité. Nous sommes impressionnés par la place donnée aux chiffres : vingt pains d’orge pour cent personnes, cinq pains et deux poissons pour cinq mille hommes, douze paniers pleins de restes… Ils nous montrent la disproportion entre la nourriture disponible et les énormes besoins des hommes : « Il y a là un jeune garçon qui a cinq pains d’orge et deux poissons, mais qu’est-ce que cela pour tant de monde ? » Nous aussi, nous sommes affrontés à  ces mêmes questions : devant les catastrophes meurtrières, devant l’afflux des réfugiés qui fuient la guerre, nous nous sentons désemparés et impuissants. Que pouvons-nous faire ?

Qu’est ce que nous voyons Jésus faire ? Tout d’abord, il accepte le modeste goûter d’un enfant. Rien n’aurait été possible si cet enfant n’avait accepté de tout donner. Dieu a besoin de nos gestes de partage pour réaliser de grandes choses. C’est ainsi que cinq pains et deux poissons ont servi à nourrir cinq mille hommes. Une précision : le pain d’orge c’est celui des pauvres. C’est avec ce pain des pauvres que Jésus nourrit toute cette foule.

Dans la première lecture, les petites galettes apportées sont littéralement des pains de prémices qui doivent être offerts à Dieu. Mais dans ce contexte de famine, le récit révèle que Dieu veut se donner en nourriture au monde.  Le rapprochement de l’évangile et de la première lecture peut réjouir notre cœur. Il témoigne de la persévérance de Dieu à manifester, au fil des siècles, sa volonté de rassembler les hommes en un seul Corps, le sien, qu’il nous donne dans le Christ.
Aujourd’hui encore des populations sont dénutries tandis que d’autres aux poubelles débordantes doivent investir contre l’obésité. Et malgré la mondialisation, certains prétendent que la planète ne pourra nourrir une population en croissance constante.
Il vaut donc la peine de se mettre à l’écoute de ces récits de ‘multiplication des pains’ qui peuvent nous sembler trop beaux pour être vrais. Chacun montre qu’une petite quantité de biens peut suffire à beaucoup pour peu qu’elle ne soit pas confisquée par un seul ou quelques-uns, mais qu’elle soit donnée sans retenue et partagée. Et même, il en reste car ce qui est donné en partage ne tarit pas la source. Jean insiste : rassemblez les morceaux en surplus, pour que rien ne se perde. C’est un signe dit l’évangéliste qui précise le contexte de la Pâque et pense à la Cène : il savait bien, lui, ce qu’il allait faire. Le pain que nous pouvons partager ce sont nos vies données, nourries elles-mêmes au corps du Christ qui se donne à nous pour que nous soyons un seul Corps avec lui : Je suis le pain de vie. Qui vient à moi n’aura jamais faim ; qui croit en moi n’aura jamais soif (Jn 6, 34). Les morceaux à rassembler pourraient être destinés à tous ceux qui sont encore aux périphéries : Jésus est mort pour rassembler dans l’unité les enfants de Dieu dispersés, il a voulu qu’aucun des hommes que le Père lui a donnés ne se perde (Jn 11, 52 ; 17, 12). C’est ce modèle de mise en commun puisée à la communion eucharistique que la communauté chrétienne primitive a visé (cf. Ac 2, 42-47 ; 4, 32-37) et c’est sur ce chemin vers l’unité et la paix que Paul veut entraîner les Éphésiens.  
Dès l’origine, cetteÉgliseune seprésentecependant avec unegrandediversitéquiprovientà la fois de lavariétédesdonsdeDieuet de lamultiplicitédespersonnesqui lesreçoivent. Dans l’unitéduPeupledeDieuserassemblentlesdiversitésdespeupleset descultures. Entre lesmembresde l’Égliseexisteunediversitédedons, decharges, deconditionset demodesdevie ;  » auseinde lacommunionde l’ÉgliseilexistelégitimementdesÉglisesparticulières, jouissantde leurstraditionspropres  » (LG13). Lagranderichessede cettediversiténe s’opposepas à l’unitéde l’Église. Cependant, lepéchéet lepoidsde sesconséquences menacentsanscesseledonde l’unité. Aussi l’apôtredoit-ilexhorterà  » garderl’unitéde l’Espritpar leliende lapaix  » (Ep4,3). (CEC 814).

 Théodore C. Loko   

Ambassadeur Théodore C. Loko
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