Citoyen du Monde !

Edito 1455A

Edito 1455A

Mémorable et inoubliable 28 mai 2018 pour Mamoudou Gassama, ce jeune malien de 22 ans qui est rentré dans l’histoire à sa manière. L’histoire de la France d’où, pour y avoir émigré il y a seulement quelques mois, il était sur la liste des étrangers à expulser. Ainsi, ce sans papier qui se savait en sursis, a vu son destin basculer. En effet, deux jours auparavant, et plus précisément lesamedi 26 mai 2018, il a évité in extremis la mort à un petit garçon de quatre ans et demi dont la chute d’un immeuble à plusieurs étages dans le dix-huitième arrondissement de Paris devrait lui être mortellement fatale. Les mains nues, sans échelle, sans une quelconque machine et sans un ascenseur, le sauveteur malien d’un après-midi de danger de mort pour le petit français, a réalisé un exploit. Et plus qu’un exploit, c’était du surréalisme. Escalader des étages pour accéder au balcon du quatrième auquels’était agrippé momentanément le petit enfant abandonné à son triste sort, sans aucun moyen matériel, il faut être Mamoudou Gassama pour prendre ce gros risque. Un gros risque qui devait lui coûter lui-même la vie, s’il n’y avait pas comme une force invisible qui lui donne l’inspiration et l’élan d’aller sauver une vie autre que la sienne. Et cette force-là ne peut qu’être d’essence divine. Car elle a pu rappeler à notre jeune malien que la vie de l’être humain étant sacrée, il faut la préserver à tout prix, la sauver, encore qu’il s’agisse de celle d’un petit enfant, d’une âme innocente sur qui Dieu veille, à travers ses anges. Mamoudou Gassama n’est certes pas l’ange gardien du petit Raphaël, mais il n’en est pas loin. Lui dont le nom et le prénom renseignent à suffisance sur sa religion sans doute musulmane.

Et le voilà ce noir qui, sans se poser de question, sans craindre une mort éventuelle et même de se faire découvrir comme n’étant pas en règle vis-à-vis des textes de lois de la République Française, prendre le risque salvateur. Alerté par des cris et des pleurs d’un attroupement d’hommes et de femmes impuissants et désemparés, il ne pouvait qu’oublier sa faim, lui qui venait d’arriver au restaurant d’à côté. S’il est vrai que ceux qui s’affolaient, ne sachant plus à quel saint se vouer, ne peuvent plus être accusés de non assistance à personne en danger, il n’est pas moins vrai que le jeune malien devenu aujourd’hui héros, courait alors le risque d’un homicide involontaire au cas où l’enfant, malgré sa bonne volonté et son courage héroïque, en viendrait à mourir. Qu’à cela ne tienne ! Brisant les barrières de couleur de peau, de race et de religion, l’hôte du président Macron à l’Élysée, suite à cet heureux événement n’avait qu’un seul objectif : sauver un petit garçon sans se demander s’il était malien ou français dont les géniteurs se sont soustraits à leurs obligations parentales.

Au-delà de sa naturalisation française subséquente, il brise les barrières de toutes frontières, devenant pour ainsi dire citoyen du monde. Car la patrie, ce n’est pas que la terre natale. Et les sans papiers, les immigrés, ce ne sont pas toujours des gens qui n’ont rien à offrir et qui neveulent que profiter du fruit des labeurs des autres. Pour être noir, immigré ou étranger, on n’est pas forcément la honte de l’humanité. Au demeurant, l’acte du jeune héros, fierté pour le Mali, pour l’Afrique et pour tout homme, doit nous faire réfléchir sur le vrai sens de la vie et du sacré, le vrai sens des rapports humains, la globalisation et la mondialisation.
Saint Raphaël, priez pour nous !

Portrait abbé Acapovi 

Abbé Crépin M. Acapovi, directeur de publication

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