Cotonou lance son 1er Plan stratégique d’action pastorale

Cotonou lance son 1er Plan stratégique

Cotonou lance son 1er Plan stratégique

Pour la première fois, l’Eglise de Cotonou lance un Plan stratégique d’action pastorale (Psap), en résonance avec la vision pastorale de l’archevêque de Cotonou, sur cinq années. Tout le peuple de Dieu est invité à s’engager pour sa mise en œuvre. Le lancement de ce Psap a eu lieu le 18 novembre 2017 à l’église Saint Michel de Cotonou.

Eglise Saint Michel de Cotonou, 18 novembre 2017, dans une ambiance solennelle, au rythme du chant Hanyé, M. John Prosper Séka, expert-consultant du Psap, avance à pas mesurés vers Mgr Roger Houngbédji. Il lui présente la calebasse qu’il tient en mains. Le cérémoniaire de l’archevêque de Cotonou en enlève le couvercle. Celle-ci contient le document du Plan stratégique d’action pastorale (Psap) de l’archidiocèse de Cotonou.

« La calebasse offerte à Mgr Roger Houngbédji a un symbolisme tout simple » explique le père Antoine Mètin, président du comité exécutif du Psap. « Dans la tradition dahoméenne, souligne-t-il, la calebasse est appelée le Kasundo du roi dont le contenu est ignoré de tout le peuple. Mais avec l’Évangile, cette calebasse est désormais ouverte et il n’y a plus de secret. Nous l’avons apportée à l’archevêque et l’avons ouverte ».

Comme quoi le projet stratégique d’action pastorale est désormais dévoilé et révélé. Ce geste symbolique constitue l’un des grands moments de la célébration de lancement du plan stratégique d’action pastorale de l’archidiocèse de Cotonou. La messe a commencé à 9h30 avec la participation d’une foule nombreuse de laïcs, de religieux et religieuses et plus de 300 prêtres. Au début de la célébration, le père Antoine Mètin plante le décor par une brève présentation du Psap : « ce plan est un instrument de travail qui nous permettra d’une part d’engager des actions choisies, étudiées et programmées selon nos besoins et ceux de notre mission d’évangélisation. D’autre part, il nous permettra de marcher ensemble, de cheminer comme des frères et sœurs pour parvenir ensemble à une même destination, c’est-à-dire affronter les mêmes défis, contempler ensemble les mêmes résultats et partager la joie des mêmes réussites ».

De son côté, Mgr Houngbédji, dans son homélie n’a cessé d’encourager et d’appeler chacun des fidèles, laïcs, religieuses et religieux, prêtres à l’engagement (voir Homélie) pour la réussite du Psap. Car « le Plan Stratégique d’Action Pastorale est pour nous un acte de foi. Oui, un acte de foi en Dieu de qui nous tenons notre idéal missionnaire d’une part, et un acte de foi en la capacité de nous tous », affirme l’Archevêque.

A la fin de la célébration, il bénit des représentants désignés de l’Église de Cotonou qu’il envoie en mission pour la mise en œuvre du plan stratégique d’action pastorale dont le document de présentation est publié à la même occasion.


Brève présentation du Psap

Le rêve de notre archevêque, partagé par toutes les composantes de la famille diocé- saine, est contenu dans ce qu’il convient aujourd’hui d’appeler, la vision pastorale de l’archidiocèse pour les cinq ans à venir. Elle est formulée de la façon suivante : Une ÉgliseFamille convertie à l’Évangile de Jésus-Christ et engagée au service du salut de l’homme, dans l’amour et la vérité. Ce rêve, c’est de voir toute notre famille diocésaine se convertir à l’Évangile du Christ et non à de petites idoles camouflées dans un vêtement à teinte chré- tienne. Notre conversion personnelle pourra susciter l’engagement à offrir le salut à tous nos frères et sœurs. De cette vision découle une mission, qui est celle de toujours, assignée par le Christ lui-même à ses disciples : paître le troupeau. Ce qui veut dire, le former à la responsabilité chrétienne et en faire une communauté harmonieusement structurée dans l’amour.

La formulation de cette mission est exactement celle-ci : sous l’impulsion de l’Esprit Saint, conduire le peuple de Dieu qui est à Cotonou, à une vie chrétienne responsable et en faire une communauté plus structurée et harmonieuse. Il s’agit pour nous de porter l’Évangile du Christ à tous les hommes de notre temps et de notre terre à partir de la vie concrète de chacun et de l’image que nous donnons de notre communauté diocésaine. Notre mission ainsi définie sera déclinée en trois objectifs stratégiques par une logique interne et propre à l’Évangile. Ils seront concrétisés par 44 activités pastorales méthodiquement définies. Pour y arriver, il faut retenir que la foi est et doit demeurer le fondement de notre agir. Il nous faut avant tout être des hommes de foi. C’est pour cela qu’à la suite du synode diocésain conclu en 2016, le Psap définit la foi authentique comme le tout premier objectif stratégique.

C’est animés d’une foi authentiquement chrétienne que nous allons pouvoir transmettre aux fils et filles de notre pays l’Évangile de Jésus-Christ. En effet, si l’Évangile n’imprègne pas notre être, de sorte que la vie de chaque jour laisse transparaître l’amour de Dieu, nous aurons beau prier, célébrer et même faire des miracles cela ne convertira pas notre peuple. Par ailleurs la foi bien comprise et bien vécue nous amène à considérer le frère comme un don de Dieu.

La communion fraternelle se présente alors comme le deuxième objectif stratégique de notre Plan. C’est dans une communion fraternelle réelle et tangible que le témoignage de notre foi peut devenir semence dans le cœur des uns et des autres ; « tous reconnaîtront que vous êtes mes disciples si vous vous aimez les uns les autres.» (Jn 13, 34-35). Ainsi une vie de foi authentique qui s’en tient à l’essentiel, c’est-à-dire à Jésus-Christ et à son Évangile, manifestera naturellement notre communion fraternelle à ce monde en mal de fraternité et d’amour. Une Église où la foi constitue le fondement de la vie concrète et se monnaie en témoignage de vie fraternelle, est le lieu où les biens et les personnes occupent leur juste place et revêtent leur vraie valeur.

La bonne gouvernance qui est le troisième objectif stratégique de notre plan invitera la communauté diocésaine à mieux gérer les ressources que Dieu met à notre disposition pour le service de son Évangile. L’idolâtrie de l’argent et des biens de ce monde n’aura pas droit de cité au sein de notre Église. Toutes les ressources du diocèse n’auront qu’une destination : le service de Dieu et du frère. La finalité de notre Psap sera d’amener toutes les composantes du diocèse à œuvrer pour impacter toutes nos structures et notre administration.

Le résultat en sera que nos paroisses seront plus rayonnantes et nos structures plus efficaces. Tout ceci conduira à la pérennisation de notre communauté chrétienne et en garantira l’avenir avec la grâce de Dieu. Ce contenu du Psap si rapidement présenté se trouve résumé d’une autre manière par Mgr l’archevêque. Il est imprimé sur les petites cartes que vous avez en main. Je nous invite à le lire ensemble pour commencer à nous approprier le document dont nous célé- brons aujourd’hui le lancement officiel.

Père Antoine METIN


 Entretiens avec quelques acteurs du Psap

« Nous marcherons tous ensemble »

Père Antoine Mètin Lancement PSAP 2018Le Plan stratégique d’action pastorale (Psap) est un instrument qui nous aide à mieux vivre l’Évangile. Il n’est rien d’autre que ce que nous décidons, nousmêmes, de vivre ensemble pour appliquer au mieux l’Évangile de Jésus-Christ. Je joue un rôle de coordination du comité exécutif du Psap.

De ce point de vue, je n’ai pas à avoir une organisation toute particulière pour sa mise en application. Le comité chargé de son exécution est composé de prêtres et de laïcs compétents puisqu’il est question de compétence et de technique.

La mission du comité n’est rien d’autre que de veiller à la conformité de ce qui est élaboré à la base, à sa réelle application. En réalité, hormis les comités techniques, nous avons des équipes-projets dans lesquelles on pourra mettre toutes les compétences possibles pour que les activités prévues soient bien conformes à notre vision. Je crois qu’avec la collaboration des uns et des autres, nous allons y arriver.

C’est tout le diocèse qui fera le travail. En tant que fils et filles de l’Église, nous sommes une communauté, nous sommes des frères et sœurs et nous avons besoin de travailler ensemble. Il s’agit de faire Église, de travailler et de cheminer ensemble.

De ce fait, nous marcherons tous ensemble pour arriver à la même destination parce que soutenus les uns par les autres.

Père Antoine Mètin, Président du comité exécutif du Psap

« Le travail ne fait que commencer » 

Mme Francine Aïssi Lancement PSAP 2018J’éprouve une grande émotion à l’issue de cette belle célébration du lancement du Plan stratégique d’action pastorale. Maintenant, du lancement à la réalisation, tout le travail ne fait que commencer.

J’ai été membre du comité de pilotage du Psap et je compte accompagner le père Augustin Placide Houessinon dans l’opérationnalisation de la cellule de gestion du changement. Je pense que c’est normal qu’il y ait des gens qui s’interrogent sur cette nouveauté qu’est le Psap qui va faire rayonner notre diocèse.

Il revient à chaque chrétien de l’accueillir, de l’accepter afin d’en tirer les bénéfices pour notre Église.

Je souhaite que tous les chrétiens participent à sa mise en œuvre et qu’au terme nous évaluions ensemble les conclusions afin de réorienter les points non accomplis face aux données pratiques du terrain.

Que l’Esprit Saint nous aide à mettre en œuvre ce Plan durant les cinq prochaines années.

Mme Francine Aïssi, Epse Houangni, Membre de la cellule de gestion du changement du Psap

« Ce plan est nécessaire pour l’Église de Cotonou »

Etienne Echoudina Lancement PSAP 2018Ma mission consiste à travailler en parfaite intelligence avec le comité exécutif étant entendu que trois membres de ce comité sont en même temps présidents ou chefs de file des comités techniques.

Il s’agit de membres chargés de la foi authentique, de la communion fraternelle et de la bonne gouvernance. Je crois que tout est mis en œuvre pour qu’en harmonie, nous puissions exécuter ce Plan.

En tant que fils laïc de l’Église, Mgr Roger Houngbédji a bien voulu me confier cette direction. Je ne vois pas en cela un mérite personnel. J’y vois un appel à servir et je prie l’Esprit du Seigneur afin qu’il m’aide à vraiment jouer un rôle positif dans l’accomplissement de ce Plan stratégique d’action pastorale.

Il est nécessaire pour l’Église de Dieu à Cotonou en route vers une communauté d’amour et de vérité.

Et quand on parle de l’Église, il y a bien sûr les fidèles, qu’ils soient clercs, religieux ou laïcs, ils sont tous fils et filles de l’Église.

M. Etienne Echoudina, Directeur du Psap

« La gestion du changement est le volet humain du Psap »

Père Augustin Placide Houessinon Lancement PSAP 2018C’est pour la première fois que le diocèse de Cotonou se dote d’un Plan stratégique d’action pastorale d’envergure diocésaine. En face de toute nouveauté, il est naturel que l’homme résiste. Surtout quand il ne sait pas ce dont on parle et où on l’amène. Donc, il y a un temps d’adaptation et de prise de conscience pour que son désir épouse la nouveauté.

C’est pour cela que l’élaboration du Psap a été accompagnée d’une cellule de gestion du changement pour que les fidèles et les prêtres rentrent progressivement dans la mentalité de ce qui est proposé. Mais devant toute nouveauté, le résistant n’est pas un opposant. C’est celui qui cherche à comprendre et qui, quelquefois, aide le parrain à bien expliquer et ainsi à répondre aux attentes d’autres personnes résistantes. 

Donc la gestion du changement est le volet humain qui accompagne le volet technique du Psap. Pour qu’il y ait changement dans une organisation, ce sont les personnes, les individus qui doivent changer.

C’est ce modèle que l’expert, M. John Prosper Séka, a pris le temps de nous aider à comprendre. Si le changement qu’introduit aujourd’hui l’Archevêque avec ce nouveau Plan doit réussir, il faudra que nous, les premiers agents pastoraux du diocèse, soyons convaincus pour qu’à notre tour, nous puissions convaincre les autres.

Donc en réalité, ce volet humain est indispensable pour la réussite. Si sur 10 prêtres, il n’y a que 2 qui épousent la nouvelle pensée et que 8 sont dans l’indifférence, nous ne sommes pas encore embarqués dans le changement. A la suite des outils que le consultant a mis à notre disposition, à partir du Plan lui-même, à partir de la technique et de la méthodologie de la gestion du changement, nous allons laisser le temps au temps tout en accompagnant les autres confrères pour que tous, nous rentrions dans cet esprit.

Il ne s’agira pas d’aller à la vitesse de croisière. Non ! Nous irons au rythme des uns et des autres en tenant compte du temps d’exécution du Plan afin d’aider ceux qui ont encore des doutes à entrer dans la lumière de cet instrument de rayonnement de notre diocèse. Chacun s’y mettra avec son gé- nie, ses compétences, ses connaissances pour que nous puissions atteindre les objectifs fixés.

 Père Augustin Placide Houessinon, Sma, Responsable de la cellule de gestion du changement

 A lire également : 

Homélie de Mgr Roger Houngbédji lors du lancement du Psap

Album photo de la célébration (Facebook)

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