Le Pain hebdomadaire du catholique (Dimanche 4 juin 2017)

Pain du catholique

Pain du catholique 

Le Pain hebdomadaire du catholique – Dimanche 4 juin 2017

Textes du jour

Première lecture : Actes des Apôtres 2,1-11

Psaume : 103

Deuxième lecture : 1 Corinthiens 12,3b-7.12-13

Acclamation de l’évangile : Cf. Jean 7, 37-39

Evangile : Jean 20,19-23

 

Commentaire

Cinquante jours après Pâques, nous voici parvenus à la fête de la Pentecôte. Tout au long de cette période, nous avons fêté Jésus ressuscité, vainqueur de la mort et du péché. Il nous ouvre un passage vers ce monde nouveau qu’il appelle le Royaume de Dieu. Le jour de l’Ascension, il s’est manifesté une dernière fois à ses apôtres. Le livre des Actes des Apôtres (1ère lecture) nous dit qu’il « s’éleva, et une nuée vint le soustraire à leurs yeux. » C’est ainsi que le Christ ressuscité a disparu à leur regard.

Mais il ne les laisse pas seuls : il leur annonce qu’ils vont « recevoir une force », celle de l’Esprit Saint qui viendra sur eux. C’est ce qui s’est passé le jour de la Pentecôte : ce jour-là, il y avait beaucoup de monde à Jérusalem. Les gens étaient venus de partout pour fêter le don de la loi à Moïse et à son peuple. À l’époque, c’était cela la Pentecôte. Mais ce jour-là, rien ne se passe comme prévu. Saint Luc nous parle d’un bruit pareil à celui d’un violent coup de vent et aussi d’un feu qui se partageait en langues. C’était le don de l’Esprit Saint. À ce moment-là, tout a changé dans le cœur des apôtres. La peur qui les paralysait est emportée.

Ils se mettent à proclamer les merveilles de Dieu devant ceux-là même qui ont fait mourir le Christ sur une croix. La première de ces merveilles, c’est l’annonce de Jésus mort et ressuscité. Et ce qui est extraordinaire, c’est que chacun les entend dans sa propre langue. C’est une manière de dire que l’Évangile est pour tous, quel que soit leur pays. Il doit être annoncé à toutes les nations. C’est en vue de cette mission que l’Esprit Saint leur est donné. Le livre des Actes des Apôtres nous donne leur témoignage. En le lisant, nous découvrons que l’Esprit Saint les a précédés dans le cœur de ceux qu’il met sur leur route.

L’auteur des Actes nous raconte la descente de l’Esprit sur les Apôtres au jour de la Pentecôte comme un événement grandiose. Cet événement se donne à voir dans un « feu » qui se répartit en langues, et à entendre dans un « grand bruit » qui devient parole. Et il nous montre l’Esprit comme le lien de l’unité dans la diversité de ses dons. Unité du groupe des apôtres et diversité des membres recevant chacun une langue du feu descendu du ciel, unité de la foule des juifs accourue au grand bruit qu’elle venait d’entendre et diversité de leurs provenances (longuement énumérées), de leurs modes d’accès à la foi, de leurs dialectes.

C’est à travers ces langues multiples que va s’exprimer la force du lien qu’est l’Esprit. Le souffle de l’Esprit devient parole et les langues de feu reçues par les apôtres, produisent dans leur bouche des mots compris par tous. « Chacun s’exprimait selon le don de l’Esprit » (v. 4) et chacun des juifs présents « entendait dans son propre dialecte ceux qui parlaient » (v. 6). L’Esprit fait parler les apôtres et il fait comprendre ceux qui les entendent. Nous ne savons pas quel est le contenu du message, nous savons seulement que la parole des apôtres disait « les merveilles de Dieu » (v. 11). L’événement de la Pentecôte est fondateur de l’Église, communauté vivante, une et multiple. En elle, par l’œuvre de l’Esprit-Saint, la Parole de Dieu est proclamée de manière à être entendue et comprise par tous.

L’Évangile nous ramène au soir de Pâques, cinquante jours plus tôt. Les disciples restaient enfermés dans un lieu caché car ils se sentaient en danger. Leur peur est parfois la nôtre. Dans un monde indifférent ou hostile à la foi chrétienne, il y a de quoi être inquiet.

Alors, nous sommes tentés de nous replier sur nous-mêmes. Mais comme au soir de Pâques, le Seigneur ressuscité nous rejoint là où nous en sommes. Ses premières paroles ne sont pas des reproches mais un souhait de paix. Avec lui, nous retrouvons la vraie joie. Au soir de Pâques, Jésus rejoint les disciples dans leur peur et leur enfermement. Il leur apporte d’abord le don de la paix, qui répond particulièrement à leur état du moment, don réitéré à deux reprises. C’est plus qu’une salutation. Chez Jean, la paix est toujours liée à la présence de Jésus.

Jésus montre ensuite les stigmates de sa passion : celui qui est ressuscité est bien celui qui était mort. Remarquons la joie des disciples, joie des retrouvailles, joie de la rencontre du ressuscité. Peut-être les apôtres se souviennent-ils de cette parole du discours d’adieu : « Vous êtes dans la peine, mais je vous reverrai et votre cœur se réjouira » (16, 22). C’est alors que Jésus les envoie en mission dans le monde, comme le Père l’a envoyé. Ils prennent la suite du Maître. Et Jésus accompagne son envoi, du don de l’Esprit.

Dans l’évangile de Jean, c’est donc dès le soir de Pâques et par un geste de Jésus lui-même qu’est donné l’Esprit. « Il souffla sur eux ». En grec le verbe est le même que celui utilisé dans le récit de la création, pour dire que Dieu insuffla en l’homme le « souffle de vie » (Gn 2, 7). Le don de l’Esprit apparaît comme une nouvelle création. Nous pouvons établir le rapport entre ce récit et celui de la Pentecôte dans la première lecture. La grande dissemblance entre les deux récits nous suggère la richesse du don de l’Esprit qui ne peut se dire d’une façon unique. Sachons-nous ouvrir à cette richesse. Et malgré nos faiblesses et nos doutes, il continue à nous faire confiance :

« Comme le Père m’a envoyé, moi aussi, je vous envoie. »

 

 Portrait Ambassadeur C Loko article pain quotidien du catholique    Ambassadeur Théodore C. Loko. 
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