Homélie de Mgr Antoine Ganyé – 6 mai 2017

Homélie Mgr Antoine Ganhyé noces dargent nonce bénin

A l’occasion des Noces d’Argent sacerdotales du Nonce Apostolique Mgr Brian Udaïgwe  à la Nonciature Apostolique (Cotonou)

Mgr le Nonce Apostolique, ça fait déjà 25 ans que vous êtes ordonné prêtre pour le service de vos frères les hommes et pour aider la papauté dans l’administration de l’Eglise universelle et plus précisément dans l’un des démembrements de cette Eglise que sont les Eglises particulières.

L’Eglise particulière qui est au Bénin a eu le bonheur de vous accueillir comme le digne représentant de sa Sainteté le Pape François. Ordonné Evêque le 27 avril 2013 à Rome, vous avez été destiné à l’Eglise au Bénin dont vous avez foulé le sol pour la toute première fois le 24 juin 2013.

L’Eglise au Bénin constitue votre premier poste de diplomate du Vatican sans oublier l’Eglise du Togo. Très tôt, vous avez compris la portée de vos responsabilités au cœur des problèmes qui sévissent au niveau des deux Eglises. Pour le Bénin, quatre de nos diocèses étaient dans l’attente et le besoin de pasteurs selon le cœur miséricordieux de Dieu, pasteurs qui se trouvaient encore dans le secret de l’amour sans mesure de l’Esprit Saint. Ce chapitre de provisions des diocèses vacants vous a occupé et préoccupé au point de vous donner des insomnies.

Il vous a fallu façonner et refaçonner le travail. Pour chaque diocèse, vous êtes revenu à maintes reprises sur l’ouvrage pour le polir et le repolir et être en adéquation et en conformité avec les exigences de notre Mère Eglise. L’Eglise est une Mère, une Grand-Mère qui a traversé des siècles d’épreuves et d’expériences et nous gagnons toujours à nous mettre à l’écoute de sa prudence et de sa sagesse. Ce fut votre cas, Monseigneur Brian, Nonce Apostolique près le Togo et le Bénin. Cette coopération sage à l’écoute de l’Esprit Saint nous a valu Mgr Antoine Sabi Bio à Natitingou, Mgr François Gnonhossou à Dassa, Mgr Aristide Gonsallo à Porto-Novo, Mgr Roger Houngbédji à Cotonou.

Par votre ouverture et votre compréhension vous avez tôt fait d’acquérir l’amitié et la confiance de la Conférence Episcopale du Bénin qui apprécie par ailleurs l’Adresse que vous lui faites à chaque ouverture de ses assises. Cette ouverture d’esprit vous rend proche de nos différents  » Presbyterium  » et il n’est pas rare de vous voir prendre part à l’administration des Sacrements dans les paroisses. Merci pour les liens que vous avez tissés avec chacun sans oublier cette grande partie : les  » fidèles laïcs « . Votre ouverture d’esprit vous a donné de reconnaître leur importance, leur place et leur rôle dans l’Eglise particulière qui est au Bénin et surtout à Cotonou. Aux fidèles Laïcs qui ont initié cette Eucharistie de fête pour que nous soyons autour de vous pour rendre grâce à Dieu, j’adresse personnellement ma sincère gratitude. En votre nom et au nom de tous les diocèses, je les salue et les remercie pour ce beau témoignage de reconnaissance envers vous et envers notre Très Saint Père, le Pape François qui nous a confiés à vos bons soins.

Et nous admirons vos relations avec les différentes couches de notre peuple. Nous apprécions surtout les rapports harmonieux et fluides entre l’Etat du Bénin et notre Eglise grâce à votre flair et à votre savoir-faire. Nous venons vous exprimer en ce jour d’exultation toute notre gratitude. La fraîcheur de votre jeunesse, loin de trahir votre devoir, vous a plutôt conforté et aidé à accomplir votre mission avec justesse et compétence. Votre marche missionnaire parmi nous n’a pas été et ne sera pas vaine. Nous garderons les traces et les souvenirs pour longtemps.

Par votre personne, le Pape François et tout le Vatican vivent avec nous et sont à l’œuvre avec nous. Ce matin en effet, nous vous regardons, cher Mgr le Nonce Apostolique comme un semeur de la foi à la suite de Jésus-Christ en terre béninoise. Pierre a tracé le chemin selon la première lecture que nous venons d’entendre (Ac 9, 31-32). A la suite de Jésus-Christ, l’Apôtre Pierre va parcourir toutes les Nations et va même rendre visite aux fidèles qui habitaient Lod. Il y trouva un homme du nom d’Enéas paralysé depuis huit ans. La foi de Pierre interpelle vivement le paralysé et fait éclater la gloire du Christ Ressuscité :  » Enéas, dit-il, JésusChrist te guérit, lève-toi et fais ton lit toi-même « .

A la proclamation du nom de Jésus-Christ, le Ressuscité devant lequel fuient toutes les ténèbres, Enéas retrouve la santé de son corps tout entier. Devant cette merveille, les habitants de la ville se convertissent et se tournent vers le Seigneur. Le comportement de Pierre, chef de l’Eglise, au chevet d’Enéas, malade, nous interpelle. Pourquoi en visitant un frère malade ne prierions-nous pas sur lui, comme l’a fait Pierre en s’adressant à Enéas ? « Frère, un tel, Jésus-Christ ressuscité te guérit, lève-toi ». Une telle interpellation au nom de Jésus-Christ soutenue par une foi vive guérirait le malade. Et si le malade n’était pas guéri, il recevrait tout de même la grâce de consolation, de paix et de quiétude. Pierre nous donne en la matière une bonne méthode de la pastorale des malades, la pastorale de proximité.

Cela se vérifie aussi à Jaffa où il s’est rendu à l’appel des disciples. Il y apporta la consolation de la miséricorde du Seigneur auprès des femmes éplorées à la mort de l’une d’entre elles du nom de Dorcas. La sollicitude du Seigneur par le ministère de Pierre rend la vie à la défunte qui est rendue à sa communauté. A travers tout ce texte et dans l’ensemble des Actes des Apôtres, on voit Pierre prendre conscience de toute la valeur que représente la foi et la foi en Jésus-Christ comme nécessité vitale. La foi comme une nécessité basique est un besoin fondamental d’ordre spirituel. Elle fait croître en nous le désir de Dieu, le désir de celui qui a créé et qui donne sens et existence à notre être. L’absence de la foi laisse un vide profond en nous, et que nous cherchons à combler en vain par des pseudo-dieux ou pseudo-divinités. La foi est le lien qui nous unit à Dieu. Elle est notre boussole et nous donne l’orientation de notre vie. Un homme sans la foi en Jésus-Christ est un homme sans boussole.

Il mène sa vie sans en connaître ni l’origine ni le terme et demeure sans référence. Toutes nos conditions d’existence empreintes de tristesse, d’angoisse, d’amertume, de temps en temps alternées de joie, de jubilation, prouvent que nous sommes des êtres incapables de stabilité, des êtres contingents. La foi au Dieu de Jésus vient ré- habiliter en nous l’équilibre des enfants de Dieu. Eu égard à tout cela, la foi est un engagement. Engagement au cœur duquel le croyant reconnaît la vérité de l’objet de la foi qu’est Dieu. Cette reconnaissance de l’objet de la foi donne à l’homme de retrouver sa dignité et sa noblesse face à Dieu. La foi identifie le croyant au Christ :  » Amen, amen, je vous le dis : celui qui croit en moi fera les œuvres que je fais. Il en fera même de plus grandes… « .

C’est cette foi à la fois une né- cessité, un engagement, une identification, que les Apôtres en géné- ral, Pierre en particulier, essaient de vivre au sein des communautés pour confirmer les fidèles dans leur foi, dans leur adhésion au Christ. C’est ce que faisait Pierre à Lod et à Jaffa pour affermir les fidèles dans leur foi et par bonheur, des signes miraculeux de la part du Seigneur venaient les rassurer. « Et si tu appelles quelqu’un parmi nous pour le consacrer tout entier à toi, que ton amour réchauffe cette vocation dès sa naissance, qu’il la fasse grandir et persévérer jusqu’à la fin » Amen. Saint Jean Paul II Représentant du Saint Père au milieu de nous, votre souci et votre préoccupation ont été d’accomplir, cher Monseigneur, la mission que notre Seigneur Jésus-Christ a confiée à Saint Pierre. Par les nombreuses œuvres que vous réalisez vous cherchez toujours à nous raffermir dans la foi et à nous rassurer par vos paroles de Père.

Monseigneur Brian, fils de Udaïgwe, Bonne fête pour vos 25 ans de sacerdoce. Dieu vous bénisse et vous accompagne dans votre ministère. A présent, j’invite toute l’assemblée à se lever pour offrir avec moi à Dieu, au nom du Nonce Apostolique, cette prière de Saint Jean Paul II :  » Seigneur Jésus, Toi qui as appelé qui tu voulais, Appelle beaucoup d’entre nous à travailler pour toi, à travailler avec toi. Toi qui as éclairé par ta parole ceux que tu as appelés, éclaire-nous par le don de la foi en toi. Toi qui les as soutenus dans les difficultés, aide-nous à vaincre nos difficultés d’aujourd’hui. Et si tu appelles quelqu’un parmi nous pour le consacrer tout entier à toi, Que ton amour réchauffe cette vocation dès sa naissance, Qu’il la fasse grandir et persévérer jusqu’à la fin « .

AMEN ! (Saint Jean Paul II)

 

Mgr Antoine Ganyé, Archevêque émérite de Cotonou

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