De Pâques en Pâques

Christ Ressucité

Christ est vraiment ressuscité ! Quel bilan faire après ce temps de carême, et  comment mieux marcher vers la prochaine fête de Pâques ? Eclairages de l'abbé Magloire Acapovi.

Le temps de carême 2017 tire inexorablement vers sa fin, et nous voici rendus à l’heure du bilan, chacun à son niveau, de comment il l’aura vécu cette année, selon l’Evangile et les recommandations particulières de notre Eglise Catholique.

Plus qu’une introspection, chaque chrétien catholique doit pouvoir s’interroger sur la manière dont il a meublé son temps de prière, de pénitence et de partage. Quels sont les efforts faits cette année sur le plan spirituel ? Quelles sont les faiblesses que chacun de nous a pu corriger  à son niveau ? Quels sont ces péchés-là dont nous nous sommes départis, à travers nos confessions, en vue de notre conversion ? Quelles sont ces résolutions-là que nous avons prises, pour que les différents temps de carême ne soient pas pour nous, des occasions pour remplir juste des formalités en Eglise ?

Observer les préceptes et recommandations, faire signer son livret de catholicité après la confession pascale et payer le denier de culte sont certes importants et indispensables, mais nous ne devons pas nous contenter seulement de ces actes-là. S’en arrêter là, c’est comme si nous remplissions des formalités, en attendant la prochaine fois, pour en faire de même.

Mais nous devons aller au-delà, pour ne pas paraître comme des chrétiens et des chrétiennes convaincus ou engagés, juste la période du temps de carême, pour devenir ou redevenir des chrétiens quelconque méconnaissables par rapport à leur foi. Car l’après-carême, sans être forcément un temps de privation, de restriction et de jeûne à tout va, n’est pas moins un moment de ressourcement spirituel et de bonnes œuvres pour tout chrétien.

Outre les habitudes en Eglise, il devrait offrir l’occasion au chrétien qui s’est repenti pour telle chose ou telle autre, de trouver les voies et moyens par lesquels il pourra faire davantage pénitence pour implorer la grande miséricorde de Dieu. Aussi devonsnous saisir le temps d’après Pâques, pour faire dérouler un programme d’activités de conversion, de partage et de vie spirituelle, dans la droite ligne des recommandations, des résolutions et des engagements pris.

Et ce sera chacun, selon ce qui l’aura marqué, instruit et fait tilt dans sa vie de chrétien, tout au long d’un temps de carême pleinement et profondément vécu, en présence du Seigneur dont il se sera inspiré de ses Paroles fortes incitant à une réelle conversion. Ce faisant, chaque temps de carême doit nécessairement apporter un plus dans la foi et dans la pratique chrétienne à ceux qui ne jouent pas avec leur religion. Afin que le temps de carême ne soit pas un carême de plus et que surtout Pâques ne soit pas non plus une Pâques de plus !

Ainsi, pour certains, il peut s’agir de prier pour la paix dans les différents coins du monde où sévissent violences, crimes et massacres, avec leurs corollaires ; pour d’autres, il faut œuvrer  à autre chose. Il s’agira de susciter l’amour du prochain, la justice, l’équité, l’humanisme et la fraternité où la haine, la méchanceté, l’injustice, les angoisses, les tribulations et les différentes formes d’horreur déshumanisant l’Homme.

Face à ces tristes réalités, nous devons nous interroger, pour savoir si nous n’y avons pas des parts de responsabilité ? Et au cas où nous n’en aurions pas, qu’avons-nous fait pour les empêcher ou les limiter tout au moins dans nos familles, dans nos milieux de vie et de travail, afin qu’advienne le règne de Dieu !

En  ce sens que si le Christ, notre Unique Sauveur, dont nous chantons avec ferveur et insistance les louanges, les cantiques et les hauts faits à Pâques, devait nous poser la question de savoir le sens que nous donnons à sa Passion et l’importance que nous accordons à sa Résurrection, ce n’est pas certain que nous lui donnerions les vraies réponses. C’est à peine que nous ne ferions pas profil bas, toute honte bue pour des chrétiens que nous sommes, et qui professons que s’il n’était pas vraiment Ressuscité, vaine serait notre foi !

 

Crépin Magloire Acapovi    Abbé Magloire Acapovi, directeur de publication du journal La Croix du Bénin