Editorial

Tout coûte cher

C’est un secret de polichinelle. La vie aujourd’hui au Bénin coûte vraiment cher. De la galette d’arachide à l’unité de mesure du gari ou du haricot en passant par l’essence à la pompe ou au kilowattheure d’énergie électrique, les prix galopent. La situation est asphyxiante et engendre une morosité indéniable. Les frais de transport, des soins médicaux, de scolarité et bien d’autres contraignent à serrer davantage les ceintures au risque de les rompre. Les Béninois n’en peuvent plus. Et la lamentation est plurielle et au pluriel.

La récente sortie de certaines centrales syndicales traduit l’inconfort qui devient le lot quotidien des citoyens. La kyrielle de maux énumérés étaie le drame d’une situation désormais intenable. Et pourtant, pendant le point de presse tenu à l’issue du Conseil des ministres du mercredi dernier, le porte-parole du Gouvernement, s’est efforcé de défendre l’Exécutif, minimisant les effets de la cherté des denrées de première nécessité sur les ventres creux.

Si les causes du malaise ambiant proviennent de plusieurs sources, la multiplication et l’augmentation des taxes prélevées sur la plupart des produits ne manquent pas d’affaiblir le pouvoir d’achat des consommateurs. Vivant le Carême avant l’heure, ils s’impatientent de voir s’amorcer le “hautement social” jadis annoncé. Les performances macroéconomiques ainsi que les meilleurs classements du Bénin effectués par certains organismes internationaux sont sans réel impact sur le quotidien des Béninois. Et la pandémie de la Covid-19 à elle seule ne peut pas servir de bouc émissaire.

Pour alléger la peine des compatriotes, on peut par exemple décider avec courage de réduire les taxes qui pressurent les portefeuilles. Il s’agit là d’un acte de volonté qui peut être salutaire. La réouverture et le redéploiement des boutiques-témoins en vue de céder certains produits à des prix abordables, comme ce fut le cas dans un passé récent, pourront être lus comme signes de compassion à l’endroit des multiples petites bourses. La vie devient franchement intenable et il faut poser des actes concrets du “hautement social”. Nous sommes au seuil du troisième mois de l’année. 

Michaël S. GOMÉ

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