Comprendre la Parole

Suivre la tradition des ancêtres ou le Christ ?

22e dimanche du temps ordinaire-B

Sous cette question, se profile une problématique qui se pose sous plusieurs cieux. La tradition des anciens, marque toujours la chair au fer rouge et s’impose comme la référence dont tout membre de chaque communauté veut porter haut le flambeau. La base de l’éducation du peuple d’Israël, c’est la Torah. Tout Israélite se sent redevable à Moïse qui, par les commandements de Dieu, a donné une identité unique à Israël parmi tous les peuples de la terre. Les décrets et ordonnances venus de la part de Dieu et transmis par Moïse sont source de justice. La pratique de la justice chez les Juifs, consiste dans l’adhésion sans réserve à la Torah. Un bon nombre de pratiques religieuses rituelles sur le « pur et l’impur » codifiées par la Loi de Moïse (Lv 11) ont par la suite fait l’objet de grandes amplifications de la part de la tradition qui a encore donné des précisions sur les ordonnances. Dans leur souci de plaire à Dieu, les pharisiens qui, quant à eux, tiennent à une observance stricte de la loi de Moïse, sont tombés dans des excès, multipliant jusqu’à 613 les commandements à observer. Le souci de perpétuer la mémoire des anciens, a fini par transformer pour eux, la religion en un ensemble de pratiques formalistes et ritualistes au centre desquelles l’intégrisme, le fondamentalisme et l’hypocrisie ont commodément installé leurs fauteuils. Au cœur d’une piété excessive qui porte seulement le souci de plaire à Dieu, on ne se préoccupe guère de ce que Dieu veut réellement pour l’homme créé à son image. Une telle manière de concevoir la religion immole l’homme au nom de Dieu et se moque du respect à avoir pour les autres dans leur spécificité et leurs différences, qui sont aussi une richesse pour l’humanité. Les disciples de Jésus ne s’astreignent pas à laver les mains comme les pharisiens le font par attachement aux traditions humaines. Pour Jésus, la question essentielle ne doit pas être comment faire pour plaire aux hommes, mais plutôt comment faire pour vivre dans l’intimité avec Dieu par la religion du cœur. Par-delà les traditions humaines aux horizons étroits, Jésus nous projette sur le grand boulevard de la culture de l’amour, mettant à nu l’hypocrisie et le m’as-tu vu dont l’homme est si coutumier.

La loi de l’amour

Saint Jacques, dans la deuxième lecture, nous exhorte à donner chair et os à la pratique de la religion, qui ne doit pas être un ensemble de connaissances théoriques sur lesquelles on se chamaille, mais la recherche d’une vie sans souillure qui nous mette en contact avec les marginaux de la société et les nécessiteux. Le Psaume 14 dépeint l’homme promis pour le royaume des cieux : c’est celui qui se conduit parfaitement et agit avec justice ; qui dit la vérité selon son cœur ; qui met un frein à sa langue ; qui ne fait pas du tort à son frère ; n’outrage pas son prochain ; ne reprend pas sa parole ; prête son argent sans intérêt ; n’accepte rien qui nuise à l’innocent. Ces paroles du Psaume ont été clairement thématisées sur les lèvres de Jésus qui nous dit que c’est ce qui vient de l’intérieur de l’homme, qui le souille : inconduites, vols, meurtres, adultères, cupidités, méchancetés, fraude, débauche, envie. On comprend que Jésus, à la suite de ce psaume aussi, prend le rapport avec l’homme comme la seule mesure qui permet d’apprécier la bonne conception qu’a quelqu’un de la religion. Un homme de foi authentique, c’est celui qui s’occupe de faire de son cœur un océan d’amour qui inonde les autres.

Dans ma vie

Mon rapport avec Dieu est-il vraiment intime, ou s’embarrasse-t-il encore des farces externes pour attirer l’attention des hommes ?

À méditer

Un homme de foi authentique, c’est celui qui s’occupe de faire de son cœur un océan d’amour qui inonde les autres.

Père Antoine TIDJANI, BIBLISTE

Related Posts