Comprendre la Parole

L’Assomption de la Vierge Marie

20e dimanche du temps ordinaire-B

Solennité de l’Assomption

La solennité que nous célébrons aujourd’hui a été définie comme un dogme de foi par le Pape Pie XII en 1950 : « L’Assomption est le privilège en vertu duquel l’Immaculée Mère de Dieu a été glorifiée à la fin de sa vie terrestre, dans son âme et dans son corps, sans attendre la résurrection finale ». La première lecture nous livre une image splendide de la Vierge Marie. Elle n’est pas une déesse, mais une créature privilégiée qui, couronnée de douze étoiles, chiffre des tribus d’Israël et des apôtres, reflète à double titre l’image du peuple d’Israël fidèle, dont naîtra le Messie, et l’image de l’Église fondée sur les douze apôtres qui chaque jour enfante avec le Christ sur la croix chacun de nous qui «achevons en notre chair souffrante ce qui manque à la Passion du Christ pour son Corps qui est l’Église » (Col 1, 24). Le Dragon est le symbole de Satan et du mal par excellence. Le symbole du persécuteur. Dans le langage du livre de l’Apocalypse de l’époque, il fait référence à la persécution que Domitien perpétrait contre les chrétiens. À chaque époque, et de tout temps, le Démon, ce serpent antique qui a fourvoyé Adam et Ève, s’incarne dans un homme qui mène la vie dure aux autres. Sa figure existe aussi à une échelle plus réduite, en miniature mais très vive dans les familles, dans les services, dans les groupes ou associations, dans les communautés. Cette figure personnalisée ici et là est destructrice, elle est à l’affût pour attaquer l’innocent, étouffer la vie et semer la mort. Elle est toujours assoiffée de pouvoir, s’impose avec force à tout le monde et fait de grandes démonstrations de puissance. Devant son projet destructeur, Dieu déploie en Marie, son grand projet de la Vie qu’il donne aux Hommes.

Marie porteuse de la Vie : la première des sauvés

Que Marie soit assumée dans son corps et dans son âme, qu’elle soit élevée au ciel sans connaître la corruption du tombeau, tient d’une logique aussi limpide que l’eau de roche. Si comme Saint Paul le dit dans la deuxième lecture, la mort est venue par le premier Adam, et que la vie est venue par le Christ le second Adam, Marie la nouvelle Ève qui a porté en son sein la Vie et qui a fait corps avec elle, ne peut plus se corrompre à l’heure de sa mort corporelle. Elle a entièrement donné son corps à Dieu comme un sanctuaire révélant à toutes les générations la vraie vocation du corps qui est fait pour être la demeure de Dieu, et pour être pour les Hommes la manifestation de la charité à travers le service. La profondeur de la solennité de l’Assomption se trouve dans la grande révélation que le corps  et l’âme sont intimement unis. L’homme est un « corps spirituel », un « esprit incarné ». Il n’est donc pas question pour le croyant de faire du corps le lieu de tous les désordres et de tous les péchés en le séparant du destin final de l’âme. Chaque acte que l’être humain pose est à la fois tout entier spirituel et tout entier corporel. Marie donne vie à son milieu d’existence et à sa parente par le service rendu avec empressement, parce qu’elle porte dans son âme la Vie de Dieu. Le vrai spirituel, c’est celui qui a souci de l’âme,  mais soigne autant le corps, le milieu de vie et manifeste un grand sens de responsabilité pour le bien-être intégral des hommes.

Dans ma vie

Mon corps est-il respecté comme un sanctuaire ? Et quel regard je porte sur le corps des autres ?

À méditer

Le vrai spirituel, c’est celui qui a souci de l’âme mais soigne autant le corps, le milieu de vie et manifeste un grand sens de responsabilité pour le bien-être intégral des hommes.

Père Antoine TIDJANI, Bibliste

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