avril 20, 2021
Questions/Réponses

Question : Père, dans le temps de carême, nous sommes invités à résister davantage aux tentations du démon. Je remarque depuis quelques temps un manque de ferveur dans la prière. Comment puis-je surmonter cette crise, concrètement ?

Frédérica GNIMADI, Stagiaire graphiste

Réponse

Ma sœur, depuis le mercredi des Cendres, nous sommes entrés dans le temps de carême. Dans sa Parole, le Christ nous indique trois piliers pour vivre ce moment de grâce : le jeûne, l’aumône et la prière. À propos de ce dernier, tu remarques de plus en plus un manque d’enthousiasme et tu veux des conseils concrets pour surmonter cette crise.

Prier n’est pas inutile

La tentation de ne pas prier procède de ce que l’on ne voit quasiment pas l’importance et la nécessité de prier. On se demande dès lors si Dieu nous écoute ou bien s’il ne nous abandonne pas à notre sort. Le texte évangélique du mercredi des cendres qui nous invite à la prière et la pratique du Christ qui va apprendre à prier à ses disciples, nous rassurent de l’utilité de la prière. Pour vaincre donc la paresse à prier, il faut se convaincre de sa nécessité pour la vie du chrétien. La prière en effet nourrit notre relation filiale à Dieu et nous permet de nous tenir au secret de Dieu qui désire lui aussi habiter au creuset de notre vie. Dieu voit ta prière secrète, il te le revaudra.

S’éduquer à la prière

La prière est importante certes, mais personne n’est né avec la grâce infuse de la prière. Elle nécessite encore l’éducation de la volonté. Elle consiste précisément à cultiver en soi le désir de prier, à creuser dans notre vie la soif de la prière. Pouvoir prier et vaincre la torpeur spirituelle commencent par la volonté de prier. Il se pourrait bien que l’enjeu de la tiédeur à prier se trouve là. Les écoles de prière qui s’organisent dans nos diocèses au bénéfice de toutes les couches sociales sont une opportunité à saisir. À travers celles-ci, les chrétiens sont pédagogiquement initiés à la vie de prière et à ses déserts. Ils acquièrent des ressources propres pour non seulement donner un contenu consistant à leur prière les libérant du coup des prières à la sauvette mais aussi pour déceler les multiples astuces du tentateur et les surmonter.

Réserver le meilleur moment de la journée à la prière

Les écoles de prière traitent aussi des temps de prière. Il arrive que la paresse à prier dépende aussi souvent du choix des heures de prière. Par exemple, choisir de prier après une bombance gastronomique ou après une journée de dur labeur ne vont pas de soi. Les heures de prière doivent être retenues en fonction de nos moments de performance. Il faut vraiment éviter de réserver les heures perdues de la journée à la prière. Au contraire, il faut lui consacrer la meilleure partie de la journée : le matin à l’aurore ou à l’aube est idéal. Cela n’empêche nullement que nous ayons toute la journée durant un cœur à cœur avec le Seigneur, quel que soit le lieu où l’on se trouve et le temps qu’il fait.

Ma sœur, rester fidèle à la vie de prière nécessite tout à la fois une prise de conscience de l’importance de la prière pour ta vie chrétienne, une éducation à la prière, un réaménagement de ton emploi du temps et du cadre de prière.  .

Père Jean OUSSOU-KICHO, Directeur du Complexe scolaire catholique de Bassila

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