avril 20, 2021
Editorial

Cultiver la bienveillance

(Nouvelle publication)

 « Nous pouvons offrir le pardon que nous avons nous-mêmes reçu, en vivant un dialogue bienveillant et en adoptant un comportement qui réconforte ceux qui sont blessés. Le pardon de Dieu permet de vivre une Pâque de fraternité aussi à travers nos paroles et nos gestes », indique le Pape François dans son message pour le Carême qui commence le mercredi 17 février prochain. Le Souverain Pontife y montre l’importance de la bienveillance, une vertu qui nous oriente véritablement vers le bien d’autrui.

Vouloir du bien à l’autre n’est pas naturel, surtout quand la violence et la peur habitent nos relations, et que la méfiance et la jalousie font partie de nos vies. Or, la bienveillance est une dimension efficace de la bonté qui doit se déployer dans toutes les fibres de notre existence. C’est pourquoi le Seigneur nous donne ce conseil très pratique : « Mets-toi vite d’accord avec ton adversaire ». Plus précisément : deviens « bien-veillant » (du grec eu-noôn), « pense de façon bonne et attentionnée » (cf. Mt 5, 20-26). Il nous faut davantage méditer ce conseil, en particulier en ce temps de Carême où nous sommes appelés à construire, à vivre et à partager une charité en acte.

Il suffirait si souvent que nous arrêtions le cours malveillant de nos pensées, de la colère et de la rancœur qui s’enflent en nous jusqu’au mépris du prochain ; il suffirait de prendre le temps de la bienveillance, d’une pensée accordée à la bonté de Dieu pour chacun. Et les conflits, qui si souvent nous abîment, n’auraient plus lieu d’être.

Deux millénaires et demi auparavant, le Sage chinois Lao Tseu soulignait déjà la force salutaire et féconde de la bienveillance, apte à « arrêter le mal avant qu’il n’existe, calmer le désordre avant qu’il n’éclate ». Un enseignement à prendre au sérieux en cette période pré-électorale pour notre pays, et en ce temps de Carême pour l’Église.

Vite, il reste quarante jours pour expérimenter la fécondité de la bienveillance et l’inscrire au cœur de notre existence concrète chaque jour. Une grâce à demander humblement dans la prière.

Serge Bidouzo

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