avril 20, 2021
Editorial

Le défi de l’auto-prise en charge

Il est impérieux pour l’Église qui est en Afrique de se prendre en charge si elle veut assurer son avenir et remplir sa mission, avec le dynamisme et l’organisation que requiert le monde d’aujourd’hui. D’ailleurs, le 3 décembre 2020, le Cardinal Luis Antonio Tagle, préfet de la Congrégation pour l’évangélisation des peuples, dans une lettre adressée aux évêques des territoires de mission, leur a demandé d’envisager de renoncer aux subsides qui leur sont dédiés annuellement.

Il faut alors s’interroger face à cette situation : pourquoi après 160 ans d’évangélisation, le fonctionnement de nos diocèses dépend encore largement des subsides de Rome ? L’explication, hélas, n’est pas compliquée. Nous nous plaisons dans une mentalité d’assistés, convaincus que nous ne pouvons rien sans les aides extérieures. Or, nous sommes bien capables de produire les ressources nécessaires à notre développement et à la bonne marche de nos diocèses et de nos pays. C’est pourquoi, il urge de rompre avec une certaine rhétorique médiatiquement construite qui s’apitoie sur la pauvreté en Afrique. Certes, il y a de la misère ; mais il y a aussi des ressources. Les principales causes du sous-développement sont surtout la mauvaise gestion et le manque d’initiative pour créer les richesses.

La demande du Cardinal Tagle est sans doute une bonne nouvelle ; elle doit nous inciter à nous réorganiser. Il s’agit de penser la prise en charge des besoins pastoraux de chaque diocèse. La mise en œuvre des Plans stratégiques d’action pastorale est déjà un pas important. Mais, il faut en faire de véritables outils qui planifient la gestion des ressources et revitalisent les structures diocésaines. À cet effet, il faudra identifier les structures qui ont le potentiel pour que l’investissement soit réellement rentable.

La crise du Coronavirus a révélé les limites d’une trésorerie qui ne compte que sur les quêtes des paroisses.  Ainsi, l’auto-prise en charge exige la créativité afin de multiplier les initiatives pour financer nos propres activités. Cela nécessite aussi une gestion participative et coresponsable des biens de l’Église.

Parvenir à une autonomie financière pour le fonctionnement des diocèses est une priorité et un défi pour toute l’Église qui est en Afrique. Bien sûr, il n’est pas interdit de se faire aider, mais cela devrait être un complément aux efforts internes.

Serge Bidouzo

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