février 24, 2021
Comprendre la Parole

L’appel de Dieu

2e dimanche du Temps Ordinaire Année B

Le beau temps de Noël  s’est  conclu le dimanche  passé avec le baptême du Seigneur qui nous rappelle notre propre baptême. Les textes du jour sont convergents et la ligne de sens est claire. L’initiative de l’appel vient de Dieu. Il donne forme à cet appel qu’il nous adresse en se servant des autres. Les témoignages des autres sur la manière dont Dieu nous parle ou sur son identité sont très importants  pour  que  nous Le suivions. Et Saint Paul dans la deuxième lecture est là pour nous éclairer sur la manière dont nous devons Le suivre.

Voici l’Agneau de Dieu

Le texte de l’évangile commence par nommer Jean-Baptiste qui se trouvait avec ses deux disciples. Pour un maître en Israël, les disciples  sont  très  importants. Mais Jean-Baptiste n’a pas hésité à donner la vraie identité de Jésus au risque de perdre en sa faveur ses deux disciples. En fait il a découvert sa vraie vocation : c’est de présenter Jésus et d’orienter les autres vers Lui. C’est dans ce sens qu’il dira plus loin au sujet de Jésus : « Il faut que luicroisse, et que moije diminue» (Jn 3, 30). Le plus grand obstacle à l’épanouissement d’une vocation, c’est de tenir à des intérêts sensibles au point d’oublier le vrai sens de l’appel reçu qui en fait, mobilise toute notre personne, corps et âme à la suite du Christ. Tout s’embrouille dans ce cas et l’on devient stérile dans le champ de Dieu car on ne rassemble plus autour du Seigneur et pour Lui, mais pour soi. La deuxième lecture dans ce sens aborde  une  thématique : la vocation du corps fait pour le Seigneur. Nous en faisons bien souvent une idole que nous gavons de tous les plaisirs en le détournant de Dieu auquel il appartient exclusivement. Dans la dynamique de la dépossession de soi en vue de tout donner à Jésus comme Jean-Baptiste  nous en laisse l’exemple, Saint Paul précise que la vocation du corps d’un baptisé, c’est de vivre pleinement l’alliance avec le Seigneur. Il nous pose des questions-réponses que l’homme d’aujourd’hui enivré par ses tendances charnelles ne voudra jamais entendre : Ne savez-vous pas que vos corps sont des membres du Christ ? Celui qui s’unit au Seigneur n’est plus qu’un seul esprit avec lui. Fuyez l’impureté…l’impureté  est  un péché contre le corps lui-même. Ne le savez-vous pas ? Votre corps est le Temple de l’Esprit Saint qui est en vous, et que vous avez reçu de Dieu ; vous ne vous appartenez plus à vous-mêmes (1 Co 6,17-19). C’est ici que toute la dimension sacrificielle de l’expression ‘‘agneau de Dieu’’ utilisée par Jean pour désigner Jésus vaut pour toute vocation. Pour vivre pleinement  l’appel que le Seigneur nous a adressé, il nous faut nous arracher à l’empire de la chair, nous immoler comme le Christ qui s’est sacrifié pour répondre à sa mission du salut des hommes. Le sacrifice de l’agneau fait partie de la vie religieuse des juifs. Au Temple de Jérusalem, chaque matin et chaque soir, un agneau était sacrifié dans le Temple, pour les péchés du peuple (Ex 29,38-42).Ces sacrifices quotidiens, comme tous les autres, étaient des préfigurations du sacrifice parfait de Christ sur la croix. En fait, Jésus est mort sur la croix à l’heure de l’offrande du soir, dans le Temple. Les Juifs de l’époque de Jean Baptiste étaient familiers des prophètes de l’Ancien Testament comme Jérémie et Isaïe, qui avaient prédit la venue de Celui qui serait « comme un agneau […] qu’on conduit à l’abattoir. »  (Jr 11, 19 ; Is 53,7) et dont les souffrances et le sacrifice marqueraient la rédemption d’Israël. En entendant: « Voici l’Agneau de Dieu qui enlève le péché du monde », les disciples de Jean Baptiste qui se détachent de lui pour celui-ci, savent qu’ils ne vont pas à un dîner de gala. Les premiers mots de leur nouveau maître le laissent supposer à demi-mot : «venez et vous verrez». Il dira un jour « Les renards ont des tanières, et les oiseaux du ciel ont des nids; mais le Fils de l’homme n’a pas où reposer sa tête.» (Mt 8, 20).

Dans ma vie

Tout appel reçu engage le corps, l’esprit et l’âme. Le sacrifice à la suite du Christ lui est d’autant plus agréable que l’offrande de soi est totale et l’immolation sans réserve.

À méditer

Ne savez-vous pas que vos corps sont des membres du Christ ? Celui qui s’unit au Seigneur n’est plus qu’un seul esprit avec lui. Fuyez l’impureté…l’impureté est un péché contre le corps lui-même. Ne le savez-vous pas ? Votre corps est le Temple de l’Esprit Saint qui est en vous, et que vous avez reçu de Dieu ; vous ne vous appartenez plus à vous-mêmes (1 Co 6,17-19).

(1 S 3, 3b-10.19 ; 1 Co 6,13b-15a.17-20 ; Jn 1, 35-42)

Père ANTOINE TIDJANI

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