janvier 17, 2021
Comprendre la Parole

Enfin l’Esprit Saint

Baptême du Seigneur- Année B

Je ne sais si tout le monde fait le même constat que moi. Tout porte à croire que parmi les trois personnes divines de la Très Sainte Trinité, l’Esprit Saint fait souvent pâle figure sur les lèvres. Il n’est tiré de sa cachette que par les mouvements charismatiques qui le célèbrent et l’invoquent dans leur assemblée de prière. Aujourd’hui, Jean-Baptiste présente l’identité de Jésus en marquant sa supériorité qui tient surtout à l’Esprit qu’il a et qui le fait agir. « Voici venir derrière moi celui qui est plus puissant que moi. Je ne suis pas digne de me courber à ses pieds pour défaire la courroie de ses sandales. Moi, je vous ai baptisés dans l’eau, lui vous baptisera dans l’Esprit Saint ». L’expression grecque traduit : « Lui, vous baptisera d’Esprit Saint ». On comprend que Jésus a l’Esprit Saint, c’est pourquoi, en son Nom, le croyant peut être baptisé d’Esprit Saint. Le croyant ainsi baptisé fait inséparablement corps avec l’Esprit Saint. Marqué pour ainsi dire comme au feu rouge par l’Esprit, le baptisé mesure-t-il bien ce que Jean-Baptiste a dit de Jésus à cause de l’Esprit qu’il a ? En laissant notre imagination s’activer autour du geste du baptême qui est l’immersion dans l’eau, on perçoit notre baptême d’Esprit Saint comme une puissance, un souffle (esprit en grec) qui nous remplit à la manière de l’eau qui remplit un creux avec puissance dégageant du coup toutes les saletés qui s’y trouvent retenues. Le mot « souffle » exprime la vie mais aussi dans un contexte de course ou de combat, la force qui permet de soutenir l’endurance jusqu’au bout. La vie en soi est déjà merveilleuse. Et si cette vie est celle-même de Dieu qui nous est donnée ? C’est incroyable mais vrai ! Par l’Esprit reçu au baptême, nous avons reçu en nous le souffle, la vie de Dieu ; nous sommes mis à parité avec Jésus, Fils de Dieu. Jean-Baptiste, nous le savons, n’a pas eu le privilège que nous avons reçu au baptême et c’est ce grand privilège que le baptême de Jésus nous fait voir : la descente de l’Esprit sur le baptisé. Mais d’où lui vient cette force et ce témoignage de vie au service de Jésus ? Cela nous interpelle, nous baptisés. Notre vie de foi serait-elle moins riche que celle de Jean-Baptiste qui n’est pas aussi privilégié que nous qui avons été baptisés de l’Esprit ? Mgr Roger Houngbédji, Archevêque de Cotonou (Bénin), dans sa dernière lettre pastorale intitulée Sous la conduite de l’Esprit Saint, éclaire cette inquiétude en situant notre responsabilité personnelle : notre engagement sans fard et notre zèle pastoral dont sont tributaires le présent et l’avenir de l’Église « ne peuvent être efficients si nous ne nous laissons réellement animer par l’Esprit Saint qui engage toujours sur des chemins nouveaux ». C’est le lieu d’apprendre à connaître l’Esprit qui nous anime en allant à la découverte de l’Esprit qui agit en Jésus qui nous l’a transmis.

L’Esprit qui descend sur Jésus au baptême

Les prophètes, notamment Isaïe, en annonçant le Messie ont abondamment décrit l’Esprit qui permet de l’identifier : « Un rameau sortira de la souche de Jessé, un rejeton naîtra de ses racines. L’Esprit de l’Éternel reposera sur lui : Esprit de sagesse et d’intelligence, Esprit de conseil et de force, Esprit de connaissance et de crainte de l’Éternel. Il respirera la crainte de l’Éternel ; Il ne jugera point sur l’apparence, Il ne prononcera point sur un ouï-dire » (Is 11,1-3). « Voici mon serviteur, que je soutiendrai, Mon élu, en qui mon âme prend plaisir. J’ai mis mon esprit sur lui ; Il annoncera la justice aux nations » (Is 42, 1). « L’esprit du Seigneur, l’Éternel, est sur moi, car l’Éternel m’a oint pour porter de bonnes nouvelles aux malheureux ; Il m’a envoyé pour guérir ceux qui ont le cœur brisé, pour proclamer aux captifs la liberté, et aux prisonniers la délivrance ; pour publier une année de grâce de l’Éternel » (Is 61,1-2a).

Dans ma vie

Les grandes manifestations de l’Esprit décrites par Isaïe et visibles en Jésus sont-elles remarquables dans ma vie ? Sinon qu’a-t-il pu appauvrir dans ma vie de baptisé et éteindre en moi l’Esprit ?

À méditer

Notre engagement sans fard et notre zèle pastoral dont sont tributaires le présent et l’avenir de l’Église « ne peuvent être efficients si nous ne nous laissons réellement animer par l’Esprit Saint qui engage toujours sur des chemins nouveaux » (Mgr Roger Houngbédji).

(Is 55, 1-11 ; 1 Jn 5, 1-9 ; Mc 1, 7-11)

Père Antoine Tidjani, Bibliste

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