Questions/Réponses

Question : Cher père, comme Marie, comment puis-je donner la possibilité à Dieu d’agir dans ma vie même quand il change radicalement mes projets d’avenir ? Faut-il une grâce particulière ?

Frédéruca GNIMADI, Stagiaire graphiste

Réponse

Ma sœur, tu poses une question profonde ce dernier dimanche de l’Avent B. Après l’écoute de ce passage évangélique où Marie passe un coup de chiffon sur son projet pour embrasser celui de Dieu pour elle, tu es naturellement portée à vouloir l’imiter. Tu te demandes alors s’il ne faut pas une grâce spéciale pour donner à Dieu la possibilité d’agir dans ta vie au point d’en changer radicalement le cours.

Chaque homme est un projet de Dieu

Les textes nous révèlent, dans leurs variantes, que chaque homme est un projet de Dieu. Personne ne vient au monde au hasard, inutilement, sans que Dieu n’ait un projet spécial sur lui. C’est si vrai que la première lecture et l’évangile nous révèlent le plan de Dieu sur David et sa dynastie, sur son fils Salomon, sur la Vierge Marie, Saint Joseph, etc. Pour cette raison, la première préoccupation de l’homme, dans l’élaboration de nos plans de vie, est de rechercher le dessein de Dieu  sur notre existence. Pour quelle mission Dieu m’a-t-il envoyé dans ce monde ? En quoi ma présence ici et maintenant permet-elle à Dieu d’atteindre son objectif sur le présent et l’avenir du monde ? Ces lectures nous donnent donc l’occasion d’y réfléchir sérieusement.

La grâce est « l’obéissance de la foi »

Dans la deuxième lecture, Saint Paul parle de la révélation du mystère de la Bonne Nouvelle du salut en Jésus-Christ, une révélation dont la finalité est d’amener toutes les nations à « l’obéissance de la foi ». Cette expression doit sonner fortement dans nos esprits, car elle est centrale dans les textes. L’obéissance de la foi est la résultante d’une totale confiance en Dieu qui ne peut que vouloir le meilleur pour l’homme. Dans cette logique, nous n’avons pas besoin d’une grâce  particulière  pour  abandonner  nos  projets et épouser ceux de Dieu. La grâce est l’obéissance qui  se  rend visible par l’humilité et la disponibilité. La deuxième lecture est donc une interprétation théologique de la première lecture et de l’évangile : c’est l’obéissance de la foi qui permet à David et à Marie d’abandonner leur projet pour accepter le plan de Dieu sur la vie. Nul n’a donc besoin d’une grâce particulière si ce n’est celle de l’obéissance totale à Dieu.

Dieu prend nos projets personnels au sérieux

Un prolongement de la méditation nous fait entrevoir qu’en réalité, Dieu prend les moyens de réaliser nos projets personnels si nous acceptons au préalable les siens. Les différentes figures des textes du jour nous le font appréhender. Le roi David voulait construire une maison splendide pour Dieu, Dieu lui révèle que son vœu sera réalisé par son fils Salomon. Marie voulait se marier à Joseph. Elle sera mère de Jésus, épouse de Joseph. Saint Paul brûlait d’une ardeur jalouse pour le Dieu de ses pères, il mettra cette ardeur jalouse au service du Dieu, Père de Jésus-Christ. C’est dire que Dieu ne nous détourne pas radicalement de nos projets. Il les porte à leur achèvement en nous associant à son projet à lui. Quel humour de Dieu et quelle bonne nouvelle pour nous !

Ma sœur, l’obéissance inconditionnelle à Dieu suffit pour lui donner la possibilité d’agir dans notre vie, à la manière de Marie. Comme sur cette dernière, Dieu a un projet sur toi, qui rejoindra tes aspirations profondes. Il suffit de faire confiance, comme Marie.

Père Jean OUSSOU-KICHO, Directeur du Complexe scolaire catholique de Bassila

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