février 24, 2021
Comprendre la Parole

Les grandes annonces au seuil de la Nuit de Noël

4e dimanche de l’Avent-B

Nous n’aurons plus un autre dimanche de l’Avent. C’est le dernier et le seul qui précède la nuit de Noël qui verra naître le Fils de Dieu en notre monde. Le roi David plein de gratitude envers Dieu pour la paix et la stabilité que connaît enfin son règne, pense donner à l’arche de Dieu une habitation plus digne. Dieu aime les bonnes dispositions intérieures des hommes sincères. Mais il ne se laisse jamais battre en générosité. L’homme ne peut rien offrir à Dieu. Il gagnerait plutôt à garder présents dans sa mémoire les bienfaits que Dieu a accomplis en sa faveur. Cela suffit pour que Dieu le comble davantage. Le Seigneur assure une maison et une royauté éternelle à David. Il lui fit de grandes promesses et fit de sa lignée une lignée messianique.  Saint Paul rend grâce pour ce mystère longtemps resté  dans le silence et maintenant manifesté. L’élan spirituel profond qu’impriment les deux premiers textes à notre attitude, c’est donc une profonde action de grâce pour le don de Jésus-Christ à l’humanité.

L’annonce de la naissance de Jésus

Le récit que présente Luc se tisse sur un fond de nombreux contrastes. Le premier, c’est la majesté de l’ange Gabriel, la force de Dieu, envoyé solennellement au cœur de la faiblesse d’une bourgade insignifiante : Nazareth. Elle n’a qu’une vingtaine de maisons et quelques 150 habitants. On ne peut jamais s’attendre à ce que vienne de là quelque chose de bon (Jn 1, 46). Les yeux de Dieu ont su discerner dans cette bourgade la plus insignifiante une fille déjà promise en mariage à un jeune homme de la maison de David : Joseph. Si par sa pauvreté et sa simplicité, Marie est insignifiante, par sa prestance morale et spirituelle, elle porte très bien son nom, qui signifie : « Noble dame (Myriam) ». Dieu aime sans doute la noblesse, mais son choix sur les hommes ignore tout mérite personnel. Il choisit par pure gratuité et par miséricorde. C’est pourquoi l’ange salue Marie non plus par  son  nom  mais  par  le  nom que Dieu lui donne désormais : « Comblée-de-grâce ». Ce qui signifie que c’est Dieu qui lui accorde ses faveurs sans aucun mérite de sa part. Marie n’a pas caché son bouleversement. La  Bible a  souvent  noté  l’émerveillement  et la surprise de ceux que le Seigneur choisit pour de grandes missions, et c’est Lui-même qui les rassure : « Ne crains pas, je suis avec toi » (Gn 15, 1 ; Ex 4, 12 ; Jg 6, 12.17). On ne va pas au Seigneur sûr de ses capacités et fier de ses moyens humains. « Ce n’est pas dans la vigueur du cheval qu’il se complait, ce n’est pas dans les jambes de l’homme qu’il met son plaisir ; L’éternel aime ceux qui le craignent, ceux qui espèrent en sa bonté.…» (Ps 147, 10-11). Celui qui ne met pas sa confiance en lui-même mais en Dieu, fait de sa part l’objet d’une grâce qui dépasse son propre entendement. Tout lecteur remarquera sans peine la naïveté de Marie devant les grands événements que l’ange Gabriel lui annonce : « comment cela va-t-il se faire puisque je suis vierge ? » (Lc 1, 34). La réponse de l’ange projette Marie dans un espace inattendu, puisqu’elle devient la demeure sacrée même de Dieu : « l’Esprit Saint viendra sur toi et la puissance du Très-Haut te prendra sous son ombre » (Lc 1, 35). Elle se voit envahie par la présence de Dieu (shekinah). Elle est désormais la maison du Seigneur et elle peut évoquer l’épisode de l’inauguration du Temple par Salomon en s’appropriant ce qui s’était passé : «  la nuée emplit la Maison du Seigneur » (1 R 8, 10). Du haut de ce sommet où la grâce l’a portée, elle réagit comme la nouvelle Ève, celle qui contrairement  à  la  première, montre une obéissance sans égale : « Voici  la  servante  du  Seigneur ; que tout se passe pour moi selon ta Parole » (Lc 1, 38).

Dans ma vie

L’homme se recommande de mille manières pour se positionner. Mais ceux que discernent les yeux de Dieu pour les hisser, sont ceux qui comme Marie ne comptent que sur Dieu.

À méditer

« Voici la servante du Seigneur ; que tout se passe pour moi selon ta Parole » (Lc 1, 38).

(2 S 7, 1-5.8b-12.14a.16 ; Rm16, 25-27 ; Lc 1, 26-38)

Père Antoine Tidjani, Bibliste

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