avril 20, 2021
Editorial

Oxygène démocratique

La Conférence nationale des forces vives du Bénin est notre grand récit libérateur. En février 1990, notre pays est entré dans une ère de Renouveau démocratique. Il s’est doté quelques mois après, le 11 décembre 1990, d’une nouvelle Constitution qui instaure la VIe République. Elle a consacré une démocratie pluraliste, un État de droit et un mécanisme de protection des droits et libertés.

Après trente ans, que reste-t-il concrètement de l’édifice démocratique fondé par la Constitution de 1990, surtout après sa révision le 7 novembre 2019, à l’unanimité des députés de la huitième législature ? Cette révision controversée a contribué à fragiliser un peu plus la cohésion sociale déjà embrouillée par une crise politique inédite issue des législatives d’avril 2019. À cet égard, la prochaine échéance électorale cristallise toutes les inquiétudes. Que nous réserve-t-elle, avec le principe de parrainage introduit dans la Constitution pour l’élection du président de la République ? 

Or, nous le savons, les progrès de notre pays dépendent aussi de ceux de la démocratie. Nos compatriotes aspirent à plus d’oxygène démocratique, à une vie politique qui soit le cadre et le creuset de la liberté d’expression, du pluralisme des médias, de l’indépendance de la justice, du respect de la dignité de la personne humaine.

Ceux qui ont tenu bon au début des années 1990, en ces temps de ruine économique et morale ont scellé, au-delà de leur horizon premier, un grand pacte civique pour notre pays. À leur suite, héritiers de droits et de devoirs, cultivons en profondeur le champ de la démocratie pour que le Bénin se construise dans le dialogue, le consensus et la paix.

Serge Bidouzo

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