février 24, 2021
Comprendre la Parole

Dieu nous invite tous aux noces de son fils

28e dimanche du temps ordinaire-A

Les textes du jour stimulent l’appétit. C’est un festin géant que le Dieu de l’univers va préparer pour tous les peuples. Le menu proposé est alléchant : viandes grasses et vins capiteux, viandes succulentes et vins décantés. Et cela pour tous les peuples de la terre ! L’imagination s’active et se représente le nombre incalculable des tables apprêtées de même que le décor de l’immense salle de la fête. Oh générosité sans nom d’un Dieu, ami de tous les hommes et de tous les peuples ! Ce Dieu qui veut les hommes avec lui, mais des hommes profondément heureux à qui rien ne manque. Les habitués de l’événementiel retrouvent dans ces descriptions un festin de classe, un banquet pour Vip, Very important personalities. C’est ainsi que Dieu nous voit. Il nous voit comme des gens de classe, promis pour la fête devant lui et qui ne doivent pas se corrompre dans des situations avilissantes, celles d’une vie de péché, celles qui mettent à nu, rabaissent et empêchent l’homme de marcher la tête haute, le cœur et la conscience libres. Dieu ne veut aucune situation dégradante et attristante pour l’homme. Ses promesses ont été claires : Il enlèvera le voile de deuil qui enveloppait tous les peuples et le linceul qui couvrait toutes les nations. Il détruira la mort pour toujours. Le Seigneur essuiera les larmes sur tous les visages, et par toute la terre il effacera l’humiliation de son peuple. Saint Paul dans la deuxième lecture parle de la précarité de sa propre vie matérielle : il lui arrive d’être rassasié et il lui arrive d’avoir faim. Il nous fait ainsi penser à tous ceux qui sur la terre n’ont pas toujours le pain quotidien assuré. La noblesse de cœur de ce Dieu qui nous invite à un banquet géant et qui ne veut qu’aucune créature soit triste pour une raison ou pour une autre, doit nous inspirer à faire de la terre un rendez-vous de banquet où les plus riches suppléent au manque des plus pauvres. Ce faisant, notre cheminement sur terre deviendra une antichambre qui s’ouvrira à coup sûr sur la chambre de la célébration des noces éternelles.

Les noces du fils de Dieu

Nous n’avons pas fini de nous émerveiller. Nous n’y pensons pas souvent : les vraies noces ont déjà commencé sur terre. Et comment ? Dieu en prenant chair de la Vierge Marie, a épousé notre humanité. Par Jésus, Fils de Dieu fait homme, nous pouvons dire que nous sommes la chair de la Chair de Dieu et l’os de son Os. Mais pour chacun, cela devient réel le jour du baptême où l’on se revêt du Christ comme d’un vêtement. En fait, le chrétien baptisé est celui qui dans la joie, vit ses noces avec le Christ en chantant : « Je tressaille de joie dans le Seigneur, mon âme exulte en mon Dieu. Car il m’a enveloppé du manteau d’innocence, il m’a fait revêtir les vêtements du salut, comme un jeune époux se pare du diadème, comme une mariée met ses bijoux (Is 61, 10).Notre alliance avec le Seigneur commence véritablement le jour de notre baptême où nous entrons dans une nouvelle vie avec Dieu pour lui appartenir pour toujours. La mort équivaut à la rupture de cette alliance à travers la prostitution spirituelle par laquelle on va souiller ses vêtements à travers des cultes rendus à d’autres divinités, ou à travers une vie qui ignore les commandements et la volonté de Dieu auxquels on s’est solennellement engagé. N’oublions pas que chaque célébration eucharistique est un avant-goût des noces du Fils de Dieu où les serviteurs de Dieu apprêtent aux fidèles la table du pain et du vin eucharistiques et celle des Saintes Écritures. On ne peut se présenter à ces tables sans d’abord se dépouiller du vieil homme. Se nourrir quotidiennement à ces tables sacrées et garder le vêtement souillé d’une vie idolâtrique remplie des divinités, de nous-mêmes et de la corruption, c’est se condamner le jour du Jugement à être jeté dehors par le Roi de gloire.

Dans ma vie

En pensant à l’Incarnation du Fils de Dieu, m’arrive-t-il d’être convaincu que le corps de chaque baptisé est le signe visible de son alliance avec le Christ qui s’est revêtu de notre chair ?

À méditer

La noblesse de cœur de ce Dieu qui nous invite à un banquet géant et qui ne veut qu’aucune créature soit triste pour une raison ou pour une autre, doit nous inspirer à faire de la terre un rendez-vous de banquet où les plus riches suppléent au manque des plus pauvres.

(Is 25, 6-9 ; Ph 4, 12-14. 19-20 ; Mt 22, 1-14)

Père Antoine TIDJANI, BIBLISTE

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