octobre 25, 2020
Questions/Réponses

Question : Dans l’Evangile de ce dimanche, Dieu rétribue au-delà des mérites de chacun. Or, il m’arrive souvent de me comparer aux autres, à ce qu’ils ont de plus que moi et cela me rend triste. Dans quelle disposition d’esprit dois-je me mettre pour éviter de maugréer contre Dieu quand tout va bien pour les autres ?

Maxime LOKOSSA, Brocheur

Réponse

Mon frère, pour une troisième fois de suite, Jésus bouscule nos conceptions humaines sur Dieu. En effet, ce 25e dimanche ordinaire A, Dieu, sous la figure du maître de domaine, semble rétribuer certains au-delà de leurs mérites. Nous le voyons d’un mauvais œil jusqu’à en être attristés, surtout quand nous nous comparons à eux. Dans ce contexte, que faire pour ne pas maugréer contre Dieu quand tout va bien pour les autres ?

Modifier notre idée de Dieu

Isaïe invite l’homme pervers à la conversion ; et pour cause : les pensées et les chemins de Dieu sont bien différents des nôtres. Cette conversion est d’abord mentale avant d’être comportementale. En effet, nos mauvaises pensées sur Dieu proviennent de l’ignorance de son « mode de fonctionnement ». Comme nous le constatons depuis trois dimanches déjà, nos catégories humaines d’appréciation et de jugement ne sont pas celles de Dieu. Dans les textes de ce jour, il se révèle riche en pardon (1re lecture) et fécond en charité (Évangile). Jésus va jusqu’à le présenter comme celui qui fait de la charité sa manière d’accomplir toute justice. Il faut bien le connaître sous cet angle pour guérir définitivement du regard soupçonneux qu’on peut poser sur lui.

Transformer notre manière de regarder

Notre juste connaissance de Dieu peut inverser notre regard. À la conversion de la pensée sur Dieu correspond, comme sa conséquence, la transformation du regard sur le frère pourvu de bienfaits. Bien souvent, nous regardons les autres et même Dieu à partir de nous-mêmes. Si seulement nous nous regardions avec justesse ! Malheureusement, nous avons un regard faussé sur notre personne au point d’être aveugle sur la merveille que nous sommes pour les autres. C’est justement parce que nous nous regardons mal que le riche envie le pauvre, le pauvre le riche, le Blanc le Noir et inversement, l’homme la femme et vice versa, les grandes personnes les enfants et réciproquement. L’envie de devenir comme Dieu ou comme l’autre, et la jalousie de ne pouvoir y arriver, sont les premiers péchés bibliques. Tous les autres péchés leur sont corrélatifs. La conversion du regard peut nous libérer de bien de péchés.

Savoir rendre grâce

À aucune étape de la journée de travail, depuis l’embauche jusqu’à la perception, on l’a vu les travailleurs exprimer leur reconnaissance. Pire, ils ont récriminé contre le maître du domaine. Pour guérir des mécontentements, il faut découvrir la merveille que nous sommes, la chance d’avoir la vie et d’être chrétiens et en rendre grâce à Dieu qui nous juge digne de travailler dans sa vigne. Si l’action de grâce devient un style du rapport à Dieu (Tout est motif d’action de grâce, même ce qui n’en a pas l’air) et au prochain (savoir le féliciter pour ce qu’il est et a), notre vie n’en serait qu’épanouie. Nous pourrons alors être en symbiose avec Dieu qui se révèle comme le Dieu prodigue en dons et qui nous convie au don de soi comme des serviteurs quelconques.

Mon frère, si nous arrivons à ajuster notre idée sur Dieu, nous améliorerons notre relation à nos prochains. Ils deviennent pour nous, non plus des causes d’achoppement, mais des passerelles d’action de grâce sans cesse renouvelée.

Père Jean OUSSOU-KICHO, Directeur du Complexe scolaire catholique de Bassila

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