janvier 22, 2022
Editorial

La cause des Innocents

Et si on oubliait, l’espace d’un instant, le Coronavirus et le halo d’incertitudes qu’il fait peser sur notre société ? Pour considérer plus sérieusement le sort de nombreux enfants réduits en esclavage dans les maisons et dans les rues de nos villes et campagnes. Ils sont souvent très jeunes comme Francine, 8 ans, placée et contrainte à des travaux domestiques pesants à longueur de journée. Pire, ils subissent des sévices corporels, dorment dans un hébergement de fortune ou dans la rue. Parfois Ils sont soumis à la mendicité. Et tant d’autres conditions dégradantes encore.

Cette nouvelle forme d’esclavage témoigne d’une conception assez utilitariste des relations humaines où la marchandisation de l’être humain devient un phénomène culturellement accepté. Des réseaux organisés pour le travail domestique, parents, et tuteurs exploitent les enfants à des fins économiques sans jamais se soucier de leur avenir. Ces enfants souffrent le martyr dans le dénuement et la solitude et sont souvent livrés à leur sort.

Bien entendu, la maltraitance des enfants a toujours existé et, peut-on penser, existera toujours. Mais dans un pays comme le nôtre, ce fléau peut avoir des conséquences lourdes pour les familles, en particulier pour les enfants, et se répercuter sur l’ensemble de la société. La misère et la précarité sociale ne peuvent en aucun cas justifier ce phénomène.

Nous sommes tous interpellés face à ce nouvel esclavage moderne alors que nous avons célébré la Journée internationale pour l’abolition de la traite des personnes le dimanche 23 août 2020. Nous devons porter leur cause, en commençant par dénoncer à haute voix ce qu’on leur fait subir. Il faudra ensuite travailler à leur réinsertion sociale, à l’instar du “Foyer Laura Vicuña” des Sœurs Salésiennes de Don Bosco. Ces actions sont nécessaires pour que ces innocents ne soient pas perdus dans l’oubli.

Serge Bidouzo

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