septembre 19, 2020
Questions/Réponses

Question : Comme pour les Apôtres dans l’Evangile, l’équilibre de notre foi est souvent précaire. Pierre en a fait les frais. Comment alors marcher et avancer fermement vers Jésus quand tout semble s’ébranler en nous et autour de nous ?

Comfort SANT’ANNA, Journaliste

Réponse

Ma sœur, ce 19e dimanche ordinaire A, Dieu se révèle à l’homme au milieu de l’agitation des éléments du monde comme le Dieu de la douceur et de la paix. Sur l’ordre de Jésus, Pierre va marcher sur les vagues tumultueuses, mais seulement pendant la moitié d’un temps. La vacillation de sa foi aura raison de lui. Pour ne pas reprendre l’expérience du premier des apôtres, tu veux savoir la manière dont il faut marcher et avancer fermement vers Jésus au moment de l’ébranlement de nos certitudes.

Ne pas céder à la peur

La première attitude que j’indiquerai est l’évacuation de la peur et, avec elle, de tout état d’âme tel que l’angoisse, le désespoir, la tristesse prolongée, susceptible de modifier notre perception de la réalité. Le trouble et l’inquiétude des apôtres, confrontés à la violence des vents contraires et des vagues tapageuses, contrastent fortement avec le calme du prophète Élie qui n’a guère songé à se déplacer au moment du déchaînement des éléments de la Nature. La peur, l’angoisse, le désespoir déforment profondément la réalité en nous et autour de nous. Bien qu’ils aient vu Jésus marcher sur les eaux, fait rare et unique, la peur fait conclure aux Apôtres qu’il s’agit d’un fantôme. On ne peut marcher sereinement vers Jésus si l’on ne prend pas le temps d’intégrer son appel : « N’ayez pas peur, c’est bien moi ».

Regarder Jésus

Pour ne pas céder à la peur, il faut river ses yeux sur le Seigneur. Tant que Pierre se focalisait sur la personne de Jésus, il marchait fermement. Les choses ont pris une autre tournure qui pouvait virer au pire à partir du moment où il a préféré considérer les vagues et la tempête. Ces agitations de la mer, signe de l’ébranlement de ce que nous avons pris du temps à construire, ont pour objectif de nous montrer notre incapacité à les dominer. Elles sèment en nous le doute. On comprend dès lors le reproche que Jésus fait à Pierre : « Homme de peu de foi, pourquoi as-tu douté ? ». Regarder Jésus  n’induit donc pas la négation des multiples contrariétés qui surgissent dans notre vie mais l’affirmation de notre confiance inébranlable en sa capacité à nous donner la grâce de marcher sur elles. Il s’agit ni plus ni moins de le regarder, en sachant que nous marchons dans la foi et non à partir des sens.

Prier le Seigneur

L’évangile de ce jour commence avec la prière de Jésus et finit avec l’adoration des disciples. La prière est ainsi son fil directeur. Il ne faut pas attendre que tout semble mal tourner pour nous, que les ressources pour continuer à avancer nous font défaut, pour nous mettre en prière. La prière nous plonge en Dieu qui nous porte au moment du désarroi. Le cri de Pierre est l’expression de cette prière de personnes en détresse. La prière est le lien qui nous rattache à Dieu et qui nous obtient la grâce suffisante pour chaque moment de notre vie. Celui qui prie trouve un secours qui lui fait surmonter toutes les épreuves de la vie. 

Ma sœur, l’expérience du premier des Apôtres nous donne au moins trois enseignements : évacuer les sentiments de désespoir en nous, avoir une foi totale en Jésus et prier en tout temps. Ainsi, tu pourras marcher et avancer vers Jésus malgré les tourments de ta vie.

Père Jean OUSSOU-KICHO, Directeur du Complexe scolaire catholique de Bassila

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