septembre 19, 2020
Questions/Réponses

Question : « Prenez sur vous mon joug, devenez mes disciples, car je suis doux et humble de cœur et vous trouverez le repos. Oui, mon joug est facile à porter et mon fardeau léger ». Par cette invitation, Jésus nous montre que son joug et son fardeau sont d’une autre nature. Y a-t-il une manière particulière de les porter pour trouver le repos en lui ?

Norbert KOUDANOU, Stagiaire

Réponse

Mon frère, ce 14e dimanche ordinaire A nous donne l’occasion de découvrir la douceur et l’humilité du Roi-Messie qui, loin de s’imposer comme les despotes, propose un joug et un fardeau de nature à favoriser le repos. Comment alors les porter pour trouver ce repos ?

Sortir d’une religion à préceptes et observances

Pour trouver le repos, la première attitude à développer est de corriger une relation à Dieu qui repose exclusivement sur la pratique de l’observance de la loi. Certes, il n’existe pas de religions sans codes de conduite ; pour autant, Dieu n’est pas une morale, ni un ensemble de codes. Quand la relation avec Dieu ne se limite qu’aux rites et aux lois, elle devient pesante et effrayante pour l’homme. Une telle relation repose sur la conception d’un Dieu tyran. Le propre du tyran est de faire peur et d’ôter le repos. Le chrétien qui s’engage dans une telle religion sera très susceptible et inquiet de n’avoir pas satisfait à toutes les obligations de sa foi. On y compte souvent ceux qui s’appuient sur leurs propres capacités pour se faire valoir devant Dieu. Jésus, en s’en prenant aux pharisiens, déplore la religion des rites et préfère celle du cœur. Il faut donc se libérer d’une telle idée.

Se retrouver parmi les « petits »

La prière d’exultation de Jésus n’est pas un détail dans cet évangile. Il se réjouit de ce que les humbles et les petits, contrairement aux puissants et aux capables, découvrent le vrai visage de Dieu comme un Père. En sortant de la religion à obligations où Dieu n’est perçu que comme un maître, il faut entrer dans une relation filiale avec Dieu. Un père en effet n’imposera jamais un joug suicidaire pour ses enfants. Il agit en effet dans leur intérêt. Son caractère principal est la proximité, l’attention, l’aide, la douceur, l’humilité. Jésus, en se présentant comme doux et humble, révèle le vrai visage de Dieu, doux pour l’homme, découvert uniquement quand on se revêt de petitesse et d’humilité. Le « petit », c’est le fragile, qui ne compte que sur Dieu. Finalement, le joug que lui donne le Père est facile à porter car le Père l’accompagne sur le chemin.

Se libérer par la conversion et l’ouverture d’esprit

La péricope évangélique de ce dimanche se trouve enchâssée dans deux mouvements très opposés : l’indifférence et la fermeture à l’appel du Christ à la conversion d’un côté et, de l’autre, le déploiement du ministère de libération de Jésus envers les « petits ». Pour que le joug du Christ devienne repos pour l’homme, il doit sortir d’une certaine résistance au message de Dieu. Plus encore, il doit accepter que le Christ le libère de tous ces jougs de dominations (1re lecture), marques de la chair (2e lecture) pour prendre son joug d’amour et de miséricorde. Ce joug, même si extérieurement il paraît absurde, donne la liberté intérieure, la paix du cœur, la tranquillité dans la vie. Il permet de découvrir le monde autrement, car il procède de celui qui est Autre parce que Amour.

Mon frère, trouver le repos en portant le joug du Christ ne tient qu’à la purification d’une religion de Maître-Esclave pour une religion de Père-Fils, faite d’ouverture de cœur, de conversion et d’Amour. Comporte-toi ainsi, et tu jouiras de la paix intérieure tous les jours de ta vie.

Père Jean OUSSOU-KICHO, Directeur du Complexe scolaire catholique de Bassila

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