juillet 10, 2020
Dossier

CELEBRATION DE LA MESSE CHRISMALE APRES LE CONFINEMENT : Vivre la grâce des sacrements

Selon le rite catholique latin, la messe chrismale a lieu durant la Semaine Sainte. Cette année, elle a été décalée de plusieurs semaines en raison de la suspension des célébrations publiques à cause de la pandémie de Covid-19. Après le déconfinement, les diocèses de Cotonou et de Parakou ont célébré la messe chrismale avec la présence physique des fidèles dans le strict respect des mesures de prévention. Les évêques ont également béni les huiles saintes et consacré le Saint Chrême, signe de l’abondance de la grâce de Dieu.

►  S’unir au Christ par amour

Mgr Pascal N’Koué a présidé la messe chrismale ce vendredi 19 juin 2020, en la Cathédrale Saints Pierre et Paul de Parakou. Il a exhorté prêtres et fidèles laïcs à s’unir au Christ.

Mgr Pascal N’Koué bénit l’huile sainte lors de la messe chrismale à la cathédrale Saints Pierre et Paul de Parakou, le vendredi 19 juin 2020

Vendredi 19 juin 2020, solennité du Sacré-Cœur de Jésus, Journée mondiale de prière pour la sanctification des prêtres, Parakou a connu la célébration de la Messe Chrismale, sous la présidence de Mgr Pascal N’Koué, archevêque de la même ville, avec autour de lui, un parterre de prêtres et une grande foule de fidèles laïcs. Il est 9h et déjà des fidèles venus de différentes paroisses s’empressent dans l’église-cathédrale Saints Pierre et Paul de Parakou. Ils sont venus y vivre la Messe Chrismale qui a lieu une fois dans l’année. À cause de la situation sanitaire qui prévaut, il faut être là très tôt pour s’assurer une place dans l’église. Avec le nez et la bouche couverts par un masque, chacun passe obligatoirement par le lavage des mains à l’eau et au savon, avant de prendre place. Des bancs qui accueillaient plus de six personnes lors des célébrations avant la Covid-19, ont été occupés par deux fidèles assis aux extrémités. Distanciation physique oblige !

L’Amour permet de croire

Mgr Pascal N’Koué n’a pas manqué de faire le lien entre la solennité du Sacré-Cœur de Jésus et la Journée mondiale pour la sanctification des prêtres lors de son homélie. Aujourd’hui, « les prêtres redécouvrent leur rôle médiateur. Le cœur du prêtre est un cœur tourné vers le Seigneur et les hommes (…), pour la réparation de l’ingratitude des hommes » et « le souvenir des bienfaits que le Seigneur nous a faits », a-t-il déclaré. C’est un signe d’unité auquel tout le peuple de Dieu est convié, en ce sens que « nous devons être toujours un peuple joyeux, uni au cœur de Jésus ». Cela s’avère important du fait que le Christ lui-même déclare : « Je suis la vigne et vous êtes les sarments. Celui qui demeure en moi, et moi en lui, celui-là porte beaucoup de fruits ; car hors de moi, vous ne pouvez rien faire » (Jean 15, 5). Cette unité ne peut se faire que par l’amour de Dieu dont rien, même « coronavirus » ne peut nous séparer. C’est en étant unis par l’amour, que nous pourrons être serviables ; car, « même l’avare, quand il tombe amoureux, devient généreux », a déclaré le prélat. L’amour peut tout et permet de croire, selon les propos de Mgr N’Koué, que « nul n’est perdu définitivement pour Dieu » dont la « miséricorde est infinie », et que « Jésus est pressé d’exaucer le pécheur qui demande pardon ». Voilà une raison qui doit nous motiver à prier pour la sanctification des prêtres qui ont en ce jour, renouvellent leur engagement et la grâce de leur sacerdoce. L’archevêque de Parakou, comme à l’accoutumée, a consacré les Huiles Saintes (des catéchumènes et des malades) et le Saint Chrême qui seront utilisés à l’occasion de l’administration des sacrements. Il a encouragé et exhorté les uns et les autres à mettre en pratique les gestes barrières entrant dans le cadre de la lutte contre la propagation du Coronavirus, puisque « l’Église est obéissance ».

Cyril AGBATAN, CORRESPONDANT

►  Les prêtres renouvellent leurs promesses sacerdotales à Cotonou

« Le Seigneur attend de moi un effort constant de sainteté L’Archidiocèse de Cotonou a connu un moment de grâce le samedi 20 juin 2020. Mgr Roger Houngbédji, entouré essentiellement de son presbyterium au Sanctuaire marial d’Allada, a célébré la messe chrismale en ce jour où l’Église honore le Cœur immaculé de Marie. Retour sur une célébration particulière en ce temps de Coronavirus.

Mgr Roger Houngbédji procède à la bénédiction de l’huile sainte

Dans la liturgie de l’Église, la Semaine Sainte est la plus sainte de toutes les semaines de l’année pastorale. Elle est ainsi considérée à cause des célébrations au caractère solennel qui la jalonnent. Au nombre de celles qui marquent la préparation aux festivités pascales, figure en bonne place la messe chrismale programmée pour le Jeudi Saint, mais souvent célébrée le jour d’avant pour des raisons pastorales.

Au Sanctuaire Marial d’Allada

Cette année 2020, marquée par la pandémie de Covid-19, elle a connu une adaptation liturgique. Le Cardinal Robert Sarah, préfet de la Congrégation pour le culte divin et la discipline des Sacrements, l’avait suggéré dans son message du 19 mars 2020. En effet, voué au confinement des populations comme solution urgente à la circulation mortelle du virus, la plupart des diocèses étaient dans une forme de perplexité. Le gouvernement de l’Église avait alors indiqué beaucoup d’occasions à ce sujet pour les diverses célébrations du calendrier liturgique. C’est ce qui explique la date du 20 juin au Sanctuaire d’Allada où Évêque, prêtres, et une poignée de religieuses et de fidèles laïcs, tous rangés dans un même décor de lavage de mains, de port de masques et de distanciation physique, sacrifient à la tradition de l’Église en vue de garantir le renouvellement des huiles pour l’onction à divers niveaux.

Main droite levée et main gauche posée sur le coeur, les prêtres du presbyterium de Cotonou
renouvellent leur engagement sacerdotal

La chorale Hanyé et une autre chorale constituées par quelques prêtres chantres reconnus et compétents, ont assuré la mélodie d’une liturgie dont le recueillement était au rendez-vous. Vu la gravité des temps actuels, Mgr Roger Houngbédji, Archevêque de Cotonou, a cristallisé l’attention de l’auditoire sur le danger que chacun court si les consignes retenues par les États ne sont pas respectées. Dans son enseignement, le prélat a fait l’éloge des prêtres à cause de leur créativité et de leur ingéniosité qui ont jalonné ce temps de confinement. Après avoir insisté, au regard des textes liturgiques, sur le caractère divin de la consécration sacerdotale, la spécificité de la mission du prêtre et la dimension prophétique de cette mission, l’Archevêque de Cotonou a indiqué la docilité de la Vierge Marie comme chemin d’épanouissement pour les prêtres pour qui, tous sont invités à continuer de prier.

Au terme d’une messe chrismale bien organisée, le Vicaire épiscopal chargé du clergé, l’abbé Patrick Badou, a mentionné l’action de grâce du presbytérium à cause de certains de ses membres qui ont eu à célébrer un jubilé lors de l’année pastorale écoulée. Il s’agit des pères Ponce Akennone et Nymphas Eyébiyi pour le jubilé des 20 ans. Des pères Jules Doganou et Jean Jacques Adogony pour le jubilé des 25 ans. Des pères Cyriaque Amoussou, Pamphile Fanou, Damien Ogué, Dieudonné Datonou, Jonas Ahouansou, Hilaire Houéto et Eustache Houndjèmon pour le Jubilé des 30 ans. Des pères Pierre Tohou et Victor Sogni pour le jubilé des 35 ans. Les membres présents de ces jubilaires ont reçu de la part de l’Archevêque un présent symbolique pour les féliciter et les encourager.

Jean Claude Koudessa

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