juillet 10, 2020
Editorial

Cafouillage électoral

Cafouillage électoral

Quel étrange spectacle !  Plusieurs communes peinent à élire leurs maires, faute d’accord même au sein des partis majoritaires. Le Parlement vote en procédure d’urgence une loi modifiant le Code électoral pour leur permettre de lever les blocages. Le président de la République initie une  séance de concertation avec les responsables des partis politiques au lendemain du  vote de la loi interprétative du Code électoral, en vue d’acter sa promulgation.

Il faut bien le constater : cette situation post-électorale forme un ensemble particulièrement incohérent. Pourquoi le blocage du processus d’élection des maires donne-t-il droit aux députés de modifier le Code électoral en procédure d’urgence ? Pourquoi le chef de l’État ne rencontre-t-il pas les représentants des partis politiques avant le vote de la loi par l’Assemblée nationale ? Une fois encore, le seul fait de ne pas consulter en amont les acteurs politiques trahit les intentions de l’Exécutif d’imposer ses propres règles du jeu.

Mais jour après jour, cette stratégie est contrariée par ses propres insuffisances. Elle n’est pas assez coordonnée, pas assez rigoureuse pour convaincre l’opinion publique. Elle crée plutôt une situation de remise en cause permanente de ce qui semblait être déjà un acquis. Cette manière de faire la politique ne marque pas une rupture d’avec le jeu malsain de la recherche des intérêts partisans et particuliers au détriment de l’intérêt général. Le risque est d’élargir encore le champ des difficultés qui fragilisent  notre jeune démocratie.

Il faut faire mieux pour notre pays, prendre la mesure des enjeux prioritaires de développement  et moins tergiverser sur le respect des principes démocratiques. Le Bénin est dans l’exigence de se prendre beaucoup plus au sérieux.

Serge BIDOUZO

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