juillet 14, 2020
Questions/Réponses

« Les apôtres, le jour de la Pentecôte, se mettent à parler selon le don de l’Esprit et tous les entendaient parler chacun dans son propre dialecte. Alors qu’aujourd’hui, nous nous confrontons de plus en plus aux difficultés de la communication qui naissent des différences de langage, de culture, de compréhension. Est-ce à dire que nous sommes fermés à l’Esprit Saint ? »

Question

« Les apôtres, le jour de la Pentecôte, se mettent à parler selon le don de l’Esprit et tous les entendaient parler chacun dans son propre dialecte. Alors qu’aujourd’hui, nous nous confrontons de plus en plus aux difficultés de la communication qui naissent des différences de langage, de culture, de compréhension. Est-ce à dire que nous sommes fermés à l’Esprit Saint ? »

Sidnelle KOUGBLENOU, Stagiaire-journaliste

 

Réponse

Ma sœur, en cette solennité de la Pentecôte, l’Esprit promis est répandu sur les disciples. Il leur donne de parler différentes langues et, malgré cette diversité en présence, chacun les comprenait dans son dialecte. La multiplicité des langues n’est donc pas un frein pour la communication des merveilles de Dieu. Qu’est-ce qui peut donc expliquer qu’aujourd’hui la panoplie des langues apparaisse comme un frein à la communication ? Serait-ce un signe de notre fermeture à l’Esprit ?

 

Compréhension terminologique

Faisons une synthèse de l’événement de Pentecôte. L’Esprit descend sur les disciples du Christ leur communiquant ses dons. Entre autres signes extérieurs, les apôtres ont commencé à parler les langues étrangères et la multitude des témoins oculaires les comprenaient dans son patois (Cf Ac 2, 1-12). Les Apôtres ne tenaient donc pas un langage mystique compréhensible du seul monde spirituel. Ils parlaient certes des langues véritablement inconnues d’eux-mêmes mais parfaitement comprises par leur auditoire. Ce phénomène, techniquement appelé la « xénologie » est différente de la « glossolalie », expression se rapportant au fait de parler une langue incompréhensible non seulement du locuteur mais aussi de l’auditeur : le « parler en langues » (Ac 10, 45-46).

 

La finalité du miracle

L’idée principale de la 1ère lecture est de montrer la portée désormais universelle du message de salut des Apôtres. L’évangile des merveilles de Dieu et son projet universel de salut est annoncé à la fois à tout Israël et à toutes les Nations. C’est la communication de cette merveille qui est audible et compréhensible dans chaque dialecte. Quand l’homme annonce Dieu à son frère, qu’il choisit de célébrer le nom de Dieu, quelle que soit la langue, le message passe. C’est tout le contraire de la tour de Babel : les hommes se rassemblent et prétextent de Dieu pour se célébrer et se donner un nom (Cf. Gn 11, 1-9). Le projet de communion a échoué. Dieu n’était pas au centre.

 

L’amour se communique de soi

La multiplicité des langues ne saurait donc être un handicap pour la communication. Le problème se situe au niveau majeur de son contenu. Que communique-t-on aujourd’hui sinon l’autocélébration, la violence, le mensonge, la mort, la haine, les règlements de compte, le repli sur soi, l’indifférentisme, la dislocation de la famille, la dégradation de la morale, la mort de Dieu ? C’est exactement le contraire que l’Esprit veut communiquer. Si nous communiquons plus souvent sur l’amour, le pardon, la justice, la vérité, la paix, la charité, etc., les hommes, malgré leur différence, comprendront et rendront grâce à Dieu. Ce message délivré encore aujourd’hui par l’Église semble inaudible pour la majeure partie des grands décideurs mondiaux. Il faut absolument retrouver l’esprit de la communication en tant qu’esprit de communion, d’édification, de transmission de valeurs pour une meilleure communication dans l’Esprit. C’est à ce prix que la diversité des langues deviendra lieu d’unité et d’enrichissement réciproque.

Ma sœur, le miracle de la pentecôte nous ramène au cœur de l’esprit de la communication : il devrait créer plus de communion en Dieu. S’ouvrir à l’Esprit, c’est accepter cette dimension de la communication. Autrement, nous communiquerons toujours mais sans le souffle de l’Esprit, donc sans possibilité de nous rassembler et de nous comprendre.

 Père Jean OUSSOU-KICHO, Directeur du Complexe scolaire catholique de Bassila

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