Editorial

Écologie et communication

« Tout est lié ». C’est la phrase fréquemment répétée par le Pape François dans son Encyclique Laudato si’, dont nous célébrons cinq ans de publication. Cette encyclique sociale fait apparaître une vision intégrative des relations entre les êtres vivants pour vivre ensemble dans notre « maison commune » qu’est la planète terre. En ce sens, l’écologie est la perception des interdépendances, des relations profondes qui unissent les diverses entités du monde. La sensibilité écologique valorise ainsi l’échange, le partage réciproque, la communication et la communion.

Dans toute démarche écologique, la relation est donc première. Celle-ci intègre le sens des limites, car c’est sur la frontière que nous pouvons établir des relations. Reconnaître la limite, c’est reconnaître qu’il est possible d’entrer en relation avec l’autre. À cet égard, l’action créatrice de Dieu est une parabole pour nous les humains : elle relève davantage de la parole, c’est-à-dire de l’échange, du dialogue, de la confiance que de la fabrication et de la manipulation.

Le récit biblique fait apparaître la création comme relevant du registre de la communication et du don. Pour le chrétien, l’univers est un texte, et il nous parle de la présence éternelle de son Créateur. Ainsi, nous devons le respecter pour ce qu’il représente, en sachant que le bien commun n’est plus celui de la seule humanité, mais il concerne l’ensemble des créatures. Il s’agit de préserver en nous la capacité de nous émerveiller devant le don de la création, d’être lucide pour percevoir ce qui se passe autour de nous, en écoutant « tant la clameur de la terre que la clameur des pauvres » (Laudato si’, n°49).

La crise sanitaire et socio-économique que nous vivons depuis quelques mois nous a convaincus de l’importance et de l’urgence d’une solidarité humaine et sociale qui unisse « toute la famille humaine dans la recherche d’un développement durable et intégral » (Laudato si’, n°13). C’est un point autour duquel nous devons sans cesse tisser des liens aux niveaux social, économique, culturel et politique. Cela permettrait d’envisager un avenir viable pour notre humanité.

 Serge Bidouzo

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