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57 e journée mondiale de prière pour les vocations : Mettre sa vie au service  de l’évangile

57 e journée mondiale de prière pour les vocations

Mettre sa vie au service  de l’évangile

 

Les prêtres, les religieux et les religieuses remplissent à travers le monde une mission bien délicate. Au Bénin, plusieurs congrégations, notamment les Sœurs  Salésiennes Missionnaires de Marie Immaculée et les Frères  de l’Ordre Hospitalier de Saint Jean de Dieu, s’investissent pour le service de l’évangile. à cet effet, le Pape François rend un hommage bien mérité à ce beau monde à l’occasion de la 57e Journée mondiale de prière pour les vocations et de la commémoration du Bon Pasteur, le dimanche 3 mai 2020.

 

►  Quatre mots clés pour répondre à l’appel de Dieu dans la joie et la confiance

 

Chers frères et sœurs !

Le 4 août de l’année dernière, lors du 160e anniversaire de la mort du Saint Curé d’Ars, j’ai voulu offrir une lettre aux prêtres qui, chaque jour, consacrent leur vie à l’appel que le Seigneur leur a adressé, au service du peuple de Dieu.

A cette occasion, j’avais choisi quatre paroles-clés – souffrance – gratitude – courage et louange – pour remercier les prêtres et soutenir leur ministère. J’estime qu’aujourd’hui, en cette 57ème Journée mondiale de prière pour les vocations, ces paroles peuvent être reprises et adressées à tout le Peuple de Dieu, sur le fond d’un passage évangélique qui nous raconte la singulière expérience survenue à Jésus et Pierre, durant une nuit de tempête sur le lac de Tibériade (Cf. Mt 14, 22-33).

Après la multiplication des pains, qui avait enthousiasmé la foule, Jésus ordonna à ses disciples de monter dans la barque et de le précéder sur l’autre rive, pendant qu’il renverrait les foules. L’image de cette traversée sur le lac évoque, en quelque manière, le voyage de notre existence. La barque de notre vie, en effet, avance lentement, toujours agitée parce qu’à la recherche d’un lieu d’accostage favorable, prête à affronter les risques et les opportunités de la mer, mais aussi désireuse de recevoir du timonier un virage qui conduise finalement vers la bonne direction. Mais parfois, il peut arriver qu’elle s’égare, qu’elle se laisse aveugler par les illusions, au lieu de suivre le phare lumineux qui la conduit à bon port, ou d’être défiée par les vents contraires des difficultés, des doutes et des peurs.

Il en est de même aussi dans le cœur des disciples, lesquels, appelés à suivre le Maître de Nazareth, doivent se décider à passer sur l’autre rive, en choisissant avec courage d’abandonner leurs sécurités et de se mettre à la suite du Seigneur. Cette aventure n’est pas tranquille : la nuit arrive, le vent contraire souffle, la barque est ballotée par les vagues, et la peur de ne pas y arriver et de ne pas être à la hauteur de l’appel risque de les dominer.

L’Évangile nous dit, cependant, que dans l’aventure de ce voyage difficile, nous ne sommes pas seuls. Le Seigneur, presqu’en forçant l’aurore au cœur de la nuit, marche sur les eaux agitées et rejoint les disciples, il invite Pierre à venir à sa rencontre sur les vagues, il le sauve quand il le voit s’enfoncer, et enfin, il monte dans la barque et fait cesser le vent.

La première parole de la vocation, alors, est gratitude. Naviguer vers le juste cap n’est pas une tâche qui relève de nos seuls efforts, et ne dépend pas seulement des parcours que nous choisissons de faire. La réalisation de nous-mêmes et de nos projets de vie n’est pas le résultat mathématique de ce que nous décidons dans un «moi» isolé ; au contraire, elle est avant tout la réponse à un appel qui vient d’en-Haut. C’est le Seigneur qui nous indique le rivage vers lequel aller et qui, bien avant, nous donne le courage de monter sur la barque ; alors qu’il nous appelle, c’est lui qui se fait aussi notre timonier pour nous accompagner, nous montrer la direction, nous empêcher de nous échouer dans les écueils de l’indécision et nous rendre même capables de marcher sur les eaux agitées.

Toute vocation naît de ce regard aimant par lequel le Seigneur est venu à notre rencontre, peut-être alors même que notre barque était en proie à la tempête. « Plus qu’un choix de notre part, la vocation est la réponse à un appel gratuit du Seigneur » (Lettre aux prêtres, 4 août 2019) ; c’est pourquoi, nous réussirons à la découvrir et à l’embrasser, quand notre cœur s’ouvrira à la gratitude et saura saisir le passage de Dieu dans notre vie.

Quand les disciples voient Jésus s’approcher en marchant sur les eaux, ils pensent d’abord qu’il s’agit d’un fantôme et ils ont peur. Mais aussitôt Jésus les rassure par une parole qui doit toujours accompagner notre vie et notre chemin vocationnel : « Courage, c’est moi, n’ayez pas peur ! » (v.27). Justement, c’est la seconde parole que je voudrais vous confier : courage.

Ce qui souvent nous empêche de marcher, de grandir, de choisir la voie que le Seigneur trace pour nous, ce sont les fantômes qui s’agitent dans notre cœur. Quand nous sommes appelés à laisser notre rivage de sûreté et à embrasser un état de vie – comme le mariage, le sacerdoce ordonné, la vie consacrée – la première réaction est souvent représentée par le «fantôme de l’incrédulité» : ce n’est pas possible que cette vocation soit pour moi ; s’agit-il vraiment du juste chemin ? le Seigneur me demande-t-il vraiment cela ?

Et, peu à peu, croissent en nous toutes ces considérations, ces justifications et ces calculs qui nous font perdre l’élan, qui nous troublent et nous paralysent sur le rivage de départ : nous pensons avoir fait fausse route, ne pas être à la hauteur, avoir simplement vu un fantôme à chasser.

Le Seigneur sait qu’un choix fondamental de vie – comme celui de se marier ou de se consacrer de façon spéciale à son service – nécessite du courage. Il connaît les interrogations, les doutes et les difficultés qui agitent la barque de notre cœur, et c’est pourquoi il nous rassure : « N’aie pas peur, je suis avec toi ! ». La foi en sa présence, qui vient à notre rencontre et nous accompagne, même quand la mer est en tempête, nous libère de cette acédie que j’ai déjà eu l’occasion de définir comme une « douce tristesse » (Lettre aux prêtres, 4 août 2019), c’est-à-dire ce découragement intérieur qui nous bloque et ne nous permet pas de goûter la beauté de la vocation.

Dans la Lettre aux prêtres, j’ai parlé aussi de la souffrance, mais ici je voudrais traduire autrement ce mot et me référer à la fatigue. Toute vocation comporte un engagement. Le Seigneur nous appelle parce qu’il veut nous rendre comme Pierre, capables de «marcher sur les eaux», c’est-à-dire de prendre en main notre vie pour la mettre au service de l’Évangile, dans les modes concrets et quotidiens qu’il nous indique, et spécialement dans les diverses formes de vocation laïque, presbytérale et de vie consacrée. Mais nous ressemblons à l’Apôtre : nous avons le désir et l’élan, cependant, au même moment, nous sommes marqués par des faiblesses et des craintes.

Si nous nous laissons emporter par la pensée des responsabilités qui nous attendent – dans la vie matrimoniale ou dans le ministère sacerdotal – ou par les épreuves qui se présenteront, alors nous détournerons vite notre regard de Jésus et, comme Pierre, nous risquerons de couler. Au contraire, même dans nos fragilités et nos pauvretés, la foi nous permet de marcher à la rencontre du Seigneur Ressuscité et de vaincre même les tempêtes. En effet, il nous tend la main quand, par fatigue ou par peur, nous risquons de couler, et il nous donne l’élan nécessaire pour vivre notre vocation avec joie et enthousiasme.

Enfin, quand Jésus monte sur la barque, le vent cesse et les vagues s’apaisent. C’est une belle image de ce que le Seigneur opère dans notre vie et dans les tumultes de l’histoire, spécialement quand nous sommes dans la tempête : Il commande aux vents contraires de se calmer, et les forces du mal, de la peur, de la résignation n’ont plus pouvoir sur nous.

Dans la vocation spécifique que nous sommes appelés à vivre, ces vents peuvent nous épuiser. Je pense à ceux qui assument d’importantes charges dans la société civile, aux époux que, non pas par hasard, j’aime définir comme «les courageux», et spécialement à ceux qui embrassent la vie consacrée et le sacerdoce. Je connais votre fatigue, les solitudes qui parfois alourdissent le cœur, le risque de l’habitude qui petit à petit éteint le feu ardent de l’appel, le fardeau de l’incertitude et de la précarité de notre temps, la peur de l’avenir. Courage, n’ayez pas peur ! Jésus est à côté de nous et, si nous le reconnaissons comme l’unique Seigneur de notre vie, il nous tend la main et nous saisit pour nous sauver.

Et alors, même au milieu des vagues, notre vie s’ouvre à la louange. C’est elle la dernière parole de la vocation, et elle veut être aussi l’invitation à cultiver le comportement intérieur de la Sainte Vierge Marie : reconnaissante pour le regard de Dieu qui s’est posé sur elle, confiant dans la foi ses peurs et ses troubles, embrassant avec courage l’appel, elle a fait de sa vie un éternel chant de louange au Seigneur.

Chers frères et sœurs, spécialement en cette Journée, mais aussi dans l’action pastorale ordinaire de nos communautés, je désire que l’Eglise parcoure ce chemin au service des vocations, en ouvrant des brèches dans le cœur de chaque fidèle, pour que chacun puisse découvrir avec gratitude l’appel que Dieu lui adresse, trouver le courage de dire «oui», vaincre la fatigue dans la foi au Christ et, enfin, offrir sa vie comme un cantique de louange pour Dieu, pour les frères et pour le monde entier. Que la Vierge Marie nous accompagne et intercède pour nous !

Message du Pape François

 

►  Ordre Hospitalier de Saint Jean de Dieu : le service des plus faibles

 

Fondé depuis plus de quatre siècles, l’Ordre Saint Jean de Dieu est une congrégation vouée aux couches vulnérables. Basé en Espagne, cet Ordre a atteint les villes et villages environnants pour s’étendre dans 52 pays dont 13 en Afrique.

L’Ordre Hospitalier de Saint Jean de Dieu a été fondé il y a plus de quatre siècles par Jean de Dieu, un homme que la souffrance humaine et la Parole de Dieu ont bouleversé. C’était un homme charismatique qui s’est donné totalement à Dieu, au service de ses contemporains malades et nécessiteux. En effet, sa manière d’agir attirait l’attention de tous ceux qui le connaissaient, au point où son rayonnement dépassait les murs de Grenade (Espagne) pour atteindre les villes et les villages environnants.

Aujourd’hui, dans le monde entier, près de 1025 frères de Saint Jean de Dieu et 60.000 collaborateurs vivent le charisme de l’hospitalité en se dévouant entièrement au service des malades et des nécessiteux. Selon les statistiques de 2019, les frères sont présents sur les 5 continents dans 52 pays dont 13 en Afrique. Ils vivent au sein de 177 communautés et 403 œuvres apostoliques. Par ailleurs, la Province Saint Richard Pampuri d’Afrique est l’une des deux entités d’Afrique qui regroupe le Togo, le Bénin et le Burkina-Faso. Elle rassemble 53 frères et 630 collaborateurs, répartis dans 6 communautés et 5 œuvres apostoliques. Sur le plan spirituel, en tant que frères de Saint Jean de Dieu, l’Ordre aspire à incarner de plus en plus profondément, les sentiments du Christ envers l’homme malade ou nécessiteux et à les manifester par des gestes de miséricorde. Son charisme dans l’Église est un don de l’Esprit qui le porte à s’identifier avec le Christ compatissant et miséricordieux de l’Évangile, qui passa sur cette terre en faisant le bien à tous et en soignant toutes sortes de maladies et d’infirmités.

à Tanguiéta, les Frères de l’Ordre hospitalier de Saint Jean de Dieu accomplissent leur mission avec dévouement en défendant à temps et à contretemps les cinq valeurs qu’il incarne. La première, être ouvert et ouvrir notre cœur au prochain. La deuxième consiste à accueillir le prochain en acceptant nos différences. La troisième est d’accueillir et de soigner le prochain dans un esprit responsable et professionnel ; la quatrième de servir le prochain dans un esprit de générosité et de sincérité et avec compétence. La dernière est toujours de se soucier des besoins spirituels, religieux et philosophiques et de la personne soignée.

Comfort SANT’ANNA

►  Spiritualité et charisme des Smmi

L’Institut des Salésiennes Missionnaires de Marie Immaculée(Smmi) a pris son origine dans la Société des Filles de Saint François de Sales, dont il est la branche missionnaire. Cette Société fut fondée à Paris le 15 octobre 1872, par l’Abbé Henri Chaumont et Mme Carré de Malberg pour vivre et répandre la charité évangélique en plein monde.

 

Aux origines de la Congrégation

Dès les premières années de la Société, le fondateur suscita un élan missionnaire, qui s’exprima dans une œuvre de prière pour les femmes non chrétiennes. Frappées par la rencontre à Paris d’évêques missionnaires, quelques-unes des associés, libre d’attaches familiales, voulurent consacrer leur vie entière à l’activité missionnaire de l’Église. Répondant à l’appel de l’évêque de Nagpur (Inde), quatre d’entre elles, dont Mère Marie Gertrude, embarquèrent pour l’Inde le 12 octobre 1889.

La vie religieuse parut alors convenir particulièrement au projet de ces premières missionnaires. L’esprit évangélique qui les animait les voua, dès le début, au service des plus pauvres, dans une disponibilité aussi totale que possible aux besoins et aux directives de chaque diocèse. La formation  et l’évangélisation de la femme étaient leur but premier par le moyen des visites des villages et des familles.

Commencées par des modestes dispensaires, les activités se développèrent sous la forme de la catéchèse, l’enseignement, du service social et médical. Dès la fondation, les Salésiennes Missionnaires de Marie Immaculée se sont efforcées, là où elles étaient implantées de former à la vie religieuse les jeunes filles appelées par le Seigneur.

La branche missionnaire de la Société des Filles de St François de Sales a son organisation propre depuis 1968. L’Institut a été érigé alors en congrégation de droit pontifical constituant toujours une partie de la Société Salésienne. Destinée par le fondateur à tous pays, toutes races, toutes classes sociales, la congrégation n’a cessé de croître. D’abord voué spécifiquement à l’apostolat missionnaire en pays non chrétiens, l’Institut se consacre à la mission universelle de l’Église, disponible à ses appels dans le monde aujourd’hui. La congrégation étant devenue internationale, les Sœurs y vivent l’expérience de la catholicité dans des communautés où se côtoient des personnes d’origines diverses, exprimant ainsi la vitalité et la richesse de l’Église.

Les catéchistes missionnaires d’hier, sont les Salésiennes-Missionnaires-de-Marie-Immaculée d’aujourd’hui et  sont les héritières de l’élan missionnaire qui animait le Père Henri Chaumont dès son enfance.

 

Charisme et spiritualité

Les Salésiennes missionnaires de Marie Immaculée ont pour charisme de vivre l’évangile et de répandre le ferment en tant que religieuses. Elle sont Salésiennes pour imiter comme Saint François de Sales, Jésus doux et humble de cœur ; missionnaires à l’exemple des Apôtres, nous nous occupons de l’évangélisation des pauvres en portant une attention particulière aux femmes en général ; mariales parce que le fondateur nous a donné pour devise : « être Marie » avec pour mission de l’aimer et de la faire connaître.

L’œuvre évangélisatrice se fait par les activités catéchétiques, l’apostolat de proximité, l’éducation (écoles primaires, secondaires, ménagères, professionnelles, orphelinats et pensionnats). Dans le domaine de la santé, elles servent dans les dispensaires et hôpitaux. Dans le domaine social, l’animation féminine a une grande place, aussi directement dans les villages que dans leurs centres de nutrition mère-enfant et autres centres pour handicapés et personnes vivant avec le Vih/Sida.

Notre spiritualité est celle de Saint François de Sales marquée par un profond humanisme et un amour de Dieu sans réserve. à sa suite, nous donnons une place importante à la Parole de Dieu et à l’Esprit Saint. Nous vivons notre mission dans une union intime avec Marie Immaculée voulant faire de Jésus notre Tout et à son exemple «le donner, l’épancher, lui prêter notre vie»(P. Chaumont,  lettres aux Cmmi) dans la douceur et la discrétion à l’égard de ceux vers qui nous sommes envoyées. Nous privilégions la vie de prière, la vie fraternelle, l’esprit de famille et de solidarité, l’accueil chaleureux et convivial, la simplicité et la joie salésienne.

 

Lieux de mission dans le monde

En 2020, l’institut religieux compte 1 406 membres en 199 communautés. Nous avons 6 noviciats dans le monde répartis dans 6 pays et 60 novices. Nous sommes présentes sur les cinq continents. En Afrique : Algérie, Bénin, Cameroun, Ghana, Kenya, Madagascar, La Réunion, et l’île Maurice. En Amérique: Argentine, Chili, Brésil, Haïti, États-Unis. En Asie : Indonésie  Inde, Bangladesh, Philippines, Vietnam. En Europe : France, Italie. En Océanie : Papouasie-Nouvelle-Guinée. La maison généralice se trouve en France à Gentilly, aux portes de Paris.

Les Salésiennes Missionnaires de Marie Immaculée sont présentes au Bénin depuis le 18 juillet 1986 dans le diocèse de Porto-Novo pour répondre à l’appel de Mgr Vincent Mensah, de vénérée mémoire, à s’occuper de la formation des sœurs Servantes de l’Amour Rédempteur du Christ (Sarc). En 1997 nous avons créé une communauté dans l’archidiocèse de Parakou ; en 2003 dans le diocèse de N’Dali, et en 2007 la maison de formation fut ouverte toujours dans le diocèse de N’Dali plus précisément à Ina. Le Bénin forme la région West Africa avec le Cameroun.

Sœur Edwige M. CHIDIKOFAN, Smmi

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