juillet 14, 2020
Editorial

Un modèle économique de communion

L’une des conséquences indéniables de la crise sanitaire mondiale liée à la pandémie du Covid-19 est  la crise économique et sociale qui touche toute la planète. De la Chine à l’Union européenne, des Etats-Unis à l’Afrique, les pays sont en récession et se trouvent pris de plein fouet par une tourmente économique dont les retombées risquent d’être catastrophiques pour l’avenir de l’humanité.

Des solutions sont recherchées çà et là  pour répondre  à cette  crise sans précédent.  Les scientifiques de par le monde  s’activent pour produire  médicaments et vaccins  afin de traiter et prévenir la maladie. Pendant ce temps, les banques au niveau national, régional ou international tentent  d’injecter des milliards de dollars dans l’économie  pour soutenir les pays en vue d’une reprise progressive de la consommation après les « déconfinements ». Ces réponses peuvent s’avérer  un peu faciles  si  elles  évitent  de  prendre  en  compte la finalité de l’économie qui est la recherche du bien commun. On peut donc imaginer l’effet positif de cette crise qui, une fois encore  permettra de transformer  le capitalisme de l’intérieur en lui donnant une dimension essentielle : la capacité à rapprocher les hommes.

En réalité, l’économie mondiale a perdu sa finalité ; elle ne fait que susciter et ordonner nos désirs  pour les métamorphoser en besoins de consommation. Or selon Aristote, il y a deux façons de concevoir le rapport d’une société à  l’argent, l’une qu’il appelle économie consiste à allouer les ressources nécessaires aux besoins légitimes. L’autre qu’il juge mauvaise, est l’approche prédatrice des spéculateurs qui tentent notamment de créer du besoin là où il n’y en a pas, et en profite pour s’enrichir indûment. Cette dernière approche faite d’injustice et de défaillance morale a toujours conduit l’humanité dans une impasse économique depuis les origines.

Un véritable changement de modèle est aujourd’hui nécessaire pour remettre l’économie au service des hommes car la recherche du profit implique la culture du sens de partage, « la communion avec les autres pour une croissance commune » (Benoît XVI, Caritas in Veritate, n° 51).

Une sortie de  la  crise  passe  par un retour en profondeur vers ce que le Christianisme nous dit du juste rapport aux choses, de la valorisation du don, du fait que nous ne sommes que des intendants du Maître du domaine. Tâche certainement difficile qui demande courage et lucidité.

Serge Bidouzo

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