juillet 14, 2020
Editorial

Véritable expérience de résurrection

 

Cette année, nous vivrons de façon particulière la Semaine Sainte dans des circonstances étonnantes que la pandémie liée au coronavirus nous impose. Il n’y aura pas de messe chrismale à Rome comme dans la quasi-totalité des diocèses du monde. Les célébrations du Triduum Pascal se feront sans la présence des fidèles. En vérité, personne n’aurait imaginé que la quarantaine de jours de combat spirituel que constitue le Carême (autrefois appelée la Sainte Quarantaine) se doublerait cette année d’un combat sanitaire et social qui demande d’autres formes de quarantaine à l’échelle internationale pour contrer ce dangereux virus.

Cela pourrait être décourageant de vivre de cette façon, la plus sainte semaine de l’année liturgique chrétienne. Mais avons-nous vraiment intégré cette donnée capitale qu’elle revêt pour nous : le dépouillement, l’ « anéantissement », le retour à l’essentiel, c’est-à-dire la mort à soi-même, à son orgueil, pour revivre en Dieu car « nul ne peut voir Dieu sans mourir » (Ex 33, 20) sous-entendu à son péché ? Comment vivons-nous donc ce nouveau chemin du Carême vers Pâques ? Qu’est-ce que cela nous fait découvrir  ? Quelles questions nouvelles se posent à nous ?

Après tout, ce temps d’exception, n’est-il pas au moins l’occasion de vérifier non seulement notre endurance dans l’épreuve, mais aussi nos stratégies de lutte contre le péché ? En effet, c’est une chose de vivre ce temps de confinement, c’en est une autre de comprendre ce que cela signifie : laisser Jésus faire sortir nos vies de tous les confinements dans lesquels le péché les tient enfermées.  Le tragique de notre existence n’est acceptable, surtout dans ces moments d’épreuve, que s’il s’accompagne de la grâce de Jésus-Christ qui fait éclater le confinement de la mort. Voilà l’horizon que propose le Christ et vers lequel nous marchons : mourir à soi pour revivre éternellement en Dieu. Soyons-en véritablement les témoins.

Serge Bidouzo

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