septembre 22, 2020
Questions/Réponses

« Vous n’êtes pas sous l’emprise de la chair mais sous l’emprise de l’Esprit », disait l’Apôtre Saint Paul. Comment se fait-il alors que dans notre vie quotidienne nous soyons tout le temps portés vers les plaisirs de la chair et que faut-il faire Père, pour garder la vitalité de l’Esprit Saint en nous ?

Question

« Vous n’êtes pas sous l’emprise de la chair mais sous l’emprise de l’Esprit », disait l’Apôtre Saint Paul.

Comment se fait-il alors que dans notre vie quotidienne nous soyons tout le temps portés vers les plaisirs de la chair et que faut-il faire Père, pour garder la vitalité de l’Esprit Saint en nous ?

Comfort SANT’ANNA, Journaliste

 

Réponse

Ma sœur, nous continuons notre montée vers Pâques dans un entraînement spirituel de purification et d’intense communion à Dieu. La Parole de Dieu nous invite, ce 5e Dimanche de Carême A, à une méditation autour de la vie véritable qu’est Dieu, le Père (1re lecture), le Fils (Évangile) et l’Esprit (2e lecture). Pour voir s’épanouir cette vie en nous, Saint Paul rappelle que nous ne sommes pas sous l’emprise de la chair, mais de l’Esprit. Mais alors, comment expliquer notre quasi-vassalisation par la chair, et que faire pour garder la vitalité de l’Esprit en nous ?

 

Chair et Esprit

Ces deux termes  sont parfois complexes à comprendre. La « chair » n’est pas à prendre  au  premier sens de la masse corporelle organique qui recouvre les os. Saint Paul l’utilise pour désigner une vie sans profondeur, superficielle, sans autre foi ni loi que la jouissance et le vivre pour soi au grand dam des autres. L’Esprit, quant à lui, désigne surtout l’Esprit de Dieu qui engendre une vie nouvelle et, de ce fait, appelle la naissance d’un comportement nouveau. La raison humaine se trouve être le terrain de ces deux réalités extrêmement opposées. Saint Paul en fait la claire distinction dans Ga 5, 13-26. On gagnerait beaucoup à lire ce passage.

 

Un dévoiement de la raison

Comment se fait-il que nous soyons presque tout le temps portés vers le désir de la chair ? Tout simplement à cause d’un dérèglement, depuis le jardin d’Eden, du désir de « vite se réaliser ». Ce dévoiement, désormais partagé par tous les hommes (excepté Marie et Jésus) est provoqué par le « serpent », c’est-à-dire par nos réflexions qui, faisant abstraction de Dieu et soumises au sens, sont trompeuses sur la valeur intrinsèque jamais incontournable de ces fruits  donnés à la chair et qui, en vérité, la précipitent dans le tombeau. Par exemple, Jésus tente d’expliquer à Marie que son frère ressuscitera, elle n’y parvient pas, car elle ne connaît encore que les catégories de la chair, non de l’Esprit.

 

Avoir l’Esprit Saint comme éducateur

Que faut-il faire pour garder la vitalité de l’Esprit en nous ? D’abord prendre conscience de notre engendrement dans l’Esprit et croire en sa présence réelle et agissante sont nécessaires. À travers le baptême, l’Esprit nous donne la vie de Dieu. Ensuite, il faut une éducation à l’écoute  de l’Esprit-Saint, une sorte de « cheminement de vie dans l’Esprit » au terme duquel, on peut se laisser guider véritablement par lui. Après ce discernement de sa présence et de sa voix, on  choisira de lui obéir totalement ; il peut vraiment nous transformer. Ma sœur, il ne dépend que  de nous d’entretenir la vitalité de l’Esprit dans notre vie. Nous devons nous abandonner à lui et, comme un potier, il nous façonnera selon ses desseins sur nous.

Père Jean OUSSOU-KICHO, Directeur du Complexe scolaire catholique de Bassila

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